"J'étais prêt" : comment Anderlecht a jeté des millions par la fenêtre avec la trouvaille de Kompany
Photonews
Ilay Camara retrouve des couleurs à Anderlecht. Lorsqu'il aura retrouvé l'ensemble de ses moyens physiques, il sera un véritable atout.
Contre le Club de Bruges, Ilay Camara a goûté à sa deuxième titularisation consécutive. Après avoir été blessé pendant un mois, c'est une petite délivrance pour celui dont la première partie de saison avait déjà été freinée par plusieurs pépins physiques.
Il faut dire que pendant un match, celui qui vise la Coupe du Monde avec le Sénégal ne s'épargne pas, tant en matière d'explosivité que d'endurance : "Si je joue un match entier, je frôle les 13 kilomètres. Mes courses à haute intensité sont énormes, je tourne entre 1 700 et 1 800 mètres. Et je dépasse les 500 mètres de sprint par match. Ce sont des stats de Premier League, un championnat dont je rêve", explique-t-il à La Dernière Heure.
Du côté d'Anderlecht, Camara a retrouvé Jérémy Taravel, qu'il avait connu comme adjoint d'Ivan Leko au Standard. Mais son rôle sur le terrain et la configuration tactique sont différentes. Ne serait-ce déjà parce que le Sporting joue avec une défense à trois et se veut plus offensif que le Standard à la sauce Leko, où Camara était l'une des menaces les plus importantes depuis son flanc.
" Au Standard, on me disait : 'Ilay, fais ton truc en attaque. Défendre importe moins, il y a quatre autres qui peuvent fermer la boutique derrière toi'. Mais il est clair que je préfère attaquer que défendre", confirme-t-il.
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Une adaptabilité qui s'explique : quand le jeune Ilay Camara a rejoint Anderlecht pour la première fois à l'âge de 16 ans, il était milieu de terrain, après avoir évolué comme numéro dix. C'est Vincent Kompany qui l'a installé comme l'arrière latéral, pour lui permettre de se déporter vers le milieu. Camara est resté à ce poste mais n'a pas réussi à intégrer l'équipe première pour autant.
Anderlecht a jeté de l'argent par les fenêtres
"Je sentais que je n'avais aucune chance. J'avais déjà 20 ans et je m'entraînais durant l'été avec le noyau A de Brian Riemer. Quand j'ai eu une petite blessure de deux à trois semaines, ils m'ont renvoyé chez les U21 en me disant que je devais rester avec eux. J'ai vécu une période très difficile à Anderlecht", se souvient-il.
Une période d'autant plus frustrante que le joueur était sûr de ses qualités et de ce qu'il pouvait apporter.
"Je sentais que j'étais prêt pour l'équipe A. J'en suis à 100 % certain. Aux entraînements avec les Futures, je sentais que je dépassais leur niveau. Qu'est-ce que j'aurais gagné à rester ? J'aurais stagné. J'avais demandé qu'on me laisse partir".
Ilay Camara a donc quitté le Sporting pour signer au RWDM sans avoir disputé le moindre match officiel en équipe première. Avec le pourcentage de 20% à la revente négocié par la direction, Anderlecht a tout de même touché un peu d'argent sur le transfert à 1,8 million d'euros du joueur au Standard. Mais le faire revenir pour 4,50 briques l'été dernier a tout de même illustré les quelques failles dans la vision à long terme du projet.