Michael Verschueren a déjà dû calmer le noyau dur d'Anderlecht, dont la colère cible Marc Coucke

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L'inquiétude chez les supporters d'Anderlecht est loin de s'être dissipée après le match nul 2-2 contre le KV Malines. Au contraire: la fracture entre le noyau dur et une partie de la direction est évidente.

Tout a commencé au stade ce dimanche. Mauves Army et South Leaders, traditionnellement moteurs de l'ambiance au Lotto Park, ont décidé de ne plus apporter leur soutien. Une protestation silencieuse qui frappe plus fort que n'importe quelle banderole. Mais sous la surface, la colère continue de monter. Le noyau dur - comprenez le groupe BCS - est particulièrement furieux et envisage de nouvelles actions. Leur cible ? Le propriétaire Marc Coucke.

Pas de stabilité sous Marc Coucke

Fait marquant : avant le match, Michael Verschueren a déjà dû discuter avec le fameux groupe BCS pour calmer les esprits. Son message était clair : le football européen est crucial pour l'avenir du club. L'argument a fait mouche, même si un autre élément a aussi aidé : l'absence de Marc Coucke.

Le propriétaire est depuis un certain temps dans le viseur, et ce sentiment n'a fait que s'amplifier. Depuis son rachat en 2018, Anderlecht n'a plus réussi à remporter le moindre trophée. S'en est suivie une période de changements constants à tous les niveaux : entraîneurs, directeurs sportifs, décideurs. La stabilité a laissé place au chaos.

Pour beaucoup de supporters, la conclusion est donc claire : sous Coucke, Anderlecht a décliné. D'un club du top doté d'une structure claire, il est devenu une organisation contrainte de repartir de zéro chaque saison. La confiance envers le propriétaire a pratiquement disparu.

À cela s'ajoute une tension financière. Du côté des supporters, on estime fortement qu'une nouvelle injection de capital est nécessaire pour rester compétitif. Mais Coucke ne semble pas disposé à remettre la main à la poche. Il a déjà investi des millions et veut désormais rendre le modèle plus durable. Compréhensible d'un point de vue business, mais difficile à avaler pour un public qui exige des résultats.

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Résultat : une impasse. Les supporters veulent de l'ambition et des moyens, le propriétaire veut de la stabilité et de l'autonomie. Deux visions aujourd'hui diamétralement opposées.

Entre-temps, la réalité sportive ne devient pas plus rose. Pendant que le Club de Bruges et l'Union Saint-Gilloise poursuivent leur ascension financière et sportive - notamment grâce aux revenus de la Ligue des Champions et à une politique de transferts efficace -, Anderlecht fait du surplace. La plus-value sur les transferts reste limitée, alors que c'est précisément ce dont le club a besoin pour grandir à nouveau.

L'été à venir sera donc crucial. Avec Antoine Sibierski, un nouveau directeur sportif est aux commandes, mais la pression est grande. Il doit dégraisser l'effectif, le renforcer et, en même temps, créer de la marge financière via des ventes.

Les meilleurs joueurs doivent être vendus

Et c'est là que le bât blesse à nouveau. Car ce sont justement les joueurs qui conservent une certaine valeur qui risquent de partir. Une vente de Nathan De Cat semble presque inévitable. Mihajlo Cvetkovic et Nathan Saliba figurent aussi sur les tablettes de divers clubs. Ironie du sort : ce sont précisément eux qui ont encore apporté un minimum de repères cette saison.

La question n'est donc pas seulement de savoir comment Anderlecht va se relancer sur le terrain, mais surtout comment il peut retisser le lien avec son public. Car sans soutien populaire (le Lotto Park était soldout toute la saison malgré la situation), toute reconstruction devient une tâche particulièrement compliquée.

Pour l'instant, le calme semble être revenu temporairement grâce à Verschueren. Mais avec le match contre Saint-Trond en ligne de mire, on peut se demander combien de temps cela va durer. Même les services de sécurité envisagent de nouvelles mesures et déconseillent à Marc Coucke d'être présent...

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