"Cela m'a sans doute coûté ma carrière au Standard" : quand Roland Duchâtelet imposait un joueur à Rednic

© photonews

Formé puis révélé au Standard pendant 14 ans, Anthony Moris a tout vécu en bords de Meuse. Mais certaines scènes vécues avec Roland Duchatelet le surprennent encore rien qu'à leur simple évocation.

Arrivé au Standard en provenance d'Habay-la-Neuve alors qu'il n'avait que dix ans, Anthony Moris a gravi les échelons les uns après les autres, jusqu'à se frayer un chemin dans le noyau A. Après ses prestations lors de son entrée dans l'équipe suite à la blessure de Sinan Bolat en fin de saison 2011/2012, la place de titulaire pour le prochain exercice lui avait été promise.

Sauf qu'à l'intersaison, le Standard a transféré Elji Kawashima. Auteur de plusieurs arrêts réflexes sur sa ligne, l'ancien gardien du Lierse était tout sauf rassurant dans le trafic aérien. Les critiques contre lui étaient de plus en plus fortes. Au cours de la saison, les supporters ont d'ailleurs exprimé leur mécontement, voyant un jeune du cru barré par un gardien loin d'être irréprochable. "Kawa - Moris : on a fait notre choix", avaient-ils écrit sur leur banderole.

Les dés pipés dès le début 

En fin de saison, la pression sur Mircea Rednic était de plus en plus forte pour qu'il aligne Moris dans les buts. L'actuel portier d'Al-Khaleej pensait pouvoir jouer le barrage européen contre Gand. "Nous sommes partis en mise au vert. Rednic n'a rien dit, ni à Kawashima ni à moi. A trois heures du coup d'envoi, il est venu me trouver pour me dire qu'il ne pouvait pas m'aligner, bien qu'il ait tout essayé", se souvient l'international luxembourgeois dans son livre 'Le gardien de mes rêves'.

Rednic avait reçu un coup de fil de Roland Duchâtelet l'obligeant à aligner Kawashima car une délégation japonaise allait débarquer à Gand pour le voir jouer puis partager un repas avec lui et visiter Liège dans la foulée.

La réalite du foot business

"Cela prouve que ce transfert était davantage basé sur le business que sur des critères sportifs. Je dois bien avouer que, en colère et frustré, j'ai mal réagi. Cela m'a sans doute coûté la suite de ma carrière au Standard", grimace Moris.

{READALSO}

L'arrivée de Yoann Thuram l'a ensuite encore un peu plus fait reculer dans la hierarchie. Moris a donc été prêté pour six mois à Saint-Trond, alors en D1B et coaché par Yannick Ferrera. De quoi lui valoir une nouvelle scène inattendue avec Roland Duchâtelet.

"Alors qu'il était occupé à m'expliquer pourquoi je ferais bien d'aller à Saint-Trond, il a sorti sa boîte à tartines et a commencé à manger devant moi. Je n'en revenais pas que le président du Standard m'impose un tel spectacle", explique Moris. Mais ce n'était que le début.

"Le plus hallucinant, c'est quand il m'a dit qu'il avait réfléchi pour moi. "En D2, les attaquants sont moins forts, ils tirent moins fort et sont moins précis, tu auras donc plus de chances d'arrêter les ballons et de te mettre à nouveau en évidence". Jamais je n'ai entendu un tel manque de respect pour les joueurs de deuxième division", s'indigne-t-il. Un an plus tard, le Standard et Anthony Moris se séparaient d'un commun accord.

Plus de news