Comment Youri Tielemans est devenu Captain America : Vanaken ou De Bruyne en fera les frais

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Youri Tielemans aurait pu passer à côté de sa Coupe du Monde et rester dans l'histoire comme un capitaine "par défaut". Mais après une entame de match compliquée face au Sénégal, il a réagi, et a ensuite livré une vraie masterclass face aux États-Unis.

Nous avons parfois été dur avec Youri Tielemans. Le talent énorme du milieu de terrain d'Aston Villa a cependant à nos yeux trop souvent peiné à se traduire sous le maillot des Diables Rouges. Dans les grands moments, Youri avait une réelle tendance à se rater : on se rappelle de ces ballons perdus en demi-finale de Ligue des Nations face à la France, de cette incapacité à hausser le niveau contre la France et l'Italie dans la campagne suivante de Nations League, mais aussi du bouillon pris pour la première de Rudi Garcia à Murcie.

Les performances références de Tielemans en sélection restaient un doublé en amical contre l'Angleterre, et une très belle partition face à la Roumanie lors du deuxième match de l'Euro 2024. Insuffisant pour un joueur dont on attendait qu'il soit le leader technique de la génération "post-dorée", un statut que Rudi Garcia lui a reconnu en lui attribuant le brassard de capitaine. Un peu à la surprise générale, car en plus d'être sur courant alternatif en sélection, Youri a une personnalité qui paraît peu coller à celle d'un capitaine.

Tielemans a répondu présent 

Bref : en arrivant à cette Coupe du Monde 2026, et sur la lancée de qualifications plutôt réussies (un but et un assist face au Pays de Galles dans LE match de la campagne), Youri Tielemans avait la pression. Et sous pression, il avait jusqu'ici tendance à baisser la tête plutôt qu'à la relever. Visiblement, quelques saisons de haut vol avec Aston Villa, couronnées d'un titre européen en mai dernier, ont tout changé.

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Si les Diables Rouges ont très mal entamé leur tournoi, Tielemans parvenait quant à lui à éviter de prendre le bouillon (nous lui avions attribué la note de 5 contre l'Egypte puis de 5,5 contre l'Iran). Au micro, il avait l'attitude qu'on attend d'un capitaine : rassurant, rassembleur et parfait pour venir mettre du calme dans la baraque au lendemain de Belgique-Iran. La presse déteste ça, les sélectionneurs et le vestiaire adorent. 

Puis, l'erreur. Mis en confiance par un Nouvelle-Zélande - Belgique trompeur, Rudi Garcia croit qu'il peut remettre un entrejeu sans vrai milieu défensif face au Sénégal, à charge pour Tielemans de s'occuper du travail défensif. Le résultat : un naufrage pendant une bonne partie du match, sans grande surprise pour les sceptiques comme nous, jamais convaincus par ses matchs en 6 avec les Diables. Mais quand Garcia a décidé de réagir, rééquilibrant l'équipe, tout a changé : avec Nicolas Raskin derrière lui, Tielemans a relevé la tête. Marqué un but, puis pris ses responsabilités en transformant le penalty décisif. 

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Captain America n'est pas la grande gueule des Avengers...

Cela ne devait pas faire oublier la cinquantaine de minutes dramatique vécue par le capitaine, et face aux USA, Garcia rectifiait logiquement : cette fois, derrière Tielemans, non pas un, mais deux médians défensifs. Une tactique bousculée par la sortie d'Onana après vingt minutes mais peu importe : tout ce qui compte est que Tielemans ne soit pas le seul garant du travail défensif. À Anderlecht, il atteignait son meilleur niveau grâce au déménageur Dendoncker à ses côtés. Ici, c'est Nicolas Raskin. Si Youri Tielemans est Captain America, Raskin est son Thor ou son Hulk. 

Et c'est bien en Captain America qu'est en train de se transformer Tielemans, sur et en-dehors du terrain. Loin d'être le plus flamboyant ou le plus "grande gueule" des héros Marvel, Captain America est le ciment qui lie les Avengers - un surnom qu'on pourrait donner aux anciens, Courtois, Lukaku et De Bruyne, et à la nouvelle star Jeremy Doku. Et face aux USA, Youri a prouvé que quand il est aligné à son meilleur poste et qu'il peut laisser parler son football, il peut se hisser au niveau des monuments qui l'ont précédé. 

La mauvaise nouvelle est cependant pour Hans Vanaken... ou pour Kevin De Bruyne. Car pour que Tielemans évolue à ce niveau, il faut nécessairement qu'un milieu plus créatif cède sa place à Nicolas Raskin. Si l'absence de KDB face aux USA était bel et bien liée au physique, c'est Vanaken qui en fera donc les frais. Réponse vendredi, mais on serait très surpris que Youri Tielemans soit replacé plus bas sur l'échiquier.

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