Edito Born in the USA : cette Coupe du Monde doit être le début de quelque chose pour la Belgique

Florent Malice
Florent Malice, suiveur des Diables Rouges
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Born in the USA : cette Coupe du Monde doit être le début de quelque chose pour la Belgique
Photo: AI generated
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Au-delà de la déception, l'ambiance générale était à l'optimisme et à une forme de satisfaction ce vendredi à Los Angeles après l'élimination face à l'Espagne. Tout le monde en est conscient : il y a de belles choses à faire sur les bases de cette Coupe du Monde 2026.

California dreamin' on such a... summer's day : le refrain de la chanson des Mamas & the Papas colle presque à cette défaite en quarts de finale à Los Angeles face à l'Espagne. Oui, les Diables Rouges ont fait rêver leurs supporters : on craignait un scénario cousu de fil blanc et une Roja archi-dominante qui ferait le break très vite. On a vu une Belgique mordante, coriace, dominée certes mais jamais tête basse, et qui a fait douter la deuxième meilleure équipe du monde (on voit mal l'Espagne battre la France à Dallas).

Était-ce parfait ? Rudi Garcia a-t-il livré un récital tactique contre l'Espagne ? Bien sûr que non. Mais le sélectionneur a aussi fait avec les armes laissées à sa disposition par un sort décidément bien en notre défaveur. Que peut faire un groupe déjà inférieur à celui d'en face quand Onana et Tielemans sont out avant le coup d'envoi, puis que Courtois et De Bruyne doivent quitter le terrain ?

Tielemans Youri

Garcia aurait peut-être dû faire entrer un peu plus de fougue et de jeunesse : Diego Moreira et Matias Fernandez-Pardo auraient pu faire mal à cette Espagne en contre, là où Lukaku est passé à côté de sa montée au jeu. Bref : le coach sera critiqué pour ses choix lors de ce match, et c'est le jeu, alors que ses changements avaient jusqu'ici été réussis. Dans l'ensemble, Garcia a cependant séduit les observateurs comme le public durant ce tournoi - reste à savoir s'il a convaincu Vincent Mannaert et les Diables... et si lui-même apprécie ce job si spécial de sélectionneur.

La génération dorée évite de sortir par la porte de derrière 

Que Rudi Garcia en reste le narrateur ou pas, c'est de toute façon un nouveau chapitre qui va s'ouvrir à partir de septembre pour les Diables Rouges. Certains ne reviendront pas : on pense à Axel Witsel mais aussi, il faut peut-être s'y préparer, à Kevin De Bruyne et Thibaut Courtois. Romelu Lukaku, lui, a déjà clairement dit qu'il continuerait, mais a paru ébranlé après le match. 

Mais pour la première fois depuis... huit ans, la Belgique sort d'un tournoi avec une impression globalement positive. Qui l'eut cru après deux premiers matchs qui avaient rappelé les terribles souvenirs de 2022 ? Non seulement les Diables ont réagi, s'ébrouant miraculeusement face au Sénégal, mais ils se sont même payés le luxe de devenir les chouchous du monde entier en écrasant les États-Unis, puis se sont pris à rêver. Et rêver, c'est quelque chose que le public belge ne faisait plus depuis longtemps. 

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Garcia Rudi
© photonews

Après un Euro 2021 anonyme, un Mondial 2022 calamiteux et un Euro 2024 un peu pathétique, la Belgique était redevenue anonyme. Les mots "golden generation" étaient surtout utilisés au passé et de manière un peu moqueuse à notre arrivée aux USA. Le "has-been gate" l'a bien illustré : ces critiques affectaient le groupe et ses vétérans, qui ont tant donné à la Belgique et rêvaient d'une sortie par la grande porte. En est-ce une ? Ce n'est en tout cas pas une sortie par celle de derrière, et c'est déjà très bien. 

Love is a long, long road...

Et la génération qui arrive ? Là où dans les tournois précédents, ils pointaient timidement le nez, les jeunes semblent cette fois bel et bien prêts à faire oublier la vieille garde. Ngoy est l'un des Diables du tournoi, De Ketelaere a été épatant, Raskin est inamovible, Moreira a surpris tout le monde le temps d'une montée... et Doku, on l'espère, aura envie de prouver à tout le monde que ce tournoi raté n'était qu'un accident.

Une Coupe du Monde de ce genre peut servir d'acte de naissance à la nouvelle génération de Diables Rouges. Une génération born in the USA, à laquelle viendront encore s'ajouter ceux que Rudi Garcia avaient estimés trop jeunes pour être du voyage - il ne faudra plus snober les Godts, De Cat ou Stassin à l'avenir. 

Tom Petty, artiste né en Floride mais qui a fait toute sa carrière à Los Angeles, y a écrit un titre emblématique : "Love is a long road". On ose espérer qu'enfin, les Diables Rouges y ont posé le premier pied. Et que la route soit longue, mais belle... 

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