À quelques jours près : le coup de téléphone de Vincent Euvrard qui aurait pu tout changer pour Anthony Moris

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Pour Anthony Moris, le passage de l'Excel Virton à l'Union Saint-Gilloise il y a maintenant six ans aura été un tournant. Sa carrière aurait pourtant pu s'orienter vers une autre destination.

En juillet 2020, quelques mois après le début de pandémie de coronavirus, ils sont cinq à quitter Virton (en plein déboires financiers) pour rejoindre l'Union Saint-Gilloise, affrontée durant la saison en D1B : Anthony Moris, Loïc Lapoussin, Guillaume François, Edisson Jordanov, mais aussi l'entraîneur des gardiens Laurent Deraedt, actuellement en poste au Sporting Charleroi.

La situation était alors très floue à l'Excel, les joueurs n'ont même pas pu toucher le chômage technique qu'ils attendaient suite à l'arrêt forcé de la compétition. Dans ces circonstances, rejoindre le Parc Duden a été une véritable bouée de sauvetage. Pourtant, Anthony Moris devait rejoindre un autre club : Louvain. L'entraîneur d'OHL, un certain Vincent Euvrard, voulait le faire venir à Den Dreef.

Un été dans l'incertitude la plus complète

Mais Virton a beau être au bord du gouffre, sans licence professionnelle, la direction n'entend pas laisser partir ses joueurs. "J'ai expliqué ma situation à Vincent et, tout en condamnant les pratiques illégales de Virton, il m'a assuré que les dirigeants louvanistes feraient tout pour me faire signer". Mais l'Excel se montre infléxible : "Mon agent a négocié avec Louvain et a tenté, en vain, d'entrer en contact avec Virton", se souvient Moris dans son livre 'Le gardien de mes rêves".

La situation est de plus en plus tendue : Virton est la seule équipe à ne pas avoir repris les entraînements et un autre candidat tente sa chance pour Moris. Cette fois, c'est l'Union, qui prend contact avec le gardien luxembourgeois par l'entremise de Felice Mazzù, son nouvel entraîneur : "Persuadé que je prendrais la direction de Louvain, j'ai décliné l'offre". Dans son malheur, Mazzù, qui cherchait un entraîneur des gardiens, repart avec le nom de Laurent Deraedt, conseillé par Moris. Il signera le lendemain.



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Pour Moris, l'incertitude persiste : "Le soir même, on m'appelait pour me dire que Louvain se séparait de Vincent Euvrard et que Marc Brys le remplaçait. Là, j'ai tout de suite su que la porte se refermait". Toujours privé d'entraînement, Anthony Moris se sent coincé en Gaume. Le lendemain, Felice Mazzù le rappelle et lui propose d'entretenir sa forme à l'Union. Le gardien se déplace jusqu'au centre d'entraînement unioniste à Lier en compagnie de Loïc Lapoussin.

"J'y suis allé avec la seule idée de pouvoir m'entretenir physiquement de manière professionnelle pendant trois semaines, tout en précisant à Felice que je visais la D1A et qu'il était hors de question pour moi d'envisager une année supplémentaire en D1B", précise l'ancien espoir du Standard.

L'Union de retour au top avec son clan de Gaumais

Et pourtant, une fois sur place, la magie opère : "J'ai été pris par la bonne ambiance qui régnait aux entraînements. Aussi bizarre que ça puisse paraître, j'ai tout de suite compris que l'Union avait tout pour être un club de D1A". Le travail de sape de Felice Mazzù et quelques entrevues avec la direction font le reste : deux semaines plus tard, Anthony Moris rompt son contrat avec l'Excel, comme plusieurs autres joueurs gaumais, pour signer à l'Union

Moins de cinq ans plus tard, c'est à l'issue d'un ultime dégagement d'Anthony Moris que les Saintr-Gillois sont sacrés champions de Belgique. Avec Guillaume François en pilier du vestiaire et Loïc Lapoussin en guest star des célébrations malgré son départ six mois plus tôt.

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