"J'ai senti la moutarde me monter au nez" : Anthony Moris pas tendre avec un entraîneur belge
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Anthony Moris en a vu des vertes et des pas mûres durant sa carrière. L'ancien gardien de l'Union a collaboré avec beaucoup d'entraîneurs différents, il garde un souvenir assez amer de Yannick Ferrera.
La première rencontre entre Anthony Moris et Yannick Ferrera remonte à janvier 2014. En manque de temps de jeu au Standard, le gardien est prêté à Saint-Trond, alors coaché par Ferrera. Les buts trudonnaires étaient jusque-là gardés par Davy Schollen, précédemment passé par Anderlecht. Après une blessure du titulaire, les deux portiers sont mis en balance.
Avant un match contre Tubize, Yannick Ferrera convoque Moris dans son bureau pour lui annoncer qu'il mérite de jouer et sera ainsi titularisé. Avec un bémol dont le principal intéressé ne perçoit pas encore l'importance. "Il m'a avoué que devant le groupe, il devait expliquer ce changement d'une autre façon. Naïf, je lui ai dit qu'il n'y avait pas de problème. Ce fut une énorme erreur de ma part", se souvient Moris dans son livre 'Le gardien de mes rêves'.
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Il le comprend dès l'annonce au groupe à l'entraînement : "Yannick Ferrera a annoncé que je jouerais en précisant que ce n'était pas sa décison mais celle de la direction, en accord avec celle du Standard, puisque j'étais en prêt. Il a ajouté que lui était totalement contre, qu'il s'agissait d'un manque de respect flagrant envers Davy Schollen. J'ai senti la colère monter en moi, mon visage était écarlate".
L'expérience ne lui laisse pas un souvenir impérissable de son ancien entraîneur : "Yannick Ferrera fait très attention à ce qu'on dit de lui, que ce soit dans la presse ou parmi les supporters. Si bien qu'il agit toujours en fonction du qu'en-dira-t-on".
Ironie du sort : les deux hommes se sont retrouvés à Malines deux ans plus tard, quand Ferrera a remplacé Aleksandar Jankovic, lui-même parti lui succéder au Standard. La collaboration semble repartir sur des bases plus seines, en faisant table rase de l'épisode de Saint-Trond. Moris garde sa place de titulaire entre les perches du KV mais se blesse au ménisque contre Anderlecht. C'est alors son substitut, un certain Colin Coosemans, qui prend le relais pour plusieurs semaines.
A son retour de l'infirmerie, Anthony Moris s'attend à retrouver sa place. Mais il déchante : "Yannick m'a annoncé qu'il avait réfléchi et qu'il estimait que je n'étais pas encore prêt. Je lui ai répété que je l'étais, physiquement et mentalement. Il m'a alors donné le fond de sa pensée : il avait décidé que Colin Coosemans devait continuer à jouer. J'ai senti la moutarde me monter au nez".
La face cachée de la Pro League
L'international luxembourgeois est encore plus déçu lorsque son entraîneur explique son choix : "Il m'a énuméré les raisons pour lesquelles Coosemans devait garder sa place : il était flamand et avait l'appui de beaucoup de dirigeants. Face à autant de mauvaise fois, j'ai cessé de me battre".
Dans ce genre de situation, chacun a évidemment un point de vue différent, il va sans dire que Yannick Ferrera n'a pas dû voir les choses de la même manière. C'est aussi cela, les enjeux du football professionnel.
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