"Mes adjoints se tournaient les pouces" : quand Vincent Euvrard était proche du burn-out

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Vincent Euvrard ne compte pas ses heures pour amener le Standard là où il veut être. Mais il ne cherche plus à tout contrôler comme il l'a parfois fait en début de carrière. Une expérience l'a particulièrement marqué, dans le mauvais sens du terme. Il en parle aujourd'hui avec beaucoup de recul, mais en se jurant de ne jamais retomber dans ce surmenage.

Avant d'être sous le feu des projecteurs au Standard, à Dender, au RWDM ou à Zulte Waregem, Vincent Euvrard a lui aussi dû faire ses preuves. Au Sport Hasselt, à Geel. Puis au Cercle de Bruges, où il hérité du costume de T1 pour la première fois en D1B, avant de repasser comme adjoint de Franky Vercauteren.

Une période enrichissante, mais usante. Et même plus. A l'époque, Euvrard passe même proche du burn-out. Un sujet encore relativement tabou chez les coachs mais bien présent dans le milieu.

Trouver le juste équilibre, une tâche plus difficile qu'on voudrait le faire croire

"J'avais 33 ou 34 ans, j'étais depuis deux ou trois ans dans ce boulot. J'avais un rythme qui n'était pas tenable : j’arrivais au club à 6h du matin pour en repartir à 21h, je faisais toutes les analyses, je plaçais les cônes, je voulais tout faire et tout contrôler… et mes adjoints se tournaient les pouces", se souvient-il dans une interview accordée à la RTBF.

"Je me suis perdu dans les détails en oubliant l’essentiel : j’ai perdu la vue sur l'ensemble et la vue sur moi-même. J’ai donc appris très tôt dans ma carrière que quand tu n'as pas d'oxygène pour toi-même, tu ne peux rien donner aux autres non plus", poursuit l'entraîneur du Standard.

Ne pas oublier de déléguer

Cette sombre période l'a changé : "Aujourd’hui, je travaille toujours beaucoup, je fais beaucoup d'heures... mais sans épuisement. Ma femme et mes adjoints sont très importants dans ce processus : ils me comprennent, ils me connaissent et ils m'enlèvent beaucoup de responsabilités".

Vincent Euvrard veut toutefois éviter de se victimiser : "C'est aussi important de se rendre compte qu’on fait un boulot de privilégié : tu te lèves le matin pour retrouver un groupe de jeunes talents, tu joues au foot, tu fais ta passion, tu gagnes de l’argent, tu peux faire évoluer ton équipe, tu la fais prester contre des adversaires qui te challengent dans un stade rempli. Il y a pire que ça, non ?  On a une responsabilité, oui, mais pas de quoi se victimiser".

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