Un fameux clin d'oeil à Thibaut Courtois : la Pro League a assisté aux débuts d'un phénomène
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Lucca Brughmans a effectué ses grands débuts avec l'équipe première de Genk. Un nom dont on risque bien d'encore entendre dans les prochaines années.
La semaine dernière a offert un beau clin d'oeil au football belge en ce qui concerne ses gardiens : le lendemain de l'annonce de la retraite de Simon Mignolet en fin de saison, Lucca Brughmans débutait son premier match de D1A avec Genk.
Des débuts très attendus
Du haut de ses 17 ans, le portier du Racing fait déjà parler depuis un petit temps dans le Limbourg. Il faut dire que pour un club disposant d'une telle tradition dans la formation des gardiens, dépenser plus de trois millions pour un dernier rempart aussi peu fiable que Tobias Lawal faisait tâche.
La blessure du gardien le plus cher de l'histoire du Racing a précipité la première de Brughmans entre les perches. Si Nicky Hayen a un temps brouillé les pistes en avançant qu'Hendrik Van Crombrugge pouvait tout aussi bien débuter contre l'Antwerp, sa décision semblait prise.
Déjà convoité par le Bayern Munich l'an dernier, auteur de sorties impressionnantes avec les U23 en D1B, le jeune double-mètre était poussé dans le dos depuis un certain temps déjà. Au Bosuil, il n'a pas déçu, se montrant assez serein malgré le contexte et l'adversité.
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Nicky Hayen s'en montre satisfait : "Il aurait peut-être pu relancer depuis sa surface une ou deux fois de plus. Mais ça viendra. Surtout, nous n'avons pas submergé Lucca de conseils ; il devait simplement faire ce qu'il fait toujours. Il l'a fait à merveille. Son arrêt en début de match lui a immédiatement donné confiance".
Pour sa première, Brughmans n'a pas conservé ses buts inviolés mais n'a rien à se reprocher sur le 1-2 de l'Antwerp : "À part ça, Lucca n'a peut-être pas été mis à rude épreuve, mais il a fait preuve de sérénité. Comme toute la défense. Et c'est important", explique Hayen.
Un nouveau talent précoce
Lawal semble avoir du souci à se faire : "Le choix de Lucca était aussi un choix d'avenir. À la fin de cette saison, des décisions devront être prises en vue de la saison prochaine. C'est le moment idéal pour faire le point sur la situation de chacun", conclut l'entraîneur du Racing.
S'il y a bien un club où le talent n'attend pas le nombre d'années entre les perches, c'est Genk. L'exemple de Thibaut Courtois est le premier cité pour le rappeler, Maarten Vandevoordt a aussi été lancé dans le grand bain avant sa majorité, tandis que Mike Penders était transféré à Chelsea pour 20 millions dans la foulée de son premier match en D1A.
"Aujourd'hui, ce n'est plus une question d'âge, mais de préparation mentale. Et Brughmans est manifestement prêt. Il était donc grand temps de changer. En tant qu'entraîneur, il faut faire passer les intérêts du club avant ceux des joueurs", confirme László Köteles (qui a lui-même été témoin de l'éclosion de Courtois) dans Het Belang van Limburg.
Autour du club, la comparaison avec les débuts de l'actuel gardien des Diables Rouges et du Real Madrid est déjà bien présente. Si Köteles appelle au calme pour ne pas mettre plus de pression que nécessaire sur Brughmans, le principal intéressé ne semble pas impressionné. Au-delà des débuts au même âge que son illustre aîné, il a également fait le choix de porter le même numéro que Courtois à ses débuts. "C'est un héritage qu'il faut perpétuer", rigole-t-il.
Autre clin d'oeil du destin, faire ses débuts en première division au Bosuil n'était pas anodin : "Je suis d'ici. L'Antwerp a été mon premier grand club quand j'avais 9 ou 10 ans. Après un an, je suis parti au PSV. Mais c'est agréable de faire mes débuts ici".
Le garçon est également suivi par la RDC pour ses origines congolaises. Son nom complet est d'ailleurs Lucca Kiaba Mounganga Brughmans. Mais le phénomène du Racing a toujours vécu en Belgique et en a toujours porté le maillot. En novembre dernier, il était même le capitaine de nos U17 à la Coupe du Monde. Une âme de leader que la D1A s'apprête désormais à découvrir.