Sire, où sont les Belges ? Les chiffres très interpellants du mercato des clubs de Pro League
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Les clubs de Pro League sont en pleine effervescence en ce début de mercato. Les premières tendances se dégagent, et ne jouent pas forcément en faveur des jeunes talents belges.
Les matchs de préparation sont souvent l'occasion de voir de jeunes joueurs du cru en action, laissant entrevoir quelques belles promesses, qui tiendront pour certaines jusqu'au bout de la saison. Mais lorsque l'on se plonge sur la stratégie en coulisses, nos clubs se font plus internationaux que jamais.
D'Andrej Vasovic (Club de Bruges) à Giulian Biancone (Anderlecht) en passant par Ondrej Kricfalusi (Union), Alexis Trouillet (Standard) ou Elias Filet (RAAL), les premiers renforts sont pour la plupart des nouveaux venus en Pro League.
La statistique est marquante : parmi les 15 plus grosses arrivées de ce début d'été en Pro League (en termes d'indemnités de transfert), figure un seul Belge. Et encore, il se classe quatorzième : il s'agit d'Ilan Hurtevent, que l'Union Saint-Gilloise a été chercher à Courtrai pour 1,30 million d'euros.
Et sur l'entièreté des transferts entrants réalisés depuis le début du mercato ? Cela monte un peu : 18 joueurs belges sur les 59 arrivées (hors retours de prêt) enregistrées. Le ratio est déjà moins déséquilibré mais reste interpellant : même avec les joueurs libres et les prêts, moins d'un nouveau venu sur trois dispose de la nationalité belge.
Le but de l'article n'est pas de stigmatiser nos dirigeants ou de leur demander un championnat noir-jaune-rouge mais de (re)poser un constat : lorsqu'il faut mettre la main au portefeuille, nos clubs se tournent de plus en plus volontiers vers le marcher étranger.
Des impératifs de rentabilité qui se calquent sur l'import-export
Et on ne saurait leur donner tort. Premièrement, parce que quand un joueur crève l'écran en Belgique, seuls quelques clubs sont en mesure de se positionner face à la concurrence des grands championnats étrangers (si le joueur n'évolue pas déjà dans un club du calibre du Club de Bruges ou de l'Union Saint-Gilloise).
Ensuite, quand l'on regarde les différentes nationalités des joueurs vendus par nos clubs, on trouve là aussi de moins en moins de noir-jaune-rouge. Des 24 joueurs ayant ramené une indemnité de transfert aux clubs de Pro League cet été, 4 seulement étaient belges. Des données pas encore représentatives de ce que sera l'ensemble du mercato ? L'été passé, 6 des 25 plus gros transferts sortants de notre championnat concernaient des joueurs belges.
Des joueurs vendus toujours plus vite, toujours plus jeunes, toujours plus cher
Plus que jamais, le championnat belge assume son 'rôle' de compétition tremplin sur le marché européen : un championnat du subtop, où il fait bon rester une ou deux saisons pour prendre du temps de jeu dans des matchs reconnus pour leur intensité. Cet été, dans les cinq plus grosses ventes de notre Pro League, aucun des joueurs partis à prix d'or n'avait plus de 21 ans. Un seul (Nacho Ferri) avait plus d'une saison complète de D1A dans les jambes.
A l'heure de convaincre les jeunes talents étrangers de venir éclore chez nous, nos clubs ne manquent donc pas d'arguments. Mais en plus d'étrenner les réussites les plus marquantes que représentent Romelu Lukaku ou Youri Tielemans pour Anderlecht, Charles De Ketelaere pour Bruges, Kevin De Bruyne pour Genk ou Axel Witsel pour le Standard, il faut maintenant également penser à prendre en exemple les Igor Thiago, Franjo Ivanovic, Victor Osimhen ou Bart Verburggen, dont le séjour chez nous aura été inversement proportionnel au retour sur investissement.
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