Rudi Garcia a fait tapis en protégeant ses cadres... mais il a tout à gagner
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Scène étonnante après Nouvelle-Zélande - Belgique : plutôt que de savourer l'instant à fond, Rudi Garcia est sorti de son rôle habituellement un peu lisse pour tacler la presse belge. Et au final, il n'a peut-être pas tort.
"Mes leaders ont été très critiqués ces derniers jours. Certains les ont traités de has-been, et je trouve ça moche. Ils ont démontré ce soir sur le terrain que ce sont des immenses joueurs et certainement pas des "has-been" : les propos de Rudi Garcia en conférence de presse après Nouvelle-Zélande - Belgique ont pris un peu tout le monde par surprise.
Visiblement, le sélectionneur en avait gros sur la patate. Ce n'est pas forcément son genre de pratiquer autre chose qu'un discours assez policé (même s'il ne manie pas la langue de bois d'un Martinez pour autant) en conférence de presse, et c'est l'une des premières fois qu'il va au "clash" avec les médias belges.
Rudi Garcia défendra son groupe jusqu'au bout
Sans les nommer : "Vous savez de quoi je parle", affirme-t-il, précisant que ces critiques lui sont venues de France. Après vérification, il semblerait en effet que RMC Sport et l'AFP aient relayé une chronique assez sévère d'un de nos confrères à l'encontre de Kevin De Bruyne, au sujet duquel le terme "has-been" a bien été employé.
Si on peut ne pas être d'accord avec le terme employé, c'est bien sûr le droit le plus strict d'un journaliste d'être sévère avec un joueur comme KDB, dont on attend tellement. On peut aussi trouver, comme Garcia, que le terme était un peu fort et que De Bruyne mérite mieux. Il l'a d'ailleurs prouvé dans ce troisième match de poules avec un match de patron.
Que penser, dès lors, de la réaction de Rudi Garcia ? Premièrement, que son timing est un peu dommage - cette sortie écarte les projecteurs de la superbe performance belge (et de KDB) pour les mettre sur le sélectionneur. Mais elle est aussi assez naturelle : à la façon d'un José Mourinho, Garcia fait écran face aux critiques et montre à son groupe qu'il ne laissera pas passer ce genre de propos. De Bruyne, Lukaku et Courtois ont certainement apprécié.
Rudi Garcia lui-même prend-il un risque ce faisant ? Certains médias, notamment au nord du pays, n'apprécient pas ce genre de sortie. C'est aussi en Flandre que Garcia lui-même était le plus critiqué - bien plus que les "vieux" du noyau en tant que tels, dont on se contentait là-bas de souligner qu'ils n'étaient pas au sommet de leur forme sans forcément les mettre au bûcher. Si les Diables Rouges (et leurs cadres) passent au travers du 16e de finale, Garcia verra ses propos lui revenir comme un boomerang.
Mais si les Diables Rouges venaient à être éliminés dans les jours à venir au terme de prestations comparables à celles du début du tournoi, le Français aurait... quoi qu'il en soit été pointé du doigt. Son sort est scellé en cas d'élimination avant les quarts, c'est presque une certitude (et rien ne dit qu'il restera après le tournoi de toute façon). Oui, Rudi Garcia a peut-être brûlé les ponts derrière lui avant d'aller de l'avant dans cette Coupe du Monde 2026... mais il le fait sans avoir grand chose à perdre. Et avec tout son noyau à ses côtés. C'est un pari qui peut s'avérer payant.