Analyse Dix-sept des 26 "Pharaons" évoluent toujours au pays : pourquoi l'Égypte cultive cette singularité

F Chl, journaliste football
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Dix-sept des 26 "Pharaons" évoluent toujours au pays : pourquoi l'Égypte cultive cette singularité

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Le premier adversaire des "Diables rouges" dans ce Mondial fait la part belle aux joueurs issus de son championnat. Une singularité que l'Égypte cultive depuis des décennies. Avec succès sur le continent africain, moins sur la scène mondiale.

Si l'on doit citer deux noms majeurs du noyau égyptien, ce sont ceux de Mo Salah et Omar Marmoush qui ressortiront. Pourtant, les deux joueurs de Premier League font office d'exception dans une sélection qui fait la part belle aux membres de la compétition locale. Une particularité qu'elle partage avec l'Afrique du Sud, mais aussi des nations candidates au Graal comme l'Allemagne, l'Angleterre ou l'Espagne. 

Pour ces dernières, étant donné le haut niveau de leur championnat, le choix semble plutôt logique. Pour les "Pharaons" en revanche, qui suivent cette logique depuis des décennies à rebours de l'exode des meilleurs éléments vers l'étranger, cette singularité a forgé leur identité et leur a permis d'étoffer leur palmarès.

Rois d'Afrique

Car si au niveau mondial, l'Égypte n'a jamais brillé avec seulement 4 participations à la Coupe du monde sans jamais passer le premier tour, elle domine en revanche les compétitions du continent africain, tant celles de sélections que de clubs.

Les "Pharaons" sont ainsi les plus titrés de la Coupe d'Afrique des nations, avec sept succès, même si le dernier remonte à 2010. Lors de la dernière édition de la CAN disputée en janvier, les Égyptiens ont atteint le dernier carré où ils ont été battus par le "premier vainqueur" du Tournoi, le Sénégal (1-0). Ils ne parviendront pas à décrocher le bronze lors de la petite finale, battus aux tirs au but par le Nigéria. Avant d'atteindre la demi-finale, la bande à Mo Salah s'était offert le scalp de la Côte d'Ivoire, victorieuse ce dimanche de son match contre l'Équateur.

Avec ses clubs, l'Égypte domine encore plus outrageusement la scène africaine. En raflant les lauriers de la Ligue des Champions de la CAF en 2026,  le club sudafricain de Mamelodi Sundowns a mis fin à une série de cinq victoires égyptiennes lors des six dernières éditions. Une pour le Pyramids FC, l'une des nouvelles puissances là-bas et quatre pour Al-Ahly que l'on pourrait qualifier de Real Madrid d'Afrique. 

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Un championnat qui paie bien

Ce club est d'ailleurs le recordman de victoires dans la compétition avec 12 succès, bien devant Zamalek, autre grand club historique du pays et d'où proviennent trois des sélectionnés pour le Mondial 2026.

Les raisons de ces succès ? En Égypte, plus qu'ailleurs sur le continent, le football est très structuré. Les championnats des jeunes sont déjà très performants et les cadres techniques sont très bien formés. Chaque grande ville du pays possède plusieurs clubs omnisports et ceux-ci sont fortement financés par des mécènes locaux.

Mais le football égyptien, qui sait se montrer attractif, s'ouvre aussi désormais aux investisseurs étrangers. Le Pyramids FC, où a notamment joué l'ancien carolo Cristian Benavente en 2019, est aux mains d'un  businessman émirati. Si le Péruvien avait rejoint le pays des Pharaons à l'époque, c'était autant pour le charme que le chèque. Les salaires qui peuvent aujourd'hui atteindre facilement les 20.000 dollars par mois (17.500 euros environ), sont supérieurs à ceux de pas mal de championnats européens.

L'Égyptien ne s'exporte pas toujours bien

Mais ce train de vie n'explique pas à lui seul le fait qu'autant de joueurs égyptiens évoluent toujours au pays. Ils sont aussi attachés à leurs racines et le championnat bénéficie d'une bonne exposition médiatique. Et puis surtout, les joueurs peinent souvent à s'exporter dans des pays étrangers où leur statut de star locale ne sera pas toujours reconnu à sa juste valeur. Si Mo Salah et Omar Marmoush ont fait mentir cet adage, on se souvient qu'un Ahmed Hassan, joueur égyptien le plus capé de l'histoire et vainqueur de quatre CAN, n'avait connu que de modestes clubs turcs avant de porter les maillots du Besiktas et d'Anderlecht comme cercles européens un peu plus réputés.

Le sélectionneur actuel Hossam Hassan, qui n'a d'ailleurs aucun lien de parenté avec Ahmed, incarne aussi cette singularité du football égyptien de cultiver le local. En club, il a notamment remporté 11 fois le championnat avec Al-Ahly, 4 fois la Coupe, une fois la Ligue des Champions de la CAF, sans oublier 3 CAN avec la sélection (et un 4-0 contre nos Diables).

Contre la Belgique, il s'appuiera sur 17 joueurs du championnat égyptien, dont Mahmoud Trezeguet, passé par Anderlecht il y a quelques années et revenu depuis à Al-Ahly, après notamment un passage par Aston Villa. Sera-ce cette fois suffisant pour briser la malédiction et enfin s'offrir une première victoire dans le bal mondial ? Réponse vers 23 heures, heure belge, du côté de Seattle.

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