Fin du rêve américain : héroïque mais diminuée, la Belgique prend logiquement la porte face à l'Espagne
Photo: © photonews
La Belgique, peu aidée par les circonstances à savoir de nombreuses blessures, aura lutté jusqu'au bout. Mais cette Espagne était supérieure, et a fini par trouver la faille... sur une erreur de Senne Lammens.
"Il y a beaucoup de similarités avec Brésil 2018" : les mots de Romelu Lukaku résonnaient forcément dans nos têtes au moment de nous rendre dans ce SoFi Stadium où on espérait bien voir un meilleur match que Belgique-Iran lors de la phase de poules. Il allait encore falloir hausser le niveau par rapport aux Etats-Unis, car l'Espagne n'avait pas encore encaissé jusque là.
Et il allait falloir le faire sans Amadou Onana... mais aussi sans Youri Tielemans. "Captain America" déclare forfait à l'échauffement : Hans Vanaken le remplace, aux côtés de KDB et Raskin. Malgré ce coup dur, la Belgique est bien dans son entame de match : Mechele et Ngoy couvrent bien les espaces que tentent de trouver un Olmo et un Ruiz brillants, Jeremy Doku semble avoir retrouvé ses jambes et passe presque systématiquement son homme.
Un Doku à deux visages, coupable sur le but
La Roja, cependant, est au-dessus : Ngoy doit intervenir à deux reprises pour contrer des frappes (10e, 13e), Lamine Yamal monte en puissance. Il profite d'une perte de balle de Raskin pour s'offrir son premier tir (21e). Mais au break, la Belgique est dans son match. Yamal est visiblement frustré.
Le rythme espagnol monte d'un coup après cette pause : ça va trop vite côté droit pour le duo De Cuyper-Doku, Pedro Porro en profite pour envoyer un centre en retrait qui trouve Dani Olmo. Courtois repousse mais Fabian Ruiz suit bien (30e, 1-0). C'est Doku qui aurait dû tenir Porro, mais jusqu'ici, il paraissait bien dans son match.
Un peu en-dedans jusqu'ici, Lamine Yamal va se réveiller : intenable, il envoie un centre dangereux, obtient un coup-franc très bien placé dans l'axe... qu'il envoie lui-même sur les poings de Courtois (35e). L'Espagne régale : Olmo et Ruiz offrent un récital tout en contrôles orientés et talonnades, sans conclure. Yamal s'offre ensuite le geste du match aux dépens de De Cuyper qui tire la langue, mais sa frappe est dans le petit filet (40e).
Le coup de Garcia, les larmes de Courtois
Le prodige catalan peut s'en mordre les doigts, car dans la foulée... la Belgique égalise. Kevin De Bruyne, invisible jusque là, trouve une superbe passe vers Castagne dont le centre va chercher la tête de Charles De Ketelaere au premier poteau (41e, 1-1). La mi-temps se terminera sur une situation chaude pour l'Espagne et une frappe contrée de justesse (45e+3), puis un centre raté de Doku qui avait pourtant passé son homme.

Le scénario ne change évidemment pas après la pause : Courtois fait le plein de confiance en intervenant devant Yamal (48e), qui était hors-jeu ; Cucurella met le feu sur une frappe déviée (52e). Mais les Diables mettent le nez à la fenêtre : Doku s'infiltre, combine avec KDB, De Cuyper suit bien mais tire dans le petit filet (55e). Rudi Garcia tente alors un coup : il sort Trossard, Vanaken et De Cuyper pour Lukaku... Witsel et Seys. C'est presque payant d'emblée : le premier centre de Joaquin Seys force la défense à une intervention très risquée (62e).
Un gros coup dur est cependant à venir : juste avant le break, Thibaut Courtois s'écroule. Il ne pourra pas tenir sa place et est remplacé, en larmes, par Senne Lammens. Il n'aura pas grand chose à faire avant de longues minutes tant la défense belge, Seys et Ngoy en tête, défendent comme des lions, le Brugeois frustrant un Yamal qu'il avait déjà croisé en novembre. Mais le pire scénario possible survient : une frappe de Cubarsi est très mal gérée par Lammens, et Mikel Merino en profite (88e, 2-1).
Une erreur fatale de la part d'un portier pourtant brillant cette saison avec United, et qui mettra un petit temps à s'en remettre. Car à part sur une action de Seys, encore, bien trouvé par Doku, les Diables n'inquiéteront plus une Espagne qui aura, il faut le reconnaître, très largement dominé la seconde période. Le rêve américain prend fin, mais les Diables Rouges peuvent être fiers de leur match... et de leur parcours.