Interview Il n'y a pas que Cuypers et Benteke : découvrez "l'autre" Belge évoluant aux USA
Photo: © SC
Edouard Nys, 21 ans, est "l'autre" belge de MLS, moins connu et pour cause : parti aux USA à 18 ans, il évolue actuellement pour la réserve du FC Dallas. Le natif de Dottignies s'est entretenu avec Walfoot à l'approche de la Coupe du Monde 2026.
Si l'on vous parle de footballeur belge aux USA, quelques noms vous viendront spontanément : Christian Benteke (D.C. United) et Hugo Cuypers (Chicago Fire) ou, avant eux, Laurent Ciman et Dante Vanzeir. Le nom d'Edouard Nys ne vous dira peut-être rien. Nous vous avons déjà parlé d'Edouard dans nos colonnes, et de son parcours depuis le football universitaire dès l'âge de 18 ans, jusqu'à sa signature pour l'équipe réserve du FC Dallas, en MLS, en décembre dernier.
Et alors que la Coupe du Monde aux USA s'apprête à commencer, Walfoot a souhaité d'entretenir avec Edouard, qui dispute actuellement sa première saison avec la réserve de Dallas, en MLS Next Pro. Une saison qui se passe plutôt bien, puisque le Mouscronnois compte 8 buts et 4 assists en 12 rencontres. Ils nous raconte comment son parcours a débuté.
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— North Texas SC (@northtexasSC) May 20, 2026
« Devenir footballeur pro a toujours été mon rêve, depuis tout petit. J'ai passé un test à Manchester City à l'époque puis, à 17 ans, j'évoluais en D2 Amateurs, à Westhoek. C'était... pas mal. Mais quand une agence est venue me proposer ce projet aux USA, je n'ai pas hésité longtemps », nous explique-t-il. « Je me disais que j'avais besoin d'un nouveau départ si je voulais devenir professionnel. J'ai vu ça comme une seconde chance, tant pis si ce n'était pas un parcours comme les autres. La décision est un peu dure à prendre car tu dois laisser ta famille derrière, mais c'était une nouvelle expérience et j'avais l'opportunité de continuer mes études sur le côté. Je n'avais rien à perdre ».
Seul dans... le Nebraska
Il rejoint donc Northeast Community College, et en guise de rêve américain, plutôt que New York, Miami ou Los Angeles, il découvre... le Nebraska. « Il n'y a pas grand chose dans le Nebraska. Des champs de maïs et des élevages de bétail. Les gens ont toujours un petit sourire en coin quand je leur dis que c'était ma première expérience universitaire », reconnaît Edouard. « Mais c'était peut-être une bonne chose pour moi car il y avait peu de choses à faire, j'ai donc pu me focaliser sur mon football ».
La chaleur des Américains le frappe directement. « Ca m'a vraiment étonné. Où que tu ailles, les gens sont plus ouverts qu'en Europe. Ils te parlent de tout, ne serait-ce que dans la file au magasin. Ils ont aussi assez généreux, même s'ils n'ont pas grand chose, tu te fais vite inviter à partager un repas avec eux ».
Et même si l'université où il débarque n'est pas l'une des plus grandes du pays, les infrastructures sont sans commune mesure avec ce qui se fait en Europe. « C'est peut-être l'une des plus petites universités du pays mais dès qu'on parle de sport, tout est vu en grand. C'est incroyable. Par la suite, à Chicago, pour un « simple » club universitaire, des employés travaillent du matin au soir à l'état du gazon ».
La vie à Chicago puis un premier contrat pro
Après un an et demi, Edouard Nys découvre en effet une toute autre vie quand, à la faveur de statistiques folles (48 buts en 49 matchs!), il signe en D1 universitaire, à Chicago. « Au début, ça m'a fait bizarre. En un sens, ça m'a plu de découvrir une vraie grande ville après Dottignies, Mouscron et le Nebraska (rires). Mais je dois avouer que mes batteries sociales étaient un peu à plat par moments. Je ne sais pas si j'aimerais habiter dans une ville comme ça à l'avenir ».
Après ce passage dans l'élite universitaire, en fin d'année 2025, l'opportunité tant attendue se présente enfin : signer au sein d'un club de MLS. Edouard Nys est drafté (dans un système semblable à celui de la NBA) par le FC Dallas, qui l'intègre à son équipe réserve. « J'ai signé mon premier contrat professionnel en début d'année », confirme-t-il. « Durant mes trois premières semaines, je me suis entraîné avec l'équipe première, et j'ai vu le bond en termes de niveau. Même avec la réserve, ça joue vraiment au ballon, même si c'est un peu moins physique ».
Le belge Edouard Nys (2004) s’est fait drafter par le FC Dallas au 2e tour, pick 40.Edouard est passé par l’académie du KVK en Belgique et avait notamment réalisé un essai à Manchester City en 2019.
Il s’est ensuite exporté aux USA où il a joué en NPSL et en USL League 2 où il… pic.twitter.com/Wmwwdh0VxW— Prospect Belgium 🇧🇪 (@ProspectBelgium) December 18, 2025
Si le championnat de la réserve continue pendant la Coupe du Monde, la MLS, elle, sera en pause pendant trois semaines. Tous les internationaux ne seront peut-être pas de retour à la reprise des entraînements. « Ce sera peut-être une opportunité pour moi. Si ce n'est pas le cas, tant pis. Avec la réserve, nous sommes 9e et le top 8 joue les Playoffs, on doit donc performer, mais à titre personnel, ça se passe bien. Je me sens le mieux en tant que n°10, même si je peux évoluer sur tout le front de l'attaque selon les besoins du coach ».
Pas de... matchs nuls en réserve de MLS
En jetant un oeil aux statistiques de Nys sur Transfermarkt, un détail saute aux yeux : les rencontres de MLS Next Pro ne se terminent jamais sur un match nul. Une séance de tirs au but est en effet organisée en cas de partage. « (rires) Oui, c'est une de ces règles un peu bizarres : on ne peut pas faire de match nul. Chaque équipe prend un point, puis on va aux penaltys pour donner un point supplémentaire. Je sais qu'aux USA, ils aiment beaucoup le spectacle, c'est peut-être pour un ajouter un peu. J'ai déjà demandé au coach, mais même lui ne sait pas pourquoi on fait ça », s'amuse Edouard Nys. « L'avantage, c'est qu'on travaille vraiment très bien les penaltys, ça peut toujours nous aider dans notre carrière ».

Pour la suite de sa carrière, Edouard a bien sûr un objectif : intégrer l'équipe A. Le Hurlu a un contrat jusqu'en 2027. « Il n'y a pas vraiment d'âge limite en réserve mais je pense que d'ici-là, je serai fixé concernant mon avenir. L'objectif des clubs de MLS n'est pas de garder des joueurs en réserve jusqu'à leurs 25 ans, après un ou deux ans de contrat, tu es évalué. C'est vraiment un championnat de formation et on voit bien que le niveau des joueurs formés est en hausse ».
Nys espère venir voir les Diables Rouges jouer à Dallas
Désormais, Edouard Nys vit donc à Frisco, dans la banlieue de Dallas, ville-hôte de cette Coupe du Monde 2026. « Oui, le public américain s'intéresse à cette Coupe du Monde. Frisco va mettre des écrans géants en place pour voir les matchs, les gens parlent de la compétition et de plus en plus de personnes regardent le football de manière générale. Ils ont hâte que ça commence, et de pouvoir montrer une belle image de leur pays », affirme le joueur belge, qui espère pouvoir aller supporter les Diables au stade s'ils jouent à Dallas.
« En un sens, j'espère que non, car ça voudrait dire qu'ils ont terminé deuxièmes du groupe », rigole-t-il. « Mais s'ils viennent à Dallas, bien sûr, j'essaierai d'y aller, ce serait génial. Par contre, avec le championnat qui continue, je n'aurai pas le temps d'aller les voir jouer ailleurs ». Et de notre côté, on espère bien sûr que la Belgique fera le job et ne devra pas visiter le Texas...
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