Avis Courtois n'est pas Romelu Lukaku : les Diables ne sont plus sa priorité, mais il peut réussir ses adieux
Photo: © SC
Thibaut Courtois a laissé planer le doute en conférence de presse concernant son avenir chez les Diables Rouges. En réalité, le doute n'est plus vraiment permis : la Coupe du Monde 2026 sera son dernier grand tournoi avec la sélection.
Connaissez-vous Dana White, le président de l'UFC, l'organisation de MMA n°1 au monde ? Cet homme d'affaires unique au monde, grand supporter de Donald Trump et qui a réussi l'exploit d'organiser ce samedi un événement de MMA... sur le gazon de la Maison Blanche est très polémique, mais il répète souvent une phrase très adaptée à la situation de Thibaut Courtois.
Quand il parle de ses athlètes et de ceux qui, en fin de parcours, envisagent d'arrêter les frais, il a en effet cette formule : "Quand vous parlez d'arrêter (ou pensez à arrêter), cela signifie qu'il faut arrêter". Parler de retraite (internationale en l'occurence), c'est déjà avoir fait au moins la moitié du chemin vers la retraite. Et il n'y a plus de retour en arrière.
Que Thibaut Courtois ait publiquement, face à un parterre de journalistes dont il sait très bien qu'ils en feront leurs gros titres, reconnu que raccrocher les gants des Diables Rouges était dans un coin de sa tête et même plus ? C'est un signal fort. Il a beau assurer qu'il se laisse encore le temps de la réflexion : si Thibaut y pense assez que pour en parler ainsi, c'est que sa décision est prise à 90%.
Thibaut Courtois n'est pas Romelu Lukaku
Et cela ne surprendra personne. Beaucoup a été écrit sur le manque de motivation de Courtois ces dernières années au moment de rejoindre la sélection nationale. Ses petits bobos bien pratiques juste avant un long déplacement ont parfois rendu le public furieux. En mars dernier, quand il se blesse au tendon face à Manchester City, beaucoup ont d'ailleurs cru que c'était un nouveau stratagème mis en place conjointement avec le Real Madrid pour sécher le stage aux USA.
Il n'en était rien : Thibaut Courtois s'était réellement blessé. Il a manqué une bonne partie de la fin de saison du Real Madrid, qui a été éliminé en Champions League sans lui, et a loupé le titre face au grand rival barcelonais. C'est là que la différence de mentalité entre Courtois et Lukaku, du moins en ce qui concerne l'équipe nationale, devient évidente.
Alors que Big Rom' a lui aussi connu une période très compliquée en équipe nationale, après la Coupe du Monde 2022 et ensuite sous Tedesco ; alors que lui aussi enchaîne les pépins physiques et qu'il n'a disputé que 64 minutes cette saison, la priorité de Lukaku a toujours été l'équipe nationale. On peut lui reprocher beaucoup de choses, mais certainement pas de ne pas tout donner pour le maillot belge. Oui, Lukaku l'a avoué : il a pensé à la retraite internationale.
Mais lui ne l'a jamais verbalisé, et n'a clamé qu'une chose à son retour : il se voit bien continuer jusqu'en 2028 au moins. Pas Courtois, et ce malgré l'exemple de nombreux gardiens restés en sélection jusqu'à leurs 40 ans - Manuel Neuer et Memo Ochoa en tête à ce Mondial.
L'avantage du gardien du Real Madrid, au contraire de Lukaku, c'est que lui est au moins tranquille concernant sa succession. Bien sûr, Courtois est le plus fort, de loin, mais commencer la Coupe du Monde avec Senne Lammens n'aurait pas inquiété grand monde. Pour autant, la retraite internationale de Thibaut Courtois serait un événement retentissant. On parle du meilleur gardien de l'histoire du football belge, désolé messieurs Preud'homme et Pfaff (seul ce dernier aurait la prétention d'objecter).
Certains estiment même que Thibaut Courtois est tout simplement le meilleur joueur belge de l'histoire. C'est peut-être vrai en club, où il continuera certainement à remporter trophée sur trophée jusqu'à ses 38 ou 40 ans une fois libéré de ce qu'il estime être le poids de la sélection. Mais chez les Diables Rouges, il gardera toujours aux yeux du public cette image de joueur moins amoureux du maillot que d'autres. On ne peut qu'espérer que si ce Mondial est celui des adieux, notre dernier rempart en profite pour briller une ultime fois...
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