Le dossier "Mains Propres" à nouveau à l'arrêt... à cause de l'avocat de Mogi Bayat

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L’affaire "Mains Propres" continue de s’éterniser. Après la récusation du président de la chambre des mises en accusation (CMA) d’Anvers, une demande de récusation visant deux autres juges a également été introduite, cette fois à l’initiative de l’avocat de l’agent Mogi Bayat. La procédure n’a donc une nouvelle fois pas pu débuter ce jeudi.

Jeudi après-midi, 33 prévenus devaient comparaître devant la CMA, chargée de déterminer lesquels devront répondre devant le tribunal des faits reprochés dans cette vaste affaire portant notamment sur des matches truqués, du blanchiment d’argent et des faux en écriture dans le football belge. Mais Tom Bauwens, l’avocat de Mogi Bayat, a introduit une demande de récusation visant les deux assesseurs.

Selon lui, ces juges ont déjà participé par le passé à la validation de transactions à l’amiable conclues par certains prévenus dans ce dossier. Une situation susceptible, à ses yeux, de créer une apparence de partialité. La cour d’appel d’Anvers a confirmé la demande, mais les deux juges refusent de se récuser volontairement. La Cour de cassation doit désormais se prononcer dans les quatorze jours.

Une précédente récusation avait déjà entraîné un report

Ce n’est pas la première fois que la procédure se retrouve bloquée. Le 10 septembre, le président de la CMA avait déjà été récusé avec succès à la demande de Joris Van Cauter, l’avocat de Thierry Steemans, ancien directeur financier du FC Malines.

Ce juge avait auparavant joué un rôle, dans une autre fonction, dans la procédure liée au statut de repenti de Dejan Veljkovic. Un autre président avait alors été désigné pour le remplacer, mais lui non plus n’a pas pu lancer la procédure ce jeudi.

De l’argent noir à une enquête sur des matches truqués

L’opération "Mains Propres" a débuté le 10 octobre 2018 avec des perquisitions dans des clubs de football, chez des dirigeants, des agents et d’autres personnalités du football belge. L’enquête, qui portait initialement sur des commissions occultes lors de transferts, s’est ensuite élargie lorsque des indices de matches truqués sont également apparus.

À l’origine, le dossier comptait 57 prévenus. Deux sont entre-temps décédés et 22 autres ont conclu un accord avec le parquet. Parmi eux figurent des noms connus tels que Bart Verhaeghe, président du Club de Bruges, Michel Louwagie, ancien dirigeant de La Gantoise, et Ivan Leko, l’actuel entraîneur du Club de Bruges. Ces accords ont rapporté au total plus de 1,6 million d’euros en amendes, confiscations et arriérés d’impôts. La date à laquelle la CMA pourra examiner sur le fond le renvoi des prévenus restants dépend désormais de la décision de la Cour de cassation.

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