Ce nouveau joueur de Tubize-Braine qui a joué avec Raskin et Onana contre Gordon et Balogun
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Le nom de Richard Makutungu n'évoquait sans doute pas grand chose à la majorité des suiveurs belges lorsque Tubize-Braine a annoncé son recrutement ce week-end. Pourtant, le joueur de 24 ans, a connu une carrière en jeunes qui en ferait rêver plus d'un. Pour Walfoot, il revient sur cette période.
Aussi étrange cela puisse paraître pour quelqu'un qui est né à Liège, mais, à 24 ans, Richard Makutungu va vivre sa première expérience en Belgique du côté de Tubize-Braine, club de D1 FFA, avec lequel il s'est engagé samedi dernier pour une saison.
Pourtant, cet ailier aspirait depuis longtemps d'évoluer dans son pays natal. Mais ce joueur formé au PSG et sélectionné à plusieurs reprises dans les équipes d'âge des "Diables rouges", a connu quelques détours dans les divisions inférieures hexagonales avant de poser ses valises dans le Brabant Wallon, dans une ville qu'il connaissait un peu de par ces passages en sélection nationale.
Il s'est frotté à Angel Di Maria à l'entraînement
Richard Makutungu a rapidement pris la direction de la capitale française puisqu'il a intégré le centre de formation du PSG en 2014, à 13 ans, et qu'il y a ensuite évolué dans toutes les catégories d'âge. S'il n'a jamais été convoqué au sein de l'équipe première, il a pu disputer quelques entraînements, contre des joueurs de la trempe d'Angel Di Maria (photo ci-dessous).
Le nouveau joueur de la RUTB garde d'excellents souvenirs de cette période. "Cela a été une expérience gratifiante. Tout le monde rêve de jouer au PSG. J'y ai eu une formation qui m'a permis d'évoluer à plusieurs postes. Je suis ailier de formation, mais au PSG, les latéraux sont très offensifs, donc j'y ai joué piston", rembobine Richard Makutungu qui découvrira par la suite la face cachée du football business.
"Avec le prix de mon indemnité de formation, beaucoup de clubs ne pouvaient pas me payer", explique Makutungu. "Je voulais jouer en Belgique depuis longtemps et après le PSG, des agents que je ne connaissais pas ont présenté mon profil à différents clubs belges. Quand je venais avec mon agent, les dirigeants se demandaient logiquement avec qui, au final, ils devaient négocier. Du coup, beaucoup de clubs ont été réticents à me recruter."
Une saison blanche puis une reconstruction
La trajectoire du prometteur ailier a donc du s'écrire des étages plus bas. "Beaucoup de gens ne voient que la partie magnifique de cette carrière, mais il y a toute cette face cachée qui peut influencer votre parcours. J'ai connu une saison blanche (NDLR : en 2023-24) et j'ai dû me reconstruire dans des clubs modestes en France (NDLR: l'AS Saint-Ouen-L'Aumône et Pays de Valois qui évoluent en D4 française) avant d'arriver en Belgique, avec pour ambition d'aller de plus en plus haut", explique Richard Makutungu.
C'est grâce aux bonnes relations de son agent avec Tubize-Braine qu'il est finalement parvenu à trouver un club dans son pays natal. Dans le Brabant Wallon, il a rencontré Nicolas Rajsel, qu'on a notamment connu à l'Union ou Ostende, et qui est lui aussi passé par le camp des Loges, le centre de formation du Paris SG.
Wesley Sonck, un coach qui l'a marqué
Quand il évoluait là-bas, Richard Makutungu a connu les joies des convocations en équipe nationale, 6 fois avec les U18 de Wesley Sonck et 2 fois avec les U19 de Jacky Mathijssen. Une période où il a notamment fréquenté Amadou Onana et Nicolas Raskin dont il était le capitaine lors d'un amical contre l'Angleterre le 19 novembre 2018.
Un brassard qui lui avait été attribué par Wesley Sonck, un entraîneur pour lequel il éprouve beaucoup de respect. "Il m'a donné le capitanat pour me récompenser de mon humilité et parce que dans les matchs précédents j'avais réalisé de grosses prestations pas forcément à des positions qui étaient les miennes", se souvient Richard Makutungu. "J'ai vraiment beaucoup de considération pour Wesley Sonck qui a été important dans ma carrière. Il m'a beaucoup conseillé", ajoute la nouvelle recrue de Tubize-Braine.
"Raskin a toujours été au-dessus chez les jeunes"
De Nicolas Raskin et Amadou, il conserve aussi de bons souvenirs. Notamment du premier, Liégeois de naissance comme lui et avec lequel il partageait la chambre. "Il avait déjà goûté à un match pro (NDLR: il avait été le 1er joueur né au 21e siècle à jouer en Pro League. C'était à La Gantoise contre Saint-Trond, 9 mois avant l'Angleterre-Belgique de novembre 2018) et il était déjà très fort à l'époque. J'étais vraiment impressionné par son niveau. Il a toujours été au-dessus dans sa génération chez les jeunes."
Aux côtés de "Nico" dans le double pivot, comme lors du premier quart d'heure contre les États-Unis lundi avant sa sortie pour blessure, on retrouvait Amadou Onana. "C'était déjà un leader naturel", raconte Makutungu. "Il avait le charisme et l'élégance de jeu. Les deux étaient déjà très forts en sélections de jeunes."
Contre Gordon et Balogun mais opposé à Curtis Jones
En face, deux noms qui ont fait parler d'eux à la Coupe du monde : Anthony Gordon, l'ailier anglais récemment transféré au Barça et... Folarin Balogun, qui a depuis décidé de représenter les États-Unis et qui s'est révélé, à son insu, au monde entier pour une histoire de suspension annulée dont il se serait bien passé.
De ce duo, Richard Matukungu, aligné comme piston droit ce jour-là, n'en garde pas un souvenir précis. Il se souvient en revanche de Curtis Jones, son adversaire direct. "Il avait déjà effectué quelques montées au jeu avec Liverpool à l'époque. Je ne le connaissais pas avant ce match et tout le monde me dit qu'il allait être dans mon couloir. Il était vraiment au-dessus je dois dire." Malgré la défaite subie contre les Anglais, le natif de Liège a signé l'une des prestations les plus abouties de sa jeune carrière, en devant affonter plusieurs ailiers différents. Il se rappelle aussi que le sélectionneur anglais avait été dire à Wesley Sonck que "son capitaine était un top joueur."
De cette période internationale, le nouveau renfort des "Blanc et or" se souvient aussi de Ryan Gravenberch, l'international néerlandais. Des Pays-Bas où se trouvaient aussi sur le pré ce jour-là, Quinten Timber et l'auteur du dernier tir au but raté contre le Maroc, Crysencio Summerville, ainsi que deux connaissances des supporters anderlechtois : Joshua Zirkzee et Enric Llansana, capitaine "oranje" à l'époque.
Si tous ces souvenirs appartiennent au passé, Richard Makutungu, philosophe, préfère en garder le meilleur et contribuer positivement aux ambitions de Tubize-Braine pour la nouvelle saison. Et à seulement 24 ans, rien ne dit qu'il ne vivra pas encore d'autres grands moments dans sa carrière.