Le bilan d'Olivier Renard : de l'argent, peu de réussites... et un peu de malchance
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Olivier Renard est donc licencié de son poste du RSC Anderlecht, un peu moins d'un an et demi après son arrivée. Un mariage qui aura longtemps semblé contre-nature, mais le bilan de Renard n'est pas tout noir.
Un an et quatre mois : voilà le temps qu'aura tenu Olivier Renard en tant que directeur sportif du RSC Anderlecht. Trois mercatos - deux hivernaux, un estival - durant lesquels il a fait avec ses limites, notamment financières, et a réussi moins de gros coups que Jesper Fredberg... mais a mieux vendu, avec plus de 50 millions de rentrées au total.
Olivier Renard, malchanceux ?
Son premier mercato méritait le bénéfice du doute... et le bilan est très négatif pour le moment. Mais c'est en bonne partie... par malchance. En effet, personne ne peut prédire ce qu'aurait donné un Cédric Hatenboer, aux qualités réelles et qui était suivi par tout le top néerlandais, sous la houlette d'un coach avec qui ça aurait "collé" - pas Besnik Hasi, donc.
Bien sûr, Hasi est aussi en partie "l'homme" de Renard, qui a donc tiré une balle dans le pied d'une de ses recrues vedettes. Mais l'échec Hatenboer ne peut pas forcément être imputé au directeur sportif. Pas plus que celui de César Huerta : le Mexicain avait séduit le public mais a ensuite vu son adaptation ralentie par les blessures. Là aussi, à son arrivée, on parlait d'un vrai phénomène et tout le monde disait en substance : "Bien joué, Renard".
Puis est venu le mercato estival, premier très gros test pour Olivier Renard. Les supporters l'attendaient au tournant, une partie d'entre eux pas encore prête à oublier le passé Rouche de leur directeur sportif. Ils voulaient un mercato ambitieux. Ils ont été déçus. Aucun transfert à plus de 5 millions : Renard a dû se montrer bien moins dispendieux que son prédécesseur... et n'est pas parvenu à vendre assez, ni assez tôt.
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Un été mitigé pour Olivier Renard
Adriano Bertaccini : un joli coup sur papier... dont on commence à douter qu'il ait les épaules pour porter Anderlecht. Mihajlo Cvetkovic : un produit pas fini, qui a mis du temps avant de convaincre Hasi et n'était pas titularisé récemment par Still. Enric Llansana : brillant en début de saison... puis disparu. Ilay Camara : le retour de la "malchance" (en est-ce vraiment quand c'est si fréquent ?) avec des blessures à répétition. La seule vraie réussite, c'est Nathan Saliba, un garçon qu'il connaissait bien sûr très bien à Montréal.
Puis, il y a les vrais échecs : Yasin Özcan, Mihajlo Ilic, Zoumana Keita - des défenseurs jeunes là où le Sporting a besoin d'expérience. Un niveau oscillant entre l'insuffisant et le correct (Ilic semble avoir été excessivement mésestimé au vu de ce qu'il montre récemment).
Voilà pour les transferts entrants. Un bilan en forme d'échec, compensé par les transferts sortants, mais est-ce vraiment du génie d'avoir vendu Kasper Dolberg pour 10 millions d'euros à l'un de ses anciens clubs... et Jan-Carlo Simic par miracle en Arabie Saoudite pour 20 millions ? Personne n'aurait pu le prédire. Mais ça fait partie du job de savoir accepter ce genre d'offre sortie de nulle part.
Un noyau mal calibré et trop de paris
L'un des problèmes de Renard aura été de mal construire son noyau, peut-être par impossibilité de trouver les bons profils, peut-être parce que les vrais problèmes n'ont pas été identifiés. Comment Anderlecht pouvait-il commencer la saison sans remplacer Dolberg ? Sans transférer un défenseur d'expérience ? Avec un entraîneur digne du top niveau, le noyau aurait déjà été limite ; avec Besnik Hasi à la barre, c'était impossible d'espérer quelque chose, surtout si les blessures s'en mêlaient.
En réalité, le sort d'Olivier Renard semblait décidé avant cet ultime mercato hivernal durant lequel on se demande même à quel degré il a été impliqué dans le processus décisionnel. Il semble évident que Danylo Sikan et Coba Da Costa n'ont pas le niveau pour faire la différence - et l'Ukrainien a coûté 4,5 millions d'euros. Moussa Diarra mérite du temps mais est un pompier de service, pas un élément sur lequel le RSCA doit envisager de construire l'avenir.
Qui, maintenant, acceptera de venir réparer les erreurs de Renard... qui tentait déjà lui-même tant bien que mal de colmater les fuites ouvertes par ses prédécesseurs ? Le RSC Anderlecht a-t-il, en réalité, vraiment besoin d'un "directeur sportif" quand il compte déjà un directeur du recrutement, David Verwilghen, et de nombreux décideurs plutôt envahissants ? Tant de questions que les supporters se posent. Olivier Renard était le dernier fusible qui pouvait sauter avant que Verschueren et Coucke soient pris directement pour cible...