Walfoot en Russie - 12 : Mélancolie pétersbourgeoise

Florent Malicepar Florent Malice depuis Saint-Petersbourg
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Walfoot en Russie - 12 : Mélancolie pétersbourgeoise
Photo: © photonews

Nous nous réveillons ce mercredi comme après ces longs rêves si beaux, mais qui s'achèvent prématurément : la Belgique est éliminée. Il n'y aura pas de finale, pas d'étoile. Juste une bouffée de mélancolie petersbourgeoise...

"Tu verras : Saint-Petersbourg est une ville très différente de Moscou. Une ville poétique, mélancolique". Ces mots sont ceux d'une amie russe, rencontrée lors d'un des nombreux trajets de notre périple. Je ne me doutais alors pas encore d'à quel point elle aurait raison. 

Car en arrivant au petit matin dans la ville des Tsars, difficile d'être de triste humeur : j'ouvre de grands yeux en remontant cette Perspective Nevski si souvent évoquée dans les romans de Dostoïevski dont je suis amateur - jusqu'à la Neva  et ses palais, dont ce fabuleux Hermitage que Nicolas Lombaerts fréquentait si souvent. Petit sourire en me rappelant du retour du "Tsar Nicolas" en Pro League pour réintégrer les Diables : avec le recul, quel drôle de pari... 

La chanson de Titi 

De... Paris, il est également question dans les paroles d'une des nouvelles chansons imaginées par des supporters belges (décidément très inspirés dans ce Mondial) : "Titi Henry, on a Tity Henry, je crois bien que vous le connaissez, il a gagné à Paris, il va gagner en Russie - nous, on a Titi Henry!". Sur l'air de "Don't take me home", le chant résonne à la Brasserie... Kriek, dont il existe deux exemplaires sur la  seule Perspective Nevski. L'obsession du Belge pour SA bière, même à l'autre bout du monde... 

Contrairement à Kazan, difficile à atteindre, Saint-Pétersbourg est cette fois réellement ambiancée par les Belges, bien conscients de vivre un moment historique. Osons le dire : oui, 1986 est déjà battue. Car contrairement à leurs aînés, les Diables de 2018 ont l'admiration du public : en plus des Russes, les Mexicains, Colombiens, Brésiliens restés en nombre après l'élimination de leur équipe (une autre preuve de leur amour un peu immodéré du football...) le disent tous. "Vous êtes les meilleurs", "vous avez la plus belle équipe". Ca monte à la tête, on finit par se le dire aussi. 

Réveil Bleu 

Depuis le début du Mondial, on  a eu la chance de découvrir de sacrés stades mais le monstre qui accueille maintenant le Zenit St-Petersbourg est encore d'une autre trempe. Démesuré, voilà le mot. Le stade le plus cher du monde (statut dû en bonne partie à la corruption qui entoure sa construction) a des allures de vaisseau spatial, paré à embarquer pour la finale de la Coupe du Monde. 

On le sait : l'embarquement se fera sans les Diables Rouges. L'extraterrestre était pourtant belge, mais même Eden Hazard ne parviendra pas à percer le mur Bleu. Pour la première fois dans cette Coupe du Monde, la Belgique semble manquer de maturité, d'expérience. De vice? Peut-être. La France n'en manque pas, elle. C'est ce qui lui permet de disputer une finale de Coupe du Monde. La troisième en vingt ans. 

Les journalistes français se congratulent en zone mixte : "on va vivre une finale de Coupe du Monde!". Je les félicite, sincèrement content pour eux. Ce sera la petite finale pour nous. La mélancolie pétersbourgeoise me prend en quittant le stade. Ce n'est pas encore fini, mais presque tout de même... 



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