Un Mexique déforcé à quelques mois de son Mondial : ce qu'il faut savoir sur l'adversaire des Diables Rouges
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Dans la nuit de mardi à mercredi, la Belgique défie le Mexique. Un autre pays organisateur de la Coupe du Monde, où le football est bien plus une passion qu'aux USA ou au Canada... mais qui arrivera entouré de doutes.
Quand on parle du Mexique, et ce d'autant plus en Belgique où le souvenir de 1986 est particulièrement fort, on pense bien plus facilement "football" que quand on mentionne les USA et leur soccer. Hôte de deux Coupes du Monde, invité régulier de la phase à élimination directe où il ne lui aura souvent qu'un petit quelque chose pour réaliser un exploit, le Mexique n'a cependant pas de performance référence au Mondial en-dehors des deux quarts de finale obtenus à domicile en 1970 et 1986.
Et alors qu'ils sont cette fois co-organisateurs de la prochaine Coupe du Monde, les Mexicains y arriveront entourés de quelques doutes. Et ce malgré un nouveau titre l'année passée, le deuxième d'affilée et le 13e au total, en Gold Cup - un tournoi qui ne répond trop souvent qu'à une question, à savoir, qui des USA ou du Mexique est le plus en forme à l'instant T.
Un noyau déforcé : Lozano, Gimenez et Alvarez absents
La valeur marchande d'un noyau n'est pas toujours synonyme de réalité sportive, mais elle dit bien souvent quelque chose du potentiel d'un groupe et du standing des équipes pour lesquelles jouent ses cadres. Et surtout : quand il y a... près de 200 millions d'écart de valeur estimée entre deux équipes, c'est loin d'être anodin.
Or, c'est bien la différence entre la valeur estimée du noyau des USA pour ces matchs amicaux (356,7 millions selon Transfermarkt) et celle du noyau du Mexique (165,8 millions). Le joueur le plus "cher" du Mexique ? Armando Gonzalez, jeune attaquant du Chivas Guadalajara auteur de 12 buts en 17 matchs cette saison et peu connu en Europe. Il est évalué à 15 millions d'euros. C'est la moitié de Folarin Balogun, Malik Tillman et Weston McKennie - et moins du tiers de Christian Pulisic (évalué à 50 millions).
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Bien sûr, le Tri est privé de plusieurs stars durant cette trêve internationale : Hirving Lozano (ex-Napoli) et Santiago Gimenez (AC Milan) sont absents, et seraient des titulaires indiscutables. Même chose pour le pilier du milieu de terrain Edson Alvarez (Fenerbahçe), blessé mais bientôt de retour.
Rêver en 2026 à la maison ?
Mais l'ère des Javier Hernandez, Rafael Marquez et Andrès Guardado semble bel et bien terminée, et ce déclin était déjà entamé en 2022. Cette année-là, pour la première fois depuis 1978 (!), le Mexique n'est pas sorti des poules d'une Coupe du Monde. Un petit séisme dans un pays qui se rêvait souvent outsider, mais n'aura jamais vécu son parcours de rêve à la belge, à la croate ou à la marocaine.
En 2026, il faudra faire mieux, et ce ne sera pas bien difficile car sortir des poules est bien plus aisé cette année. Malgré un groupe fort serré : le Mexique défiera l'Afrique du Sud de Hugo Broos, la Corée du Sud et la Tchéquie ou le Danemark. Il ne faudra pas trembler, car le public mexicain est exigeant : samedi, les huées sont tombées des tribunes du Stade Azteca rénové lors du 0-0 face au Portugal, pourtant largement supérieur sur papier. Un échec en juin est impensable.
À Chicago aussi, le public sera acquis à la cause mexicaine : "Windy City" accueille la plus large communauté mexicaine des USA en-dehors de l'ouest et des régions frontalières au Mexique. On parle de plus d'1,7 million de Mexicains et Mexicains-Américains, qui n'auront donc aucun mal à garnir le Soldier Field de Chicago mardi. Mais qui prendraient fort mal une gifle comme celle infligée par les Diables aux Etats-Unis...