Le MVP Roman Ferber et le Liégeois Sami El Anabi promus, champions et en C1 : "Ce sera David contre Goliath"
© Walfoot.be
En troisième division il y a deux ans, l’Atert Bissen a remporté la D1 luxembourgeoise contre toute attente. Pour en parler, Sami El Anabi et Roman Ferber, meilleur buteur et joueur de la saison.
Chez nos voisins luxembourgeois, c'est un véritable exploit qu'a réalisé le FC Atert Bissen. Encore en troisième division il y a deux ans et en deuxième division l'année dernière, l'ancien club amateur qui n'avait encore jamais connu l'élite a remporté la BGL Ligue pour la toute première fois de son histoire, au nez et à la barbe de Differdange.
Le promu champion, comme Kaiserslautern et Ludogorets
Le club de la localité de 3.500 habitants a battu son rival pour le titre lors du dernier match (1-0) et a terminé le championnat à égalité de points (65), mais avec une meilleure différence de buts (+43 contre +41).
Il est devenu le deuxième club européen (avec le FC Thoune en Suisse cette année également) à remporter la première division de son pays en étant promu au XXIe siècle, après Ludogorets (Bulgarie) en 2011 et le début de l'hégémonie (14 titres consécutifs) sous la houlette du richissime Kiril Domuschiev. Kaiserslautern avait aussi réussi l'exploit en Allemagne (champion de D2 en 1997, puis de D1 en 1998).
"On avait gagné deux fois 0-5 lors des trois matchs précédents, et on savait que c'était nécessaire pour s'offrir une finale lors du dernier match. On avait atteint l'objectif fixé en janvier, qui était d'atteindre le top 3, et on a préparé sereinement cette finale comme tous les autres matchs de la saison", nous raconte Sami El Anabi, Liégeois de naissance qui aura pris part à ce sacre avec une quinzaine de rencontres disputées.
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Roman Ferber, meilleur buteur et meilleur joueur
Une finale remportée donc sur le plus petit des écarts grâce au seul but du jeune luxembourgeois Louis Marasi... et non de Roman Ferber, l'autre Belge de cette équipe, qui a terminé la saison en qualité de meilleur buteur (21 buts, 9 assists en 22 matchs) et de meilleur joueur. L'ancien de Charleroi et de l'Union, entre autres, a réalisé la saison parfaite.
"Je suis très content d'avoir amené ma pierre à l'édifice. Quand tu recrutes un joueur à l'étranger (il évoluait à l'Olympic Charleroi la saison dernière, ndlr.), tu ne sais jamais vraiment comment ça va fonctionner. Je suis très satisfait de mes performances. Je savais ce que je pouvais apporter, mais c'est autre chose de le faire", nous sourit l'attaquant de 32 ans, qui a remporté un championnat de première division pour la première fois de sa carrière.
"C'est l'apothéose, après autant de semaines et de mois à chasser les équipes devant nous. Au coup de sifflet final, on se dit qu'on a réussi notre objectif qu'on avait pourtant changé en cours de saison, et c'est ça la beauté du football."
Complètement changé, même. Promu, Bissen espérait assurer son avenir le plus rapidement possible. Deuxième à la trêve, c'est une place sur le podium final, synonyme de qualification européenne, qui était visée. Ce n'est que dans les dernières semaines que l'Atert s'est véritablement mis à rêver du sacre.
Sami El Anabi, exemplaire malgré un temps de jeu plus réduit
Un sacre permis grâce à des joueurs performants, bien sûr, dont Roman Ferber. Mais aussi grâce à un groupe soudé, nous dit-on, où les remplaçants ont continué à se donner à 200 % au service de l'équipe. Membre de la rotation avec 25 % du temps de jeu total, Sami El Anabi en est le parfait exemple.
"Même si tout joueur espère jouer tous les matchs et que ce n'était pas mon cas, je reste satisfait de ma saison. L'entraîneur a fait ses choix et j'étais là aussi pour apporter de la concurrence. Le groupe est passé avant tout, il n'y a pas eu d'égo qui a pris le dessus et j'ai tenté d'apporter une mentalité professionnelle dans le groupe."
"Tu peux avoir onze bons joueurs, mais si tu n'as pas un top groupe, ça ne va pas. Chez nous, il y avait 22 ou 23 joueurs qui ne baissaient pas la qualité de l'équipe lorsqu'ils montaient sur la pelouse. Cela ne s'est pas vu quand il y a eu des absents et qu'il a dû y avoir des changements, et c'est ce qui a fait notre force", témoigne le défenseur central de 25 ans passé par les centres de formation du Standard et de Virton, puis parti dans les championnats bulgare, marocain, maltais et indonésien.
Et Roman Ferber d'acquiescer. "Sami, c'est quelqu'un que tous les entraîneurs voudraient. Il ne ment pas, ne triche pas, a une mentalité irréprochable, travaille pour tous les joueurs et apporte de la bonne humeur quotidienne. C'est un joueur exemplaire, avec lequel tu as envie de passer du temps. Il a eu moins de temps de jeu qu'il ne l'espérait, mais il a toujours su répondre présent. C'est le genre de joueur que j'aime, car peu importe où et quand, on peut le mettre sur le terrain les yeux fermés et lui faire confiance."
La découverte des préliminaires de la Ligue des Champions
Un bel hommage du meilleur joueur du championnat luxembourgeois qui, à 33 ans (il fêtera son anniversaire ce 29 mai), va disputer les tours préliminaires de la Ligue des champions après avoir joué ceux de l'Europa League avec le Sporting Charleroi en 2015.
"Certains diront que ce ne sont que des préliminaires, mais j'ai eu l'occasion d'évoluer avec bon nombre de joueurs, et très peu ont eu la chance d'en disputer. Plus on vieillit et plus l'étau se resserre, ce sera donc une chance de pouvoir jouer un barrage de Ligue des champions, même si ce sera David contre Goliath."
C'est le moins que l'on puisse écrire pour Bissen, qui débutera donc son aventure au premier tour préliminaire, tout comme les Shamrock Rovers, KuPS ou Drita. La route s'élèverait évidemment en cas de qualification. "Il est pratiquement impensable de voir un club du Luxembourg se qualifier pour la phase de ligue", prévient Roman Ferber.
"Je pense que l'objectif le plus réaliste est d'essayer de passer un tour en Europa League puis de jouer une belle finale lors du dernier tour préliminaire de la Conference League", tempère l'attaquant expérimenté qui espère, naturellement, que Bissen pourra défendre fièrement sa couronne la saison prochaine, mais qui demeure conscient que lui et ses coéquipiers ne débuteront pas le championnat avec le même statut que cette année.