Gianni Infantino s'avoue vaincu et abandonne son projet très polémique
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Sa position n'était plus tenable. Face à la levée de boucliers généralisée qu'a provoqué sa proposition d'ouvrir la Coupe du Monde à des investisseurs privés, le président de la FIFA Gianni Infantino a fait machine arrière.
C'est peut-être la première fêlure dans l'armure de Gianni Infantino, qui apparaissait jusqu'ici intouchable à la tête de la FIFA, et se sentait tout permis au point d'enchaîner les déclarations et les prises de position lunaires. Mais la "proposition" lancée par le président de la FIFA de créer une société, la FIFA Forward Entreprise (FFE), ouverte aux investisseurs privés et qui devrait permettre de lever près de 4,1 milliards de dollars (officiellement pour "aider au développement du football à travers le monde") a été celle de trop.
Cette proposition, qui aurait concrètement mis la Coupe du Monde en vente aux investisseurs les plus offrants, a créé une levée de boucliers inédite. Bien vite, l'UEFA et ses 55 fédérations membres ont fait front et annoncé boycotter les compétitions de la FIFA jusqu'à nouvel ordre. La confédération européenne, en conflit ouvert avec Infantino depuis la dernière Coupe du Monde, a été rejointe par l'AFC et la CONCACAF dans cette prise de position.
Même les proches du président de la FIFA s'étaient dits surpris de cette proposition : Carlos Cordeiro, son fidèle bras droit, n'avait pas été tenu au courant et avait annoncé sa démission dans la foulée.
La famille Trump se retire du projet, Infantino fait machine arrière
Face à ce front commun, Gianni Infantino a annoncé faire machine arrière ce samedi. "Après avoir écouté attentivement tous les points de vue, il est devenu clair que le projet a créé des divisions (...) qui ne sont plus dans l'intérêt de l'objectif initial", a-t-il reconnu dans un communiqué officiel. "Notre but a toujours été, et sera toujours, d'unir et de progresser. La proposition ne sera donc pas retenue", a annoncé le dirigeant.
L'un des points les plus polémiques du projet d'Infantino était l'influence évidente du clan Trump : le fonds d'investissement Thrive Eternal, propriété de Joshua Kushner, frère du gendre de Donald Trump, faisait partie des investisseurs majeurs évoqués pour la FFE. Face aux critiques, Kushner s'était cependant retiré du projet, ce qui a également contribué à la décision du président de la FIFA de faire machine arrière.
Cette première grande défaite pour Gianni Infantino pourrait en appeler d'autres. En mars 2027, le prochain Congrès de la FIFA se tiendra à Rabat, et l'Italien était jusqu'ici le favori absolu à sa propre succession ; sa position apparaît désormais fragilisée, et il n'est pas exclu qu'une confédération mette en avant un candidat et appelle à une passation de pouvoir.