La Belgique et son rêve se brisent sur le mur Bleu

Florent Malice
Florent Malice depuis Saint-Petersbourg
La Belgique et son rêve se brisent sur le mur Bleu
Photo: © photonews

Amer dénouement : dans un match tactique, au rythme peu élevé et que la France a géré dès l'ouverture du score, les Diables Rouges et Roberto Martinez n'ont pas trouvé la solution. Le rêve de finale est mort à Saint-Petersbourg.

Le voilà. Le jour J, tant attendu, de la deuxième demi-finale de Coupe du Monde de l'histoire du football belge. Trente-deux ans après Mexico 1986, notre génération dorée a enfin égalé ses aînés et va tenter de les dépasser en écartant le "frère ennemi" français. Courtois, Kompany, Alderweireld, Vertonghen, Chadli, Dembélé, Witsel, Fellaini, De Bruyne, Hazard, Lukaku : onze hommes pour écrire la légende. 

Un schéma hésitant 

Mousa Dembélé, voilà le lapin sorti du chapeau de Maître Martinez : dans un système qu'on a bien du mal à décrire (3-4-1-2 ? 3-3-2-2 ? ), le médian de Tottenham couvre parfois le flanc, péniblement, mais erre surtout dans l'axe en multipliant les pertes de balle dangereuses. Comme attendu, le flanc gauche souffre, même si Vertonghen travaille énormément devant l'intenable Kylian Mbappé, qui décapsule la défense un peu trop souvent et ne doit qu'à Vincent Kompany de ne pas avoir offert un but à Olivier Giroud, muselé. 

En contre, les Diables semblent trop écartés : Lukaku et KDB ne se trouvent pas et seul un Eden Hazard hallucinant fait trembler la France, humiliant Pavard et Pogba à quelques reprises. De l'autre côté, les centres de Nacer Chadli ne trouvent jamais preneur. La plus grosse occasion tombe sur phase arrêtée : à la retourne, Toby Alderweireld force Hugo Lloris à un très bel arrêt et empêche une Belgique dominante, mais imprécise d'ouvrir le score. 

Le bain de Mousa

Dans ce match très tactique, un pion mal placé peut mener à l'échec et le pauvre Mousa Dembélé, à la rue, l'illustrera parfaitement. Il faudra l'ouverture du score de Samuel Umtiti (52') sur corner pour que Martinez revoie ses plans : place à Dries Mertens qui apporte immédiatement face à des Bleus qui décident de gérer. 

Gérer : drôle d'idée habituellement face à une équipe belge qui a déjà marqué 14 fois dans le tournoi. Mais les combinaisons ne passent pas : Romelu Lukaku n'est jamais en position d'inquiéter Lloris et seul Hazard, matraqué, accélére le jeu sans jamais franchir l'impassable muraille Varane.

Le mur Bleu est magnifiquement en place et doté d'un vice qu'on ne lui connaissait pas jusque là, ce qui lui vaudra les sifflets de tout le stade. Les six minutes d'arrêts de jeu en témoignent mais ne serviront à rien à des Diables tétanisés que Courtois sauve même à plusieurs reprises. 

Bravo à la France : elle est qualifiée pour la finale de la Coupe du Monde. La Belgique a rêvé, mais retombe sur terre : la génération dorée ne soulèvera pas le trophée...