Georges-Louis Bouchez émet l'idée d'une fusion entre ses Francs Borains et Mons

Fabien Chaliaud, journaliste football
| Commentaire
Georges-Louis Bouchez émet l'idée d'une fusion entre ses Francs Borains et Mons
Ajoutez Walfoot comme source préférée sur Google!

On reparle de fusion entre les Francs Borains et le RAEC Mons. Six ans après avoir été accusé d'avoir saboté le dernier rapprochement entre les deux clubs, Georges-Louis Bouchez remet l'idée sur la table. Ce qui fera grincer des dents dans l'ouest du Hainaut.

Nommé nouvel administrateur de la Pro League, le président des Francs Borains, Georges-Louis Bouchez, a exposé dans les colonnes de Sudinfo ses ambitions pour redynamiser le football belge.

Fidèle à son principe de ne pas dépenser davantage que ce que l’on gagne, le président des Francs Borains souhaite d’abord trouver de nouvelles sources de revenus pour les clubs. Une fois cette question réglée, il estime qu’un débat pourrait être ouvert autour de l’instauration d’un "budget cap" ou d’un "salary cap", ainsi que de règles belges de fair-play financier.

Un Hainaut pas assez riche pour deux clubs pros

Cette philosophie, dans un football belge où seuls quatre des 30 clubs professionnels (les Francs Borains n'en font pas partie) ont terminé le dernier exercice comptable dans le vert, pousse Georges-Louis Bouchez à envisager une nouvelle fois une fusion avec le RAEC Mons.

Le club montois évolue actuellement à l’échelon inférieur, mais ambitionne de rejoindre la Challenger Pro League, où évoluent les Francs Borains, à condition notamment de ne pas être relégué cette saison.

Pour Bouchez, la situation économique de la région rend une telle union presque inévitable. "Notre région n’est pas assez riche pour faire vivre deux clubs au plus haut niveau. Soit la fusion sera négociée volontairement et permettra de construire quelque chose de grand, soit elle s’imposera de manière contrainte", estime le président des Francs Borains.

Deux précédentes tentatives ont échoué

Ce n’est pas la première fois qu’une fusion entre les deux clubs est évoquée. Il y a déjà 16 ans, un rapprochement avait été envisagé entre le RAEC Mons du président Dominique Leone et le RBDB (Royal Boussu-Dour Borinage) d’André Arbonnier. Le projet n’avait finalement pas abouti.

Une deuxième tentative a également échoué plus récemment, alors qu’elle semblait pourtant proche de se concrétiser. D’un côté, le Royal Albert Quévy-Mons, héritier des anciens "Dragons", traversait une importante crise financière et évoluait dans un stade Tondreau surdimensionné pour un club de D3 amateurs. De l’autre, les Francs Borains étaient sur une dynamique positive. Sous la direction de Dante Brogno, qui deviendra ensuite entraîneur de l’Albert, les "Verts" venaient de décrocher leur accession en D1 amateurs.

Alors que le projet semblait cette fois sur le point d’aboutir, les Francs Borains ont finalement fait volte-face quatre jours avant la date limite pour le dépôt du dossier de fusion.

"Le Royal Francs Borains dit NON à la fusion !", annonçait alors le club sur sa page Facebook. Le RFB reprochait notamment à la Ville de Mons d’avoir promis d’importants subsides pour soutenir le projet sans finalement apporter les garanties nécessaires. Les Francs Borains refusaient également de reprendre les dettes montoises, estimées entre 200 000 et 250 000 euros.

Une rivalité politique entre barbus

Au-delà des considérations financières, le projet avait également une forte dimension politique. Moins de deux semaines après l’échec de la fusion, Georges-Louis Bouchez prenait la présidence des Francs Borains, donnant une nouvelle dimension au dossier.

À l’hôtel de ville de Mons, cette arrivée ne manquait pas de faire réagir le bourgmestre PS Nicolas Martin, adversaire politique de longue date du président du MR, avec lequel il s’était déjà vivement opposé depuis les dernières élections communales.

Dans l’après-midi, la Ville de Mons accusait d’ailleurs Georges-Louis Bouchez d’avoir fait échouer le projet pour des raisons politiques : "Le nouvel effet d’annonce du RFB dévoile enfin les vraies raisons de l’échec de la fusion destinée à créer un grand club de football régional : le sabotage politique mené par le président national MR et un ex-ministre CDH."

Carlo Di Antonio avait en effet rejoint le projet en tant que vice-président de l’école des jeunes.

Dans son communiqué, la Ville s’étonnait également de la décision des Francs Borains, "compte tenu de l’offre cinq étoiles qui avait été faite par la Ville de Mons aux Francs Borains il y a deux semaines".

Une rivalité toujours bien présente

Lors de son arrivée grandiloquente à la présidence des Francs Borains, sur fond de We Are the Champions de Queen, Georges-Louis Bouchez avait déjà affiché ses ambitions. Dans une formule teintée de provocation, il avait notamment déclaré : "La meilleure passerelle pour jouer plus haut, c’est le Royal Francs Borains", avant d’appeler à "en finir avec l’esprit de clocher".

Mais entre les "ouvriers" borains et les "bourgeois" montois, la rivalité locale semble encore avoir de beaux jours devant elle. Et malgré les discussions autour d’une éventuelle fusion, l’esprit de clocher pourrait bien continuer à peser lourd dans les relations entre les deux clubs.

Corrigeer
Une erreur dans l'article ci-dessus? Annoncez le ici!

Inscrivez-vous maintenant à la newsletter de Walfoot

Plus de news

Plus de news