Miracle à La Louvière : un ancien protégé de Brian Riemer de retour en Pro League après deux ans en enfer
Photo: © photonews
Hier soir, Patrik Gunnarsson défendait les buts de Courtrai à La Louvière. Il n'en gardera pas un très bon souvenir suite aux trois buts encaissés et à sa bourde de fin de match. Pourtant, être sur la pelouse de l'Easi Arena était déjà une victoire en soi. C'est qu'il y a quelques mois, l'Islandais pensait ne plus jamais pouvoir rejouer, ni même mener une vie normale.
Pour les supporters louviérois, les noms les plus marquants de la feuille de match de ce dimanche étaient forcément du côté de leur équipe, avec les trois changements opérés par Edward Still par rapport à la claque subie à Saint-Trond.
Mais le véritable événement est à chercher dans le onze courtraisien, où Patrik Gunnarsson était titulaire entre les perches. Le gardien islandais n'avait plus joué la moindre minute en match officiel depuis pratiquement deux ans.
D'abord une simple blessure, avant l'enfer à l'hôpital
En octobre 2024, Gunnarsson débute sa première saison comme titulaire au Stade des Eperons d'or, où l'entraîneur Freyr Alexandersson avait insisté pour attirer son compatriote.
Ancien gardien réserve de Brentford (où un certain Brian Riemer le prend sous son aile), Gunnarsson en était à une dizaine de matchs sous le maillot de Courtrai avant que sa vie ne bascule. Lors de cette rencontre face à Malines, il doit céder sa place à Lucas Pirard après un choc avec Kerim Mrabti en première mi-temps.
Ecarté pendant deux mois, le natif de Kópavogur pense faire son retour pendant l'hiver. C'est là que les vrais ennuis commencent : "J'ai soudainement commencé à ressentir un engourdissement dans les pieds. Peu de temps après, mes doigts, puis même ma bouche, ont suivi", se souvient-il pour Het Nieuwsblad.
Le début d'un long chemin de croix
Le joueur se fait alors examiner par un neurologue, qui lui diagnostique une maladie neurologique extrêmement rare. Cette maladie auto-immune touche chaque année une ou deux personnes sur 100 000 (encore plus rarement de jeunes athlètes) et incite le système immunitaire à attaquer les nerfs de son propre organisme.
Gunnarsonn se vidait de son énergie : "Mes dégagements atterrissaient 30 à 40 mètres plus bas que d'habitude. Quand j'essayais de bouger ou de plonger, j'avais l'impression de garder le but sur des sables mouvants. C'est là que j'ai compris que quelque chose de vraiment sérieux se passait".
S'en suivent alors plusieurs allers-retours vers l'hôpital. Car lorsqu'il croit s'en sortir, l'international islandais est victime de rechute. La deuxième est particulièrement dure à vivre. Alors que Gunnarsson pensait pouvoir réintégrer l'équipe, il perd toute force dans les mains et les jambes.
"Même des gestes aussi simples qu'ouvrir une bouteille étaient devenus difficiles. Il m'était également impossible de tenir ma fille dans mes bras", se souvient-il. Le joueur perd alors 10 kilos et doit se déplacer en fauteuil roulant.
Ses priorités changent : avant d'oser espérer rejouer, il aspire tout simplement à pouvoir marcher et retrouver sa vie d'avant. Le club lui est d'un grand soutien, notamment lors des jours de match, où Gunnarsson peut se changer les idées.
A force de patience, de lents pas en avant, il retrouve sa mobilité et finit par obtenir le feu vert pour revenir à l'entraînement. Cet été, il a ainsi fait bon nombre d'heures supplémentaires avec l'entraîneur des gardiens pour retrouver ses sensations.
De retour dans la vie de joueur professionnel
"Au début, tout me paraissait étrange, comme si je devais réapprendre à plonger ou à frapper un ballon. Mais après quelques jours, mon corps s'est souvenu de tout. Comme s'il n'avait jamais été absent", sourit-il.
La maladie est-elle partie pour de bon ? "C’est toujours difficile à dire. Mais tous les spécialistes de Gand et de Courtrai m’ont dit que j’avais en quelque sorte de la chance de l’avoir contractée si jeune et que je suis sportif. De ce fait, les chances qu’elle ait disparu définitivement sont plus grandes. Et plus la rémission dure, plus les chances qu’elle reste absente pour toujours sont grandes".
Le retour à la compétition n'en est pas moins accompagné d'une nervosité certaine. Ses premières minutes en match amical sont d'ailleurs assez éprouvantes. Jusqu'à cette première titularisation contre La Louvière.
Sa bévue de fin de match sera rapidement oubliée : Courtrai n'avait plus rien à sauver après une prestation aussi insipide. Les Kerels auront bien besoin d'une mentalité de battant comme celle de leur gardien pour se sauver cette saison.
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