Les Diables vers un match...à domicile ? Comment l'Iran pourrait être sifflée par ses propres supporters
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Lorsque les Diables Rouges entreront dimanche sur la pelouse du SoFi Stadium pour leur deuxième match du Mondial contre l’Iran, ils évolueront en réalité sur terrain neutre. Ou plutôt : au cœur de la plus grande diaspora iranienne au monde, mais il est loin d’être certain que celle-ci soutiendra son pays.
Los Angeles est surnommée depuis des décennies 'Tehrangeles'. On estime que la région compte entre 250.000 et 500.000 habitants d’origine iranienne. La communauté iranienne est particulièrement visible dans des quartiers comme Westwood, Beverly Hills ou Woodland Hills. Cela ne signifie toutefois pas automatiquement que l’Iran pourra compter dimanche sur un soutien massif.
Une diaspora divisée
La relation entre de nombreux Irano-Américains et l’équipe nationale est devenue particulièrement complexe. La situation politique en Iran, les protestations de ces dernières années et la guerre qui a éclaté début 2026 entre l’Iran d’un côté, et les États-Unis et Israël de l’autre, ont profondément divisé la diaspora.
Lors du match d’ouverture contre la Nouvelle-Zélande, ces tensions étaient déjà clairement visibles. Dans le stade de Los Angeles, on a entendu, selon Reuters, à la fois de très vifs encouragements et des sifflets visant l’Iran. Pendant l’hymne national, des concerts de sifflets ont même retenti. Des supporters brandissant le drapeau iranien traditionnel se tenaient côte à côte avec des opposants au régime venus avec l’ancien drapeau au Lion et au Soleil.
Pourquoi certains Iraniens sifflent leur propre équipe
Pour une partie de la diaspora, la Team Melli ne représente pas seulement une équipe de football, mais aussi le régime de Téhéran. Ces dernières semaines, plusieurs manifestations ont eu lieu à Los Angeles contre la présence de l’Iran à la Coupe du monde. Certains militants ont même appelé à exclure l’Iran du tournoi.
À cela s’ajoute le fait que beaucoup d’Irano-Américains, ou leurs familles, ont un jour fui le pays après la révolution islamique. La communauté de Los Angeles est traditionnellement réputée très critique envers les dirigeants iraniens.
Cela ne veut pas dire que tout le monde est opposé à l’équipe nationale. Au contraire. Beaucoup d’Irano-Américains font consciemment la distinction entre le régime et les joueurs. Ils continuent à soutenir leur pays, tout en se sentant mal à l’aise avec tout ce qui entoure l’équipe.
La Belgique ne devrait pas évoluer dans une ambiance hostile
Tout indique donc que l’ambiance de dimanche pourrait être particulièrement étrange. Pas le scénario classique où tout un pays pousse massivement derrière son équipe, mais un stade où une part importante des Iraniens présents pourrait soutenir l’adversaire de sa propre sélection, ou à tout le moins se montrer divisée.
Les Diables rouges n’auront dès lors probablement pas l’impression de disputer un match à l’extérieur. Au contraire. Si la Belgique marque rapidement, il est tout à fait possible que l’on entende davantage d’acclamations au SoFi Stadium que beaucoup ne l’auraient imaginé. Le match d’ouverture de l’Iran contre la Nouvelle-Zélande a en tout cas prouvé que, cet été à Los Angeles, football et politique sont impossibles à dissocier.