On risque de ne plus voir Adriano Bertaccini face à la presse pour un bon moment, et c'est bien dommage
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Adriano Bertaccini s'est offert une nouvelle sortie un peu maladroite face à la presse dimanche. Le sympathique attaquant n'aurait probablement pas dû être envoyé en zone mixte après une telle frustration.
Adriano Bertaccini est ce qu'on appelle dans le jargon médiatique un "bon client". Un joueur entier, honnête, qui ne pratique absolument pas la langue de bois et les discours formatés par les attachés de presse. Parfois, c'est dès le centre de formation que les joueurs apprennent à parler aux journalistes avec les mots qu'il faut, sans déraper : Neerpede en est spécialiste.
Pensez donc aux Youri Tielemans, Dennis Praet, Yari Verschaeren, Théo Leoni, Zeno Debast : des jeunes matures, au discours éloquent, mais bien souvent un peu lisse. Ne vous attendez pas à ce que l'un d'eux dérape dans le feu de l'action.
Bertaccini ne devrait pas être envoyé devant la presse dans ce contexte
Jeudi, on a été un peu surpris qu'Adriano Bertaccini soit envoyé en zone mixte (là où les interviews d'après-match se passent) : après une telle défaite, dans un contexte si tendu, on s'attend généralement à voir les joueurs d'expérience capables d'arrondir les angles.
Mais une finale de Coupe est un peu spéciale : les attachés de presse des clubs sont assistés par des représentants de l'Union Belge, et le tout est un peu plus chaotique qu'à l'accoutumée. Au Lotto Park, la presse peut parfois attendre une demi-heure, trois-quarts d'heure aux quatre vents pour qu'on lui amène des joueurs, souvent triés sur le volet.
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Adriano Bertaccini, au contraire de nombre de ses équipiers, donne quant à lui l'impression qu'il apprécie parler à la presse. Souriant, sympathique, il ne fuit jamais ses responsabilités, et offre toujours l'une ou l'autre citation bien sentie qui permet un bon article. Parfois, il dérape, quand la frustration est là. C'était déjà arrivé ; une fois ou l'autre, même, d'un commun accord, on préfère ne pas reprendre un terme précis, peu utile, afin de protéger le joueur de lui-même. Car "casser" un Bertaccini, en tant que journaliste, c'est se tirer une balle dans le pied : si ce genre de joueur n'est plus autorisé à venir parler à la presse que quand tout est rose, on ne le verra plus souvent.
Jeudi, c'était impossible, professionnellement, de passer sous silence les propos du joueur, qui ont ensuite été rapportés à un Taravel un peu surpris. Le résultat est immédiat : la direction du Sporting va convoquer le joueur. Connaissant Antoine Sibierski, Bertaccini va passer un sale quart d'heure, et risque fort de ne plus être envoyé devant la presse de sitôt. C'est bien dommage. Mais c'est aussi au club de "sentir" dans quel contexte un garçon comme lui doit passer à l'interview...