Le quota U23 est supprimé, mais la guerre autour de la réforme du championnat est loin d’être terminée
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Ceux qui pensaient que le vote au sein de la Pro League mettrait enfin un terme au feuilleton autour du format de la compétition risquent d’être déçus. Les quotas concernant les équipes U23 en Challenger Pro League ont été abolis, mais le dossier est loin d’être clos.
Le dossier des équipes U23 en Challenger Pro League n'est pas encore fini. Au contraire : le combat se déplace désormais vers un sujet encore plus sensible, à savoir la suppression des Play-offs. La Gantoise continue en effet de s’opposer au format qui devrait entrer en vigueur à partir de la saison prochaine.
Les Buffalos veulent que la décision de février 2025 soit remise intégralement sur la table. Pour y parvenir, ils ne comptent pas uniquement sur des procédures judiciaires, mais espèrent aussi un nouveau vote au sein de la Pro League.
L’ensemble du vote de février est-il invalide ?
Le cœur du conflit se situe dans la décision prise le 27 février 2025. Ce jour-là, les clubs pros ont voté un "paquet global" : un championnat à dix-huit équipes sans Play-offs et l’instauration de quatre places garanties pour des équipes U23 en Challenger Pro League.
Pour Gand, ces deux volets sont indissociables. Le raisonnement des Gantois est simple : sans le quota pour les équipes espoirs, le paquet n’aurait, selon eux, jamais obtenu la majorité requise. Genk, notamment, qui avait à l’époque un intérêt majeur à maintenir le Jong Genk en Challenger Pro League, a voté en faveur de l’ensemble. Pour Gand, c’est précisément cette combinaison de mesures qui a permis de réunir suffisamment de voix.
À présent que ces quotas ont été contestés sur le plan juridique et finalement supprimés, Gand estime que l’accord complet doit, lui aussi, être réexaminé. C’est pourquoi le club a saisi à la fois le tribunal de l’entreprise de Bruxelles et le Tribunal Arbitral Belge pour le Sport (BAS).
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D’un point de vue juridique, cet argument ne peut pas être balayé d’un revers de la main. Gand invoque le "caractère unique et indivisible" du vote initial. En d’autres termes : si un élément essentiel de l’accord s’avère illégal ou disparaît, l’ensemble du compromis devrait, selon eux, être remis sur la table.
Le temps est compté pour tout changer
Pourtant, il paraît peu probable que la Pro League soit prête, à court terme, à revoter sur le format. Dans de nombreux clubs, la fatigue autour de ce dossier est grande.
Le calendrier de la saison prochaine doit être établi, des contrats commerciaux reposent sur le nouveau format et les préparations sportives sont en cours depuis des mois. Du côté des clubs du top traditionnel surtout, l’enthousiasme est limité à l’idée de réintroduire, à quelques semaines du début de la saison, des changements fondamentaux.
Ce qui se comprend. Un retour à une formule avec Play-offs n’aurait pas seulement des conséquences sportives. Et plus on attend, plus un tel changement de cap devient difficile.
Mais cela ne signifie pas pour autant que le danger est écarté. Ces dernières années, le football belge a montré à plusieurs reprises que des procédures judiciaires peuvent complètement perturber une compétition. On pense aux débats autour des licences, des montées et des descentes, où des décisions tombaient souvent tard et semaient une énorme incertitude.
Des décisions juridiques peuvent encore tout compliquer
Plusieurs procédures sont d’ailleurs toujours en cours. Même si la majorité des clubs ne veut pas d’un nouveau vote, des jugements de tribunaux ou d’instances d’arbitrage peuvent malgré tout imposer une nouvelle réalité.
C’est précisément la principale source d’inquiétude au sein de la Pro League aujourd’hui. Pas tant la crainte que Gand parvienne à réunir assez de soutiens pour changer à nouveau le format, mais plutôt que des décisions juridiques recréent du chaos, à un moment où tout le monde pensait enfin y voir clair.
Ironie du sort : le vote de ce mardi n’a donc pas apporté la paix. Les quotas pour les équipes espoirs ont disparu, mais la véritable bataille ne concerne plus le Jong Genk, le RSCA Futures ou le Club NXT depuis longtemps. Elle porte sur la question de savoir si le football professionnel belge démarrera effectivement la saison prochaine avec des Play-offs.