Le même constat qu’en 2018 : un élément majeur manque à la Belgique pour atteindre le Graal

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Pour aller jusqu'au bout dans un grand tournoi, la Belgique a souvent manqué d'un joueur capable de renverser un match presque à lui seul. Chez les Diables Rouges version 2026, ce "facteur X" devrait se nommer Jérémy Doku, qui n'a toutefois pas encore atteint ce niveau d'excellence.

Les (bientôt) douze millions de sélectionneurs que nous sommes y vont de leur propre analyse après le partage, assez décevant, de la Belgique face à l'Égypte lors de son entrée en lice à la Coupe du monde 2026.

Une petite contre-performance dont les responsables se trouvent en défense selon certains, au milieu de terrain selon d'autres, tandis que plusieurs pointent les problèmes sur les ailes et au poste d'attaquant de pointe. Les plus pessimistes, eux, ont vu le mal partout, et très peu de points positifs.

La vérité n'est évidemment pas celle-là, mais cette analyse (très) rapide montre toute la complexité du travail de Rudi Garcia et du staff des Diables rouges après cette première journée, et avant les deux suivantes. Qui remplacer ? Comment le faire sans déséquilibrer toute l'équipe ? Nous laisserons ces questions à des entraîneurs qualifiés, ce que nous ne sommes pas.

La Belgique manque d'un "game changer"

En revanche, un autre élément d'analyse peut entrer en ligne de compte pour expliquer les difficultés de la Belgique dans chacune de ses entrées en lice dans un grand tournoi. Dans une rencontre emplie de stress avec, comme ce lundi, des joueurs qui disputaient leur tout premier match de Coupe du monde, les Diables manquent d'un joueur capable d'inscrire un but presque tout seul, et de changer toute la dynamique d'un match.

Ce genre de joueurs ne se trouve pas au coin de la rue, évidemment, et représente l'élite du football mondial. Mais c'est finalement ce qu'il a toujours manqué à ces Diables Rouges, y compris à la génération dorée. Oui, Eden Hazard avait été virevoltant contre le Brésil et la France en 2018, par exemple. Mais il n'a jamais vraiment eu cet éclair de génie dans un grand match, souvent dénué de toute tactique et réflexion footballistique, le faisant dribbler trois hommes et marquer.

On repense ici, par exemple, à la gigantesque "patate" de Radja Nainggolan en 2016 contre le Pays de Galles pour ouvrir le score. Un geste inné pouvant faire basculer le cours d'un match. Cette fois-là, les Diables s'étaient cependant effondrés après cette ouverture du score, sans qu'aujourd'hui encore, on ne comprenne pourquoi. Mais la différence avait été faite, sans faire le siège devant le rectangle pendant une heure.

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Une différence majeure entre les Diables et les autres grandes nations

Ces joueurs sont ceux qui peuvent faire passer une équipe de "très bonne" au sommet du football mondial. Prenons l'exemple français. Kylian Mbappé en 2018, puis en 2022 contre l'Argentine, par exemple. Des performances individuelles aussi virevoltantes que celles d'Eden dans son âge d'or, mais avec des buts dignes d'un quart de finale ou d'une finale de Coupe du monde, sur un éclair de génie. Des buts de meilleur joueur du monde.

Dans ses rangs, la France (Mbappé) a donc ce type de joueurs. L'Espagne (Lamine Yamal) aussi, et l'Euro 2024 le rappelle. Le Brésil (Vinícius Jr.) aussi. Faut-il vraiment citer l'Argentine de Lionel Messi, auteur d'un nouveau triplé cette nuit ? C'est par contre ce qu'il a parfois manqué à l'Angleterre ces dernières années, notamment en finale du dernier championnat d'Europe, mais aussi à la Belgique, donc.

Chez les Diables, ce joueur pourrait se nommer Jérémy Doku. Capable de dribbler plusieurs défenseurs avant de marquer, le joueur de Manchester City ne parvient toutefois pas encore à reproduire ces actions de génie en équipe nationale. Une action qui irait tout droit dans l'histoire de la Coupe du monde, dans un très grand match... ou quand son équipe se retrouve dans une situation délicate, comme face à l'Égypte.

Privée de Lamine Yamal, l'Espagne a prouvé l'importance d'un tel profil

Si certains sont persuadés du contraire, la Belgique n'est pas véritablement à des années-lumière des grands favoris du Mondial, et certaines sélections (Danemark en 1992, Grèce en 2004, Portugal en 2016 malgré Cristiano Ronaldo) ont déjà remporté de grands trophées avec de moins belles équipes sur le papier. Mais il lui manque ce joueur de différences pour passer dans une autre galaxie.

Signe de l'importance d'un tel profil, regardez une Espagne supérieure, mais sans idée dans le dernier geste, galérer et partager l'enjeu contre le Cap-Vert. Un Lamine Yamal aurait pu, presque tout seul, planter deux buts et libérer tout le monde s'il avait commencé le match à son meilleur niveau physique. Voilà ce qu'il manque encore à un Jérémy Doku pour entrer définitivement dans le débat du Ballon d'Or, lui qui voudrait "en faire un fait plutôt qu'un avis".

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