Guerre ouverte entre Gianni Infantino et l'UEFA, qui menace le président de la FIFA de poursuites judiciaires
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Même si Gianni Infantino a fait machine arrière concernant son projet d'ouverture de la Coupe du Monde à des investisseurs privés, l'UEFA ne compte pas passer l'éponge. L'instance européenne du football envisagerait des poursuites judiciaires.
L'UEFA et la FIFA semblent désormais à couteaux tirés. L'inimitié entre le président de l'UEFA, Aleksander Ceferin, et celui de la FIFA, Gianni Infantino, ne date pas d'hier. Durant la Coupe du Monde 2026, déjà, l'UEFA avait réagi vivement à la polémique entourant Folarin Balogun, et Aleksander Ceferin avait ouvertement boycotté la finale du tournoi en raison de cette ingérence politique évidente de Donald Trump dans les affaires de la FIFA.
Cette fracture, qui avait également été rendue visible par la décision de l'UEFA d'offrir à l'arbitre somalien Omar Artan la direction de la Supercoupe d'Europe après qu'il ait été interdit de séjour aux USA et avait donc dû déclarer forfait pour la Coupe du Monde, paraît irréversible. C'est encore plus évident depuis que Gianni Infantino a dévoilé son projet très polémique d'ouverture de la Coupe du Monde à des investisseurs privés.
Ce projet, nommé FIFA Forward Entreprise par Gianni Infantino, avait pris tout le monde de court et mené à une véritable levée de boucliers. L'UEFA, en premier, avait réagi avec une prise de position très forte : la confédération européenne et ses 55 pays membres avaient annoncé un boycott de toutes les compétitions de la FIFA si Infantino continuait dans cette voie.
L'UEFA menace la FIFA de poursuites judiciaires
Face à cette fronde, à laquelle s'étaient joints l'AFC (confédération asiatique) mais aussi, de façon plus surprenante, la CONCACAF (et donc, la fédération étatsunienne de football), a forcé Gianni Infantino à faire machine arrière. Mais ça ne suffit pas aux yeux de l'UEFA qui, selon The Telegraph, envisagerait désormais des poursuites judiciaires à l'encontre de Gianni Infantino et d'autres acteurs impliqués dans le projet FIFA Forward Entreprise, dont Joshua Kushner et la banque JP Morgan.
Dans un document que le média anglais a eu l'occasion de se procurer, on peut ainsi lire que l'UEFA "envisage sérieusement d’engager des poursuites judiciaires, une procédure d’arbitrage et/ou de déposer des plaintes auprès des autorités de régulation découlant de et en lien avec le plan de la FFE proposé par la FIFA".
L'instance européenne craindrait que la FIFA tente, face aux critiques et aux soupçons de conflits d'intérêt (Joshua Kushner, frère du gendre de Donald Trump Jared Kushner, était notamment l'un des investisseurs privés intéressés par la FFE), de faire disparaître les preuves. "Vous et la FIFA êtes tenus de prendre immédiatement des mesures pour identifier, localiser et conserver tous les documents et informations (...) qui se trouvent en votre possession".
Gianni Infantino : démission ou motion de défiance
L'objectif final de l'UEFA est clair : faire tomber Gianni Infantino, à quelques mois d'un congrès de la FIFA prévu en mars 2027 au Maroc et lors duquel l'Italien apparaît comme ultra-favori à sa propre succession, faute de candidats pour lui faire face. L'UEFA aurait ainsi soumis Infantino à un ultimatum clair : démissionner, ou se voir confronté à une motion de défiance, toujours selon le Telegraph.
La confédération européenne a largement les moyens de réclamer cette motion de défiance, puisqu'un tel vote, qui convoquerait une assemblée générale extraordinaire de la FIFA, peut être déclenché avec un cinquième des votes d'états-membres - soit 43 pays. L'UEFA compte 55 membres, tous unis contre Gianni Infantino.
Gianni Infantino sera-t-il destitué ? Rien n'est moins sûr
Mais cela signifie-t-il que Gianni Infantino sera forcé à quitter son poste en cas de motion de défiance ? Pas nécessairement. Les 211 fédérations membres devraient en effet voter en ce sens, et 106 nations devraient voter pour la destitution du président de la FIFA. Si l'UEFA et l'AFC, ensemble, comptent par exemple 143 nations, une opposition au projet de la FFE ne signifie pas un vote pour la destitution du président de la FIFA. La fédération du Qatar, membre de l'AFC, a déjà assuré Infantino de son soutien, et on imagine bien mal l'Arabie Saoudite, qui s'est vue offrir par Infantino l'organisation de la Coupe du Monde 2034, voter contre lui.
La liste des nations plaçant de tels intérêts personnels en priorité dans le cas d'un vote de défiance est longue, et comprend notamment la quasi-intégralité des pays africains, dont de nombreuses fédérations ont déjà publié des communiqués de soutien envers Gianni Infantino. L'ouverture de la Coupe du Monde à 64 équipes, promise par le président de la FIFA, rapporterait en effet énormément d'argent aux pays supplémentaires qualifiés - sans parler des autres "cadeaux", moins officiels, que l'Italien a pu distribuer au fil de ses mandats...