Qui a dit que les Belges n'aimaient pas les Français ? Rudi Garcia s'est mis tout le monde dans la poche

Quand Rudi Garcia a été nommé sélectionneur des Diables Rouges, des doutes entouraient ce choix de la fédération. Le Français est peut-être l'un des grands gagnants des derniers mois.

Un Français, après un Germano-Italien et un Espagnol ? Quand Rudi Garcia a été désigné sélectionneur des Diables Rouges, certaines voix se sont élevées, certains sourcils se sont haussés. N'était-il pas temps d'opter pour un coach belge (généralement, à la question : lequel ? Les réponses étaient au mieux vagues ou irréalistes) ? Le fait que Garcia soit français, cette nation avec laquelle les supporters belges ont une relation d'amour-haine où la part de haine a un peu pris le dessus sur l'autre depuis 2018, n'arrangeait probablement rien. 

Un an et demi plus tard, il faut le reconnaître : Garcia s'est mis tout le monde dans la poche. Pas toujours en termes de fond de jeu : la campagne de qualification a été un peu chaotique, certes "pourrie" par l'absence de Romelu Lukaku et les difficultés pour ses successeurs désignés (Openda en tête) d'assumer ce rôle. Se qualifier lors de la toute dernière journée, sans prétendre qu'on ait tremblé non plus, était indigne du statut des Diables. Garcia avait passé les examens préliminaires, mais pas avec la plus grande distinction. 

La communication de Rudi Garcia est impeccable 

Non, si Garcia a séduit le public et, nous devons bien le reconnaître, la presse (des deux côtés du pays), c'est grâce à sa communication. Finis, les ronds de jambes de Roberto Martinez, qui maîtrisait parfaitement l'art de ne rien, absolument rien dire en conférence de presse. Rudi Garcia est un fin communicant, oui, mais il explique clairement et longuement ses choix (le fait que ce soit dans sa langue maternelle aide beaucoup). Comme quand il a justifié sa décision, peut-être, la plus polémique : celle de se passer de Mika Godts. 

Une décision qui aurait pu être son "cas Nainggolan" à lui, mais les explications de Garcia avaient du sens, et ont été globalement acceptées. Il y a toujours des esprits chagrins pour regretter l'absence de l'Ajacide (et le joueur lui-même n'a pas caché sa déception), mais qui y pense encore après ces deux matchs de préparation très réussis ? Personne, et pas nous à part pour les besoins de cet article. 

Rudi Garcia sait remettre les pieds sur terre à tout le monde 

Tacler le manque d'implication de ses joueurs à l'entraînement après une... victoire 5-0, voilà aussi le genre de choses qui impressionne. Garcia est exigeant, et les supporters aiment ça. Avec bienveillance et toute son expérience (celle qui faisait tellement défaut à Domenico Tedesco dans sa communication que ce dernier, très sympathique au demeurant, était souvent accompagné d'un conseiller), Garcia est capable de remettre les pieds sur terre à tout le monde.

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À son groupe, à "ses" supporters, mais aussi à la presse par moments, avec laquelle il aime créer une sensation de complicité. Une sensation seulement car, bien sûr, on le sait : tout ça est du professionnalisme. Mais il suffit aussi de voir sa vidéo avec Laure Boulleau, qu'il connaît bien, dans les coulisses de Tubize pour comprendre que ce n'est pas qu'une façade et qu'avec son groupe aussi, Garcia est rapidement parvenu à créer du lien. 

Tout ça ne signifiera pas grand chose si les Diables Rouges font piètre figure à la Coupe du Monde 2026 et prennent la porte, disons, dès les 8e de finale face à une nation moins bien classée. Le juge de paix sera ce premier grand tournoi pour Rudi Garcia qui, on l'oublie presque, est un coach vétéran... mais un "jeune" sélectionneur. C'est toutefois son expérience qui lui a jusqu'ici permis de parfaitement gérer l'approche du Mondial et d'installer l'ambiance la plus détendue et positive qu'on ait constaté en sélection depuis 2018. Il va maintenant falloir transformer l'essai sur le terrain...

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