Dopage, couteau suisse et Van Buyten : cinq choses à savoir sur Antoine Sibierski, en approche à Anderlecht
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Antoine Sibierski semble de plus en plus proche de devenir le prochain directeur sportif d'Anderlecht. Son parcours lui a forgé un caractère assez entier.
Alors que Troyes est bien placé pour rafler le titre en Ligue 2 et ainsi revenir parmi l'élite française, les dissonances entre Antoine Sibierski et la direction portent à croire que le directeur sportif de l'ESTAC est sur le départ. Tout profit pour Anderlecht, qui cherche toujours le successeur d'Olivier Renard ? Les Mauves auraient même déjà conclu un accord avec Sibierski. Présentation de ce dernier en cinq points.
1. Une affaire de dopage qui le freine en plein élan
Né et formé à Lille, Antoine Sibierski rejoint Auxerre à 22 ans. Un transfert de rêve : l'AJA vit son âge d'or sous les ordres de Guy Roux. L'année de l'arrivée de Sibierski, l'équipe dispute encore les quarts de finale de la Ligue des Champions.
Mais lors de la deuxième saison, le rêve tourne au cauchemar. Un soir de septembre 1998, lors d'un match à Metz, il est accusé de dopage. Le test réalisé relève 2,1 nanogrammes de nandrolone par millilitre d'urine (la limite est à 2).
S'en suit un long combat face aux six mois ferme et douze mois avec sursis prononcés par la commission de contrôle de la Fédération française de football. Sibierski est finalement blanchi par la commission fédérale d'appel au bénéfice du doute scientifique. Mais l'épisode laisse des traces : il finit par quitter Auxerre, estimant que Guy Roux ne l'a pas assez soutenu.
2. Les JO avec la France
Il rebondit à Nantes, où il remporte deux Coupes de France. S'en suivent trois saisons à Lens, avant son départ pour l'Angleterre. Sibierski goûte à la Premier League sous les couleurs de Manchester City, Newcastle et Wigan, où il met fin à sa carrière le jour de l'arrivée de Roberto Martinez à la tête de l'équipe.
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Sa carrière ne lui a jamais valu de sélection en Equipe de France. Petit-fils d'un mineur polonais émigré dans le nord de la France, il a pourtant été appelé à quatre reprises chez les U21...et a même marqué sous le maillot bleu.
Il ne s'agissait pas de la sélection A, mais de la délégation olympique envoyée à Atlanta pour les JO de 1996. Sous les ordres de Raymond Domenech, Sibierski évolue avec Olivier Dacourt, Vikash Dhorasoo et Robert Pirès au milieu de terrain. Buteur contre l'Arabie Saoudite lors du dernier match de poule, il envoie la France en quart de finale, les Bleus s'y inclineront aux prolongations contre le Portugal.
3. Compagnon de galère de Daniel Van Buyten
Lorsqu'il évoluait à Manchester City, Sibierski a brièvement côtoyé un certain Daniel Van Buyten. Un épisode que Big Dan n'a toutefois pas gravé dans sa mémoire vu ses mois difficiles chez les Skyblues, malgré le soutien de Sibierski. Peu à son affaire dans la grisaille du nord de l'Angleterre après son éclosion sous le soleil de Marseille, il n'a disputé que six matchs pour City.
A la clé, une seule victoire en Premier League, mais quelle victoire. Avec Van Buyten en défense centrale et Sibierski quelques mètres devant lui, Manchester City l'avait emporté 4-1 dans le derby contre le Manchester United de Sir Alex Ferguson. Même les entrées au jeu de Ryan Giggs et du jeune Cristiano Ronaldo n'avaient rien changé. Antoine Sibierski avait même donné le ton en délivrant l'assist sur le premier but de Robbie Fowler. Une autre époque.
4. Multitâche
Une fois sa carrière de joueur clôturée, le Nordiste n'a pas chômé. Opérant d'abord dans l'ombre comme agent ou conseiller, il est ensuite devenu directeur du football à Lens en 2012. Plus récemment, on l'a connu comme entraîneur adjoint, puis comme T1 à Châteauroux. Jusqu'à repasser comme directeur sportif à Troyes en juillet 2024.
Un profil multicasquettes qui ne plait pas à tout le monde en France, comme en témoigne la récente sortie de Romain Molina à son encontre : "Comment des clubs peuvent sérieusement se pencher sur Antoine Sibierski vu ses méthodes ? Agent, intermédiaire ou directeur sportif, je sais que la frontière est floue dans le milieu du foot, mais tout de même", s'était-il étonné.
5. Il ne se laisse pas marcher sur les pieds
Quoi qu'on écrive sur lui, Antoine Sibierski trace sa route et n'hésité pas à faire le ménage là où il débarque. Lors de son arrivée comme directeur sportif à Troyes, il se débarrasse ainsi de l'entraîneur David Guillon à une semaind de la reprise du championnat.
"ll ne fallait pas non plus que je fasse n'importe quoi avec David, que je respecte la personne et et l'entraîneur qu'il est. Je me suis donc accordé une période d'observation durant la trêve. Et elle ne pouvait pas être d'une ou deux semaines", s'était-il expliqué.
Autre preuve de son intransigeance : alors que Troyes est dirigé par le City Group, il écarte le directeur de performance installé par le holding cityzen. "Ça a été un sujet délicat parce que parce que le City Group avait nommé quelqu'un, il fallait respecter ça, il fallait lui donner du temps. Mais le temps a fait qu'on a pu constater qu'indépendamment de la bonne personne qu'il est, il ne correspondait pas au rôle de directeur de performance comme je le voyais. Le City Group l'a entendu, l'a accepté et m'a laissé acter dans ce sens". Si la nomination d'Antoine Sibierski se confirme, Jérémy Taravel devra donc se montrer convaincant.