"Où se situe la limite ?" : un sélectionneur belge invite à une décision forte dans le cas Courtois
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Le cas Thibaut Courtois fait décidément beaucoup parler en sélection. Durant sa carrière d'entraîneur fédéral, le Belge Tom Saintfiet a connu des situations similaires et sait combien il est difficile de concilier les envies de chacun.
Sans doute plus encore qu'en club, être sélectionneur s'apparente presque à une mission diplomatique, qui nécessite de s'avoir faire avec plusieurs enjeux divergents. Rudi Garcia l'a découvert pour la première fois de sa carrière d'entraîneur chez les Diables, Mark van Bommel l'apprend à son tour.
Comme pour son prédécesseur, le Néerlandais fait face au cas Courtois comme premier dossier chaud. Cette fois, pas question de sa réintégration après ses bouderies de l'ère Tedesco. Mais bien de son indisponibilité pour les matchs de Ligue des Nations, avant de revenir pour les qualifications pour l'Euro 2028.
Tom Saintfiet comprend Courtois...mais se met à la place du staff et des joueurs
"Je trouve que c’est un sujet très délicat", grimace Tom Saintfiet dans Sporza Daily. Ancien sélectionneur de la Namibie, du Zimbabwe, de l'Ethiopie, du Yémen, du Malawi, du Togo, du Bangladesh, de Trinité-et-Tobago, de Malte, de la Gambie, des Philippines et du Mali, le Belge de 53 ans sait combien une sélection est un biotope particulier.
Il estime que ce dossier doit être considéré sous trois angles différents. "Celui de Courtois, qui a besoin de repos et veut se concentrer sur les matches vraiment importants. Celui de Mark van Bommel, qui veut aligner son équipe la plus forte et sera jugé sur ses résultats. Il a une responsabilité envers le pays et le public".
Enfin, il y a aussi le point de vue des autres gardiens de Courtois chez les Diables Rouges. "Les gardiens qui ont actuellement le sentiment, comme Casteels par le passé, qu’ils peuvent jouer : que se passera-t-il si Courtois revient ? Perdront-ils immédiatement leur place ? Est-ce équitable pour eux ? Et qu’en est-il des autres Diables ? Où se situe la limite désormais ?", s'interroge Saintfiet.
Mark van Bommel marche déjà sur des oeufs
Déjà un fameux test pour Van Bommel : "J'espère qu'il aura suffisamment de maturité en tant que sélectionneur pour ne pas se laisser influencer et faire automatiquement de Courtois son numéro un simplement parce qu’il s’agit de Courtois".
L'erreur fatale de Senne Lammens contre l'Espagne en quart de finale de la Coupe du Monde l'a montré : prendre la place de Thibaut Courtois n'est pas simple. Même pour un gardien qui a montré à Manchester United qu'il avait le caractère pour performer sous pression.
Senne Lammens comme numéro un...ou un bis ?
Mais dans des circonstances un poil plus standard que celle de sa montée imprévue, Lammens a les cartes pour s'imposer. D'autant que Van Bommel le connaît très bien depuis leur collaboration à l'Antwerp, où Jean Butez avait fini par être mis de côté.
Les prestations de Courtois feront-elles toujours pardonner cette nervosité instaurée autour du groupe ? "Nous avons beaucoup de bons gardiens. Il faut peut-être alors, après mûre réflexion, faire le choix qui sera le meilleur à court et à long terme", conclut Saintfiet.