Cherche patron(s) désespérément : Anderlecht ne s'en sortira pas toujours aussi bien
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Le RSC Anderlecht s'en est sorti par la plus petite des portes possible ce samedi au Cercle de Bruges. Contre une équipe qui n'a toujours pas gagné cette saison, les Mauve & Blanc ont disputé leur plus mauvaise rencontre de l'ère Vitor Bruno, un match dont on ne peut tirer comme point positif que la mentalité irréprochable des entrants, qui ont fait la différence. Ca ne passera pas à chaque fois.
On espère qu'à leur retour de Bruges ce samedi, les joueurs du RSCA ont été brûler un cierge à Saint Guidon. Le saint patron d'Anderlecht est aussi, entre autres, celui des carillonneurs et des sonneurs de cloche, et il s'en est fallu de très peu pour que les Mauves se fassent sonner les cloches au Jan Breydel par le Cercle de Bruges.
Commençons par le positif, histoire d'être bref : le Sporting d'Anderlecht s'en est sorti au mental, et a fait preuve d'un jusqu'auboutisme très louable. Vitor Bruno n'a pas tort quand il dit que la majorité des équipes, dans cette situation, aurait abandonné et perdu ce match au Cercle de Bruges. Il conviendrait aussi de noter que face à une autre équipe que ces Groen & Zwart qui n'ont pas encore connu la victoire cette saison et ont donc été pris de la classique "peur de gagner", le miracle n'aurait pas eu lieu.
Marco Kana s'est écroulé
On avait bien vite compris qu'Anderlecht avait vivre un long après-midi à Bruges : dès le coup d'envoi, les Mauves n'étaient pas vraiment là. Cela peut arriver, surtout après une longue trêve internationale lors de laquelle la majorité du noyau a été très occupée : après tout, l'Union Saint-Gilloise a elle aussi livré une performance insuffisante face à OHL le lendemain.
Mais quand tout va mal, une grande équipe (et c'est ce que Vitor Bruno veut mettre en place) doit pouvoir compter sur ses patrons pour amener "du calme dans la baraque", comme le disait non pas Saint Guidon mais Saint Raymond. Des patrons, lui, il en avait à foison, mais personne ne demande à Bruno d'aller gagner la C3 comme Goethals la C2 en 1978.
Qui sont les patrons de Vitor Bruno ? L'un d'eux a répondu présent samedi : il s'agit de Colin Coosemans, décisif avec les bons arrêts aux bons moments... mais qui n'a bien sûr qu'une influence limitée sur ses équipiers, de par son rôle de gardien de but. Un autre était blessé : Giulian Biancone, rapidement devenu incontournable même si son remplaçant Kaïs Barry a fait le job et mieux que le job. Et ? Et... c'est tout.
Marco Kana, bien sûr, est censé être l'un des patrons d'Anderlecht, un rôle qu'il a conservé sous Vitor Bruno malgré les nombreux transferts au milieu de terrain. Mais si son calme et sa lucidité à l'interview séduisent et qu'il est capable de réguler le jeu quand tout va bien, il a tendance à couler avec le navire quand les choses se passent mal - et si c'est attendu d'un capitaine de bateau, c'est assez gênant sur un terrain de football. Samedi, Kana s'est écroulé sous la pression... de la lanterne rouge de Pro League.
Anderlecht a-t-il transféré assez de personnalité ?
Tel le carillonneur de Saint Guidon, nous avions tiré la sonnette d'alarme en fin de saison passée déjà : Antoine Sibierski allait devoir transférer des patrons, au moins autant que de la qualité. Le mercato avait bien commencé sur ce plan avec les arrivées de Biancone et Pétrot, mais la suite a peut-être manqué la cible.
À l'exception d'un Oleg Reabciuk qui a totalement disparu de la circulation (il était pourtant titulaire avec la Moldavie durant la trêve), les deux Français sont les seuls transferts de Sibierski à avoir plus de 25 ans, et Ilias Koutsoupias est le seul à en avoir plus de 24. Ce n'est peut-être pas un hasard si le Grec est déjà titulaire. Dans un football où tout va très vite et où, si vous avez des qualités, vous pouvez jouer dès vos 16-17 ans, on a tendance à oublier qu'à 22 ou 23 ans, vous êtes encore jeune, et peut-être pas capable de porter une équipe que vous venez de rejoindre sur vos épaules.
Vitor Bruno va-t-il trouver, dans les semaines chargées qui arrivent, les leaders qui font tant défaut à Anderlecht ? On le lui souhaite, car les miracles, par définition, ne se produisent pas tous les trois jours. Peu importe le nombre de cierges que vous brûlez à la collégiale d'Anderlecht...