"De la traite d'être humain" : le témoignage bouleversant sur l'arrivée de Chancel Mbemba à Anderlecht
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Il y a quinze ans, Chancel Mbemba débarquait à Anderlecht en provenance du Congo. Déjà à l'époque, la vraie date de naissance du joueur faisait débat. Romain Molina est revenu sur son enquête et n'est pas tendre avec Anderlecht, déplorant les agissements très limite de la direction mauve d'alors.
Avec ses prestations pleines de solidité et les 12 millions de son transfert à Newcastle, Chancel Mbemba avait rapporté gros à Anderlecht. Mais les coulisses de son arrivée à Bruxelles restent toujours aussi nébuleuses.
Mbemba n'était ni le premier ni le dernier joueur congolais à débarquer à Anderlecht. Quinze ans après, Romain Molina est revenu sur son enquête de l'époque dans Podcast Bobby.
Des manoeuvres qui font grand bruit
"Il y avait un gros partenariat à l'époque avec le TP Mazembe, le grand club congolais de Lubumbashi. Sauf que, comme je disais, c'était politique : les dignitaires belges venaient rencontrer Moïse Katumbi, qui était le gouverneur du Katanga à l'époque et détenteur du club", commence Molina.
Le journaliste est également revenu sur les polémiques autour de l'âge du joueur : "Il a quatre dates de naissance. Officiellement, il est né en 1994, en réalité il est de 1988. Il avait été enregistré comme né en 1990 au début pour jouer en sélection de jeunes, et lui-même disait être né en 1991 à l'époque. Mais il est bien de 1988, j'ai ses licences. Quand ils l'ont fait passer en Europe, ils lui ont enlevé 6 ans".
Anderlecht devant la FIFA
Le contexte est très pesant : "Mbemba joue à l'époque pour la réserve d'Anderlecht. J'ai les feuilles de match, j'appelle la Fédération belge : il n'est pas inscrit, il n'a pas de couverture sociale, il n'a rien. Si jamais il se blessait… Et quand la polémique commence à enfler, ils le renvoient au Congo".
"C'est juste une histoire de business. C'est de la traite, c'est de la traite d'être humain, on va être très clair. Tu imagines comment Anderlecht traite les joueurs congolais. Et pour un Mbemba qui réussit, il y en a d'autres qui terminent sur le quai de la gare et on les laisse", déplore Molina.
Il avait déjà tiré la sonnette d'alarme en octobre 2011. Mais à l'époque, la direction anderlechtoise était surtout remontée contre Paulo Texeira, un Brésilien d'origine congolais qui proposait via une page Facebook nommée 'Training Compensation' aux petits clubs d'Amérique du Sud et d'Afrique de réclamer les indemnités de formation imposées par la FIFA pour les joueurs repérés par les grands clubs européens. Ces derniers profitaient de la méconnaissance législative de leurs interlocuteurs des autres continents pour ne pas les payer.
Un business qui profite à plusieurs parties
Texeira avait alors permis au FC NK Etanchéité de réclamer 100 000 euros aux Mauves pour Junior Kabanga et avait rajouté son grain de sel dans le dossier Mbemba, s'étonnant des dates de naissance multiples du joueur. Anderlecht, rejoint par l'AC Milan, avait déposé une plainte pour calomnie auprès de la FIFA. L'épisode avait refroidi le Sporting, puisque le défenseur congolais était reparti en avion au Congo avant de revenir pour de bon à Bruxelles.
Les Mauves avaient alors demandé une analyse densimétrique des os du poignet d'Mbemba pour prouver qu'il avait bien 18 ans. Selon le club, les résultats prouvaient qu'il n'avait pas menti sur son âge. Deux semaines plus tard, la FIFA a suspendu Texeira.
"Même s'il dit la vérité, il n'a pas le droit d'utiliser une plateforme sociale comme Facebook pour rendre de telles informations publiques", écrivait la FIFA dans son compte-rendu. Elle ne s'était toutefois pas exprimée sur le fond du problème, l'âge du joueur. Aujourd'hui encore, le mystère reste entier.