Plus qu'un canal de différence : comment l'Union montre la voie à suivre à Anderlecht dans son redressement
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En cette fin de saison, Anderlecht et l'Union Saint-Gilloise ne veulent plus se quitter. Sans forcément vouloir copier le modèle de son voisin, le Sporting y retrouve la ligne de conduite qui lui fait défaut.
Le match de dimanche dernier entre Anderlechtois et Unionistes a lancé la série de trois derbys bruxellois qui attendent les deux formations en l'espace d'un mois. Et il y aura gros à jouer lors des deux derniers. L'Union peut successivement remporter la Coupe et être sacré champion face à son rival. Tout comme le Sporting peut remporter son premier trophée en neuf ans face à son ennemi juré et ensuite le priver du titre au Parc Duden.
Mais force est de constater que les rapports de force sont plutôt déséquilibrés. Là où les Unionistes sont déjà mathématiquement sûrs de terminer sur le podium pour la cinquième fois de suite depuis leur retour en D1A (avec même une très sérieuse option sur le top 2), les Mauves sont à huit points de la troisième place.
Anderlecht a des joueurs de qualité mais ne peut pas encore se pemettre de leur offrir le même cadre qu'à l'Union
Pourtant, en termes de transferts, le Sporting ne peut pas mettre en avant de déséquilibres en regardant les millions dépensés. Même avec les revenus de la Ligue des Champions et l'exode de cadres dans toutes les lignes, l'Union a un peu moins dépensé que son voisin cette saison (21,55 millions contre 21,90).
Mais il y a une chose que les millions n'achètent pas : un projet doté d'un fil conducteur. Les Saint-Gillois en font la périlleuse démonstration chaque saison : même en changeant d'entraîneur tous les ans, même en vendant des cadres chaque été, la philosophie de jeu et la ligne conductrice au sein du club restent les mêmes, avec seulement quelques accents de différence d'une cuvée à l'autre.
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Une philosophie n'est pas forcément synonyme de succès. Mais elle est une promesse de positionnement stable face à une situation donnée. Car des échecs, il y en a aussi eu au Parc Duden. Pensez à des joueurs comme José Rodriguez, Casper Terho, Dennis Ayensa, Henok Teklab, Elton Kabangu, Matthew Sorinola ou Sofiane Boufal qui ne se sont pas imposés comme ils étaient appelés à le faire.
Des entraîneurs partis pour un projet plus attractif, il y en a eu. Des joueurs populaires auprès des supporters dont la non-prolongation a fait parler, il y en a eu. Des départs remplis de frustration aussi. Mais s'il y a une chose qu'on ne peut pas reprocher à la direction, c'est de ne pas avoir dévié de sa ligne de conduite. Et c'est précisément ce cadre qui aide les joueurs à s'épanouir.
Recruter des profils bien ciblés en fonction du style de jeu prôné, cela reste le principe directeur de chaque club. Mais entre les directeurs sportifs successifs et les balles perdues lors des passations de pouvoir, Anderlecht peut-il se targuer de le faire comme le fait l'Union ? La réponse est sans doute dans la question.
Une question de cohérence
L'Union aurait-elle géré comme l'a fait Anderlecht un cas comme celui de Keisuke Goto ? A la décharge des Mauves, Kasper Dolberg ne voulait pas forcément partir avant le coup de téléphone de l'Ajax et Luis Vazquez respirait le confiance en préparation. Mais au Lotto Park peut-être encore un peu plus qu'ailleurs, la vérité d'un jour n'est pas forcément celle du lendemain. On en revient à ce fameux fil rouge. Celui qui n'aurait pas compris que Vincent Kompany se fasse remplacer par Felice Mazzù. Ou que David Hubert cède sa place à Besnik Hasi sur le champ juste avant le début des Playoffs.
A quel traitement un Kevin Rodriguez aurait-il eu droit à Anderlecht ? Avec les doutes qui ont longtemps été les siens, il aurait sans doute eu une trajectoire à la Luis Vazquez, ne le laissant pas aider l'équipe comme il le fait au Parc Dude, au bout de sa troisième saison. Comment le Sporting aurait-il perçu un Anan Khalaili arrivé comme transfert le plus cher de l'histoire du club et riche de deux maigres titularisations jusqu'au mois de décembre lors de sa première saison ?
On l'a dit, la philosophie de l'Union ne lui assurera en rien de triompher à nouveau de son bruxellois lors des deux derbys les plus chers de la saison. Mais elle assure au club des fluctuations moins grandes en fonction du résultat. Reste qu'en cas de trophée anderlechtois, ces fameuses fluctuations n'en seraient qu'euphoriques. Quitte à bouleverser l'ordre logique et ne trouver le fil rouge que dans l'allégresse.