Le foutoir en D1B semble insoluble et aura des suites : "On sent qu'un nouveau bras de fer juridique arrive"

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La lutte pour le maintien en Challenger Pro League risque de se transformer en une bataille qui dépasse largement le cadre sportif. Selon James Odvart, commentateur et spécialiste de la D1B chez DAZN, il est quasi certain que le dossier connaîtra une suite judiciaire après la phase régulière.

"Le championnat ne s'arrête pas à la fin de la phase classique, ce n'est tout simplement pas possible dans ce contexte", nous explique-t-il sans détour. Le cœur du problème se situe au niveau du statut des équipes U23. Vu le classement actuel, les Francs Borains semblent partis pour descendre, alors que les jeunes du Club de Bruges et de Genk se trouvent derrière eux. "On sent qu'un nouveau bras de fer juridique arrive, c'est inévitable"

En coulisses, les recours se préparent

Il rappelle qu'un changement de règles pendant ou après la saison est particulièrement sensible. "Imaginez qu'on décide soudainement que les équipes U23 soient finalement susceptibles d'être relégués. Ces clubs n'accepteront jamais. Ils diront : on était protégés, et tout à coup on ne l'est plus ? Juridiquement, ça ne tient pas".

Dans le même temps, la contestation du système actuel grandit aussi. Si les règles restent telles qu'elles sont, les Francs Borains, quatorzièmes, feraient les frais de la situation. " Ils ne vont pas avaler ça comme ça. Comme Seraing, ils sont contre ce règlement, donc une plainte est pratiquement inévitable".

La situation se complique encore avec d'autres dossiers qui entrent en ligne de compte. Ainsi, l'avenir du RWDM reste incertain. " Il faut aussi en tenir compte. J'espère toujours que le club pourra être vendu, car cela pourrait peut-être encore ouvrir une porte vers une solution"

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Entre-temps, l'Olympic Charleroi ajoute aussi un élément marquant au débat. " Eux, dans le scénario actuel, descendent de toute façon", précise Odvart. "Mais si on modifie le règlement, ils peuvent soudainement, mathématiquement, encore passer devant le Club NXT, voire Seraing. Cela montre à quel point la situation est absurde".

Tout le monde pouvait le voir venir

Pour Odvart, c'est clair : la Pro League s'est elle-même mise dans une impasse. "C'est un vrai foutoir. Quelle que soit la décision, il y aura toujours des clubs qui se sentiront lésés et qui iront en justice".

Il s'interroge aussi sur la place des équipes espoirs dans l'ensemble. "À un moment, on a décidé de protéger ces équipes U23, et je peux comprendre l'idée. Elles sont importantes pour le développement des jeunes joueurs, mais elles ne jouent pas le titre et se retrouvent le plus souvent dans le bas du classement".

Ce qui rend, selon lui, la chose encore plus problématique lorsqu'elles jouent un rôle déterminant dans la lutte pour le maintien. " La probabilité était toujours grande qu'au moins une de ces équipes soit impliquée en bas de tableau. Et alors, on se retrouve avec ce genre de débats. Tout le monde pouvait le prévoir.".

Enfin, Odvart pointe la réalité purement sportive, qu'il estime difficile à ignorer. " Si on regarde simplement le classement, c'est le Club NXT qui doit descendre. Les Francs Borains ont 27 points, le Club NXT en a 18. Cette différence, vous ne pouvez l'expliquer à personne si vous prenez malgré tout une autre décision".

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