Une claque dont Anderlecht avait besoin : Vitor Bruno est-il vraiment responsable ?
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Le RSC Anderlecht a pris sa première claque de la saison, ce dimanche au Parc Duden. Elle pique un peu plus que les précédentes, car beaucoup se mettaient à croire que les Mauves pouvaient rivaliser avec l'Union Saint-Gilloise. Il faudra encore du temps avant que ce soit le cas.
Le premier adversaire vraiment coriace du Sporting d'Anderlecht cette saison aura déjà été suffisant pour se confronter à une réalité qui semblait avoir échappé à beaucoup de monde. Cette réalité, c'est que ni Vitor Bruno, ni Antoine Sibierski ne pouvaient faire de miracles et transformer le RSCA en machine en quelques semaines de travail.
Bien sûr, les Mauves sont en avance sur le programme. On ne donnait pas forcément cher de leur peau en préliminaires européens quand on se rappelait de l'été passé, et Anderlecht a géré un programme serré avec maturité mais aussi, par moments, avec talent - même s'il faut relativiser la performance à Athènes, un peu chanceuse, et la double confrontation contre un Kairat qui jouerait le maintien en Belgique.
L'Union est encore sur une autre planète qu'Anderlecht
Mais on se posait des questions légitimes après deux journées de championnat au bilan assez mitigé. Trois points contre la RAAL... sans rien montrer ou presque ; une défaite à Beveren certes imméritée, mais lors de laquelle Anderlecht n'a pas non plus montré beaucoup d'allant. On relativisait logiquement : l'important était l'Europe.
Avant le derby de Bruxelles, c'était autre chose : de manière un peu irraisonnée, le spectacle offert jeudi en barrages face à Almaty avait fait naître des attentes démesurées. Et si c'était le moment d'enfin aller "chercher" l'Union ? Après tout, le voisin avait été très faible face à Zulte Waregem. On en oublierait que ce voisin a aussi gagné la Supercoupe contre Bruges, humilié Westerlo et tenu la dragée haute à un Bodo/Glimt niveau Ligue des Champions.
Bref : l'USG évolue toujours dans des sphères trop élevées pour le RSC Anderlecht... surtout si tôt dans la saison. Sans renforts dans l'entrejeu, cet Anderlecht n'a pas le niveau pour rivaliser avec les deux ogres du championnat : Enric Llansana prend l'eau en ce début de saison et n'aide ni Marco Kana ni un Lukas Ambros qui n'allait pas sortir un coup de baguette magique à chaque match. Derrière, on se demandait ce que donnerait la paire Biancone-Pétrot face au top : les deux Français devront rendre une autre copie au prochain test.
Vitor Bruno a une armada : il va devoir apprendre à l'utiliser
Et qu'en est-il de Vitor Bruno ? Le Portugais affirme prendre la responsabilité de cette prestation loupée. Il faut dire qu'il a pris un gros risque en alignant, pour la troisième fois, le même onze de base : c'est évident, certains de ces titulaires étaient un peu cuits. Danylo Sikan et Mihajlo Cvetkovic donnent tout mais manquent de lucidité ; un "ket" de 17 ans comme Joshua Nga Kana ne devrait pas avoir à enchaîner autant quand des Oliver Antman et Marten Winkler attendent leur heure. L'erreur était soit de les faire démarrer contre le Kairat jeudi (dans un match qui, soyons honnête, ne pouvait pas échapper à Anderlecht), soit de les reconduire ce dimanche.
Vitor Bruno peut remercier Antoine Sibierski : aux avant-postes, il dispose d'une véritable armada offensive. Il y aura des déçus chaque jeudi, chaque week-end, en Europe ou en championnat. Désormais, il va devoir apprendre à faire jouer tout ce beau monde ensemble, mais aussi à gérer la tournante bien nécessaire qui s'installera. Car les prochains gros morceaux arrivent vite : ce sera contre Genk le 6 septembre, et contre Lyon dix jours plus tard...