Peur, loyauté ou conflit d’intérêts ? Roberto Martínez reproduit les mêmes erreurs au Portugal qu’en Belgique
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Il y a des entraîneurs qui prennent facilement des décisions difficiles. Et il y en a d'autres qui préfèrent les éviter. Après le partage 1-1 du Portugal contre la RDC lors du Mondial, Roberto Martinez semble de plus en plus appartenir à cette deuxième catégorie.
L’ancien sélectionneur des Diables Rouges a essuyé une tempête de critiques après la rencontre, parce qu’il a une nouvelle fois refusé de sortir Cristiano Ronaldo. La star portugaise a livré un match anonyme, a très peu pesé sur le jeu et a vu une statistique douloureuse encore s’alourdir : cela fait désormais dix matches qu’il n’a plus marqué dans une grande compétition internationale. Et pourtant, Ronaldo est resté sur le terrain.
L’éléphant dans la pièce
Tout le monde l’a vu. Sauf, semblait-il, Roberto Martinez. Lorsque Gonçalo Ramos est monté au jeu à la 83e minute, quasiment tout le monde s’attendait à voir Ronaldo sortir. Eh bien non. C’est Vitinha qui a fait les frais du changement. Sur la BBC, entre autres, a stupéfaction était difficile à cacher.
"C’est embarrassant pour Roberto Martinez", a lâché sans détour l’ancien international Chris Sutton. "Est-ce qu’on regarde tous un autre match ? Il a peur de sortir Ronaldo."
La critique est dure, mais pas imméritée. Car depuis un moment, ce débat ne concerne plus les qualités de Cristiano Ronaldo. Personne ne peut discuter son statut de légende. Avec 229 sélections et 143 buts, CR7 a empilé les records comme d’autres collectionnent les timbres. Mais une Coupe du monde ne se gagne pas grâce aux performances du passé.
Le Portugal joue pour Ronaldo
Ce qui frappe surtout, c’est la manière avec laquelle le Portugal continue d’adapter son jeu à son capitaine. Là où Ronaldo portait l’équipe autrefois, on a de plus en plus l’impression qu'aujourd’hui, c’est l’inverse. Sutton l’a résumé de manière tranchante : "Avant, c’était le créateur, maintenant c’est le finisseur. Mais pas seulement : il contrôle tout le secteur."
Ce sentiment entoure depuis longtemps la sélection portugaise. Comme si chaque décision tactique devait d’abord passer par le filtre Ronaldo. Comme si personne n’osait vraiment décider de ce qui est le mieux pour l’équipe. Wayne Rooney a relevé les mêmes problèmes. "Je veux voir plus d’énergie. Plus de mouvement. Plus de joueurs qui passent devant Ronaldo. C’était tout simplement une prestation médiocre du Portugal."
Et c’est peut-être là, le cœur du problème. Ronaldo reste un excellent finisseur lorsqu’il est utilisé dans les bonnes conditions. Mais le Portugal ne joue pas actuellement avec dix joueurs de champ et un avant-centre. Il joue avec dix joueurs qui tiennent constamment compte de Cristiano Ronaldo.
Une histoire bien connue en Belgique
Pour les supporters belges, tout cela sonne étrangement familier. Chez les Diables Rouges aussi, Martinez s’est souvent vu reprocher une loyauté excessive envers ses stars. De s’accrocher trop longtemps à des noms qui avaient apporté de grands succès par le passé.
À présent, le même scénario semble se répéter au Portugal. Bien sûr, Cristiano Ronaldo pourrait soudainement marquer contre l’Ouzbékistan. Bien sûr, il pourrait encore entrer dans l’histoire en devenant le premier joueur à marquer lors de six Coupes du monde. Et cela ne surprendrait personne.
Mais la question qui demeure après le Congo est une autre : Roberto Martinez osera-t-il prendre la décision au moment où il le faudra ? Car en Coupe du monde, ce n’est pas l’équipe au plus grand nom qui gagne. C’est celle dont l’entraîneur reste le patron. Mais quand l’entraîneur, en fin de contrat, est annoncé du côté... d’Al-Nassr, où Cristiano Ronaldo occupe une place tout aussi importante, les questions se multiplient, de manière légitime.