Les supporters des Diables Rouges sont prévenus : à Seattle, tout est cher, et la FIFA n'a rien à voir avec ça

Florent Malice
Florent Malice depuis Seattle
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Les supporters des Diables Rouges sont prévenus : à Seattle, tout est cher, et la FIFA n'a rien à voir avec ça
Photo: © SC
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Voilà quatre jours que Walfoot a pris ses quartiers à Seattle, ou plutôt à Renton, près du centre d'entraînement des Diables Rouges. Et un constat, déjà : les supporters belges peuvent s'attendre à être saignés à blanc par les tarifs de la ville.

La Coupe du Monde du peuple : voilà ce qu'avait promis Gianni Infantino pour ce tournoi aux USA, au Mexique et au Canada. Inutile de revenir ici sur le nombre d'éléments faisant de cette "promesse" une véritable farce, des tarifs délirants des tickets pour les matchs aux pays privés de leurs supporters et à l'ICE qui pourrait patrouiller autour des stades aux USA. La liste est aussi longue que celle des mensonges et indignités d'Infantino lui-même.

Mais une fois sur place, il y a un autre facteur sur lequel la FIFA et son président, si indéfendables qu'ils soient, n'ont aucune emprise : le coût de la vie. On le savait au moment du tirage, et on l'avait déjà constaté en prospectant pour des hôtels aux quatre coins des USA afin de couvrir toutes les options possibles : Seattle, c'est l'une des villes les plus chères des États-Unis (44%, environ, au-dessus de la moyenne étatsuniennes). Des tarifs qui n'ont pas été gonflé artificiellement pour les besoins du Mondial, pourtant.

Méfiez-vous des tips... 

Commençons par le positif : se déplacer dans Seattle ne coûte pas cher... si vous évitez Uber (ou toute autre variante : Lyft est un peu moins exorbitant, mais reste coûteux). Un simple déplacement en Uber de l'aéroport à notre hôtel - 10 minutes de trajet ! - coûtait 30 dollars, et pour de plus longs trajets d'un quartier à l'autre, vous paierez vite 50 à 70 dollars. 

Les métros, bus et trains régionaux, par contre, sont abordables puisqu'un trajet coûte entre 3 et 4 dollars. Le souci reste le manque de transports à partir d'une certaine heure le soir : si vous prévoyez de sortir jusqu'au bout de la nuit, essayez de rester à portée de votre hôtel. 

Maintenant, place aux mauvaises nouvelles : sortir jusqu'au bout de la nuit vous coûtera cher. Très cher. Nous sommes loin d'avoir visité les meilleures enseignes de la ville, mais même un repas plutôt simple (hamburger, burrito, pizza...) verra l'addition grimper jusqu'à une soixantaine de dollars pour deux selon les endroits. La bière ? Elle coûte environ 8 à 10 dollars la pinte (50 ou 44cl), soit un tarif élevé mais plus classique, même dans les capitales européennes. 

Et puis, bien sûr, il y a cette culture du tip (pourboire). Vous pensez payer 50 dollars ? Comptez 10, 15 voire parfois 20% de plus via un système de tips parfois automatique, souvent fortement suggéré (appuyez sur "no tip" et vous serez vu comme plus radin qu'un Hollandais). L'addition grimpe donc jusqu'à des sommets ahurissants. Et en épiceries ou dans les petits magasins locaux, même constat, avec cette sensation de vivre dans un aéroport. Si nous avons la chance de disposer d'une kitchenette à l'hôtel, même des courses assez simples pour quelques jours au Walmart nous ont coûté 90 dollars - et cela nous fera pourtant de sacrées économies dans les jours à venir. 

La Fan Zone est tout simplement impayable 

Le summum, cependant, revient bel et bien à la FIFA, décidément imbattable quand il s'agit d'être scandaleuse. Alors que les Fan Zones des diverses villes américaines ont ouvert leurs portes ce jeudi en marge du match d'ouverture, les tarifs font le buzz. La palme revient à Los Angeles et sa Michelob Ultra (autant vous dire qu'on ne parle pas de la crème de la crème des bières américaines) qui coûte... 19 dollars.

Mais Seattle n'est pas épargnée. Une bière au stade de Seattle coûtera... 18 dollars. Un litre d'eau ? 10,5 dollars. Des cacacuhètes ? Neuf dollars. Une barbe-à-papa ? 12 dollars. Un bretzel (!) : 13,5 dollars. On en rit pour éviter d'en pleurer. Reste à voir si ces tarifs (qui sont donc ceux du Lumen Field) sont ceux de la fanzone, mais ils devraient se situer dans les mêmes eaux...

Malgré cela : Seattle est une ville très agréable 

Que cela ne vous décourage pas : une fois passé ce choc, Seattle est, comme nous vous l'expliquions dans notre guide XXL, une ville très agréable. La marina et son Pike Market en hauteur, les brasseries locales (coup de coeur pour la Old Stove Brewery, mais nous n'avons pas eu l'occasion de visiter la ville en profondeur), cette sensation de "petite grande ville" avec des gratte-ciels certes, mais aussi de la verdure, le Mont Rainier en toile de fond en faisant notre jogging : la "Ville Emeraude" et ses environs nous séduisent. 

Même chose pour les Américains : on a beaucoup parlé ces derniers temps du gouvernement des Etats-Unis, mais ce qu'on retient d'un pays, c'est son peuple. Or chacune de nos interactions avec les habitants de Seattle a été positive, remplie de sourires et de cette habitude très américaine de parler de tout et de rien, parfois avec ce léger manque de retenue qui peut gêner les Européens, plus froids. Après tout, c'est peut-être l'unique façon pour les USA de se sortir de cette Coupe du Monde 2026 avec une image positive : à défaut que leur administration accueille le monde, les Américains, eux, feront tout pour...

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