Les binationaux tournant le dos aux Diables Rouges nous manqu(erai)ent-ils ? On fait le point
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Depuis que la rumeur d'un choix de Jorthy Mokio en faveur de la République Démocratique du Congo après avoir porté le maillot des Diables Rouges a jailli, le sujet des binationaux est - une nouvelle fois - au centre des débats. Mais leur choix a-t-il tant d'importance ?
Choisir une équipe nationale est loin de n'être qu'un "choix du coeur" : de nombreux paramètres rentrent en compte et espérer que les binationaux puissent, dès leur plus jeune âge, être certains à 100% de savoir de quelle nation ils veulent porter les couleurs est utopique. Bien sûr, le coeur a ses raisons... mais la raison, la logique, le calcul froid et l'opportunisme, ne nous leurrons pas, aussi.
Le fait est que la plupart des binationaux ayant opté pour une autre sélection que les Diables Rouges n'auraient, peut-être, jamais vraiment été des éléments importants en équipe nationale belge. Certains, toutefois, nous manqueront peut-être. On fait le point, poste par poste - et en nous tenant aux choix récents plutôt que de revenir, par exemple, sur celui d'un Joris Kayembe, validé il y a longtemps déjà.
Matthieu Epolo
Malgré sa superbe saison, son choix est le plus évident : Epolo n'aurait probablement jamais pu espérer mieux qu'un rôle de n°2 ou n°3 quand on voit la courbe de progression et le potentiel de Mike Penders et Senne Lammens. À l'inverse, la RDC a bien besoin d'un gardien de son niveau.
Ismaël Baouf
On l'oublie un peu trop vite, mais en 2024 encore, Ismaël Baouf était international U20 belge. Il a désormais opté pour le Maroc, et on est curieux de voir sa progression car les défenseurs centraux fiables seront toujours une denrée rare en Belgique. Peut-être une perte mésestimée.
Zakaria El Ouahdi
Le choix d'El Ouahdi en faveur du Maroc est probablement l'un de ceux qui fait le plus mal, a posteriori : le latéral du KRC Genk est de loin le meilleur du championnat, et le poste est loin d'être paré pour l'avenir chez les Diables Rouges. Peut-on encore rêver d'un retournement de situation ? Pas vraiment.
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Jorthy Mokio
Une entrée sous réserve dans cet article, car on doute encore un peu que Mokio ait réellement choisi la RDC. Mais ce serait une grosse perte, impossible de le nier : la polyvalence de l'Ajacide et son talent brut, qu'on espérait voir éclore à Gand et qui avait attiré les regards du Barça, en font l'un des jeunes Diables dont on attend le plus.
Ilay Camara
Récemment, Camara s'est adressé directement à la fédération belge, estimant qu'elle n'avait pas fait assez d'efforts pour le convaincre de ne pas opter pour le Sénégal. Mais la vérité, c'est qu'on ne voit pas vraiment quand Ilay Camara aurait pu prétendre à une sélection avec les Diables Rouges, entre les saisons compliquées de ses clubs (Standard comme Anderlecht) et ses blessures récurrentes...
Noah Sadiki
La concurrence au milieu de terrain chez les Diables Rouges, qui plus est dans son profil, peut faire un peu trop relativiser l'importance de ce choix de Noah Sadiki en faveur de la RDC. Mais dans son cas, une chose est sûre : Sadiki a fait le choix du coeur - au point où sa famille s'engage maintenant... dans la tâche de convaincre d'autres binationaux de privilégier les Léopards. Discutable, mais au vu de sa progression, Noah Sadiki aurait probablement décroché l'une ou l'autre sélection avec la Belgique.
Bilal El Khannouss
Un talent fou qui aurait clairement amené beaucoup aux Diables : la Belgique ne manque pas de profils puissants et dynamiques, mais dispose de peu d'artistes du calibre de Bilal El Khannouss. Cependant, comme pour Sadiki, le choix de l'ex-Genkois en faveur du Maroc a été rapide et franc. On ne peut que l'accepter.
Mario Stroeykens
Son choix a étonné car Stroeykens n'avait jamais vraiment été cité du côté du Congo ni n'en avait parlé lui-même, mais il paraît logique : la carrière de l'Anderlechtois ne décolle pas comme prévu, et la concurrence aux postes offensifs est féroce. Il n'aurait probablement jamais joué un grand rôle pour les Diables Rouges.
Rayane Bounida
Attention, "hot take", comme on dit dans le jargon : le choix de Rayane Bounida en faveur du Maroc ne doit plonger personne dans le désarroi. Pour deux raisons : la première est que ceux qui ont prêté un peu attention ces dernières années n'ont pas été surpris une seule seconde. La deuxième, c'est que Bounida évolue au poste où la Belgique dispose du plus de talent, et n'a même pas encore commencé à crever l'écran en Eredivisie (20 matchs, un but, 4 assists, ce ne sont pas des chiffres de Diable)...
Chemsdine Talbi
La perte de Chemsdine Talbi a surpris, et a été l'une des premières ouvrant les yeux à ceux qui pensaient encore que la Belgique restait aussi attirante que le Maroc après la Coupe du Monde 2022 et la belle performance des Lions de l'Atlas. Il montre de belles choses en Premier League, et aurait probablement décroché l'une ou l'autre cap dans un secteur habituellement concurrentiel mais où les blessures (Fofana) et les accidents de parcours (Duranville, Bakayoko) se sont multipliés...
Konstantinos Karetsas
Encore un exemple de choix assez rapidement assumé et qu'on ne peut qu'accepter. Reste à savoir si Karetsas aurait eu sa place dès 2026 au sein du noyau des Diables Rouges ; comme pour Bounida, la réponse est probablement non. Mais on ne peut pas nier que le désormais international grec est un joueur-frisson, et qu'on aurait préféré le voir évoluer avec la Belgique.