Interview Quand les Diables lançaient le Mondial 1930 : "Le voyage en bateau ne leur a pas fait du bien !"

Florent Malice
Florent Malice
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Quand les Diables lançaient le Mondial 1930 : "Le voyage en bateau ne leur a pas fait du bien !"

Le 13 juillet 1930, la grande histoire de la Coupe du Monde commençait et la Belgique disputait l'un des deux matchs d'ouverture, face aux États-Unis. Un match perdu par les Belges, pourtant favoris.

Stefan Van Loock, responsable presse des Diables Rouges, a publié en 2018 un livre intitulé Terug Naar Montevideo - In het spoor van John Langenus en de Rode Duivels naar de eerste Wereldbeker van 1930. Un livre de voyage et d'Histoire, pas encore traduit en français, qui nous emmène sur les traces de l'un des deux arbitres belges de la Coupe du Monde 1930 en Uruguay : John Langenus, qui dirigera notamment la finale Uruguay - Argentine à Montevideo. 

La Belgique était donc l'une des stars de cette compétition : "Nous serons la première nation européenne à nous inscrire pour le Mondial (4 seront inscrites au total : Belgique, France, Roumanie et Yougoslavie, nda), grâce à l'ambassadeur uruguayen Enrique Buero, qui résidait à Bruxelles. Il fait partie de ceux qui ont mis sur pied la Coupe du Monde 1930, depuis la Belgique, donc", nous explique Stefan Van Loock. Le 20 juin 1930, il accompagne la sélection à la Gare du Midi : les Diables embarquent alors pour un trajet de deux semaines vers Montevideo. 

Une traversée de l'Atlantique compliquée 

Quatorze jours de bateau : les conditions d'époque sont loin d'être idéales pour préparer un Mondial. "Le trajet à lui seul mérite un livre", sourit Van Loock. "Soyons clairs : pendant deux semaines, c'est le Club Med. Deux buffets repas par jour, ce qui fait que les joueurs sont arrivés en Uruguay bien moins fit qu'au départ. Le sélectionneur Hector Goetinck a tenté d'y mettre un terme et s'est notamment pris le nez avec le capitaine du navire". 

Pourtant, à leur arrivée, on attendait beaucoup des Belges, qui avaient notamment montré de belles choses en amical contre la France en amont du tournoi. "Ils faisaient partie des favoris et surtout des chouchous du public, car ils étaient les premiers sur place". Stefan Van Loock, fasciné depuis ses études par le Mondial 1930, s'est rendu à Montevideo en 2016 lors du processus d'écriture de Terug Naar Montevideo. 

"On ne trouve plus vraiment de signes du passage des Belges, bien sûr. J'y suis surtout allé pour me mettre dans l'ambiance et profiter des archives sur place. Détail assez drôle : si l'hôtel où ont logé les Diables n'existe plus, je logeais dans celui où ils devaient initialement résider". Même le stade Pocitos, de ... 1000 personnes à peine et qui a accueilli l'autre match d'ouverture, entre la France et le Mexique (le Stade Centenario n'étant pas encore prêt !), n'existe plus. "On trouve juste une borne là où se trouvait le point central". 

Un premier match décevant 

Il y a 90 ans jour pour jour, la Belgique affrontait donc les États-Unis avec un statut de grands favoris. Ils s'inclinent lourdement : trois buts à zéro. "Pourtant, d'après les commentaires de l'époque, ils ont eu des occasions", souligne notre interlocuteur. "La Belgique avait de meilleures individualités, des joueurs talentueux ... mais qui n'ont pas réussi à fonctionner collectivement. Le milieu a pris l'eau, les backs n'ont pas fait leur travail". 

Un résultat très critiqué dans la presse locale. Et un fait semble clair : le trajet n'a pas fait du bien aux Diables Rouges. "Le voyage en bateau a été lourd, littéralement (rires). Certains relatent que les joueurs belges étaient cramés assez rapidement, n'étaient pas au top sur le plan physique", explique Stefan Van Loock. Le second match, face au Paraguay, sera perdu 1-0 et la Belgique quittera Montevideo sans avoir inscrit le moindre but. Heureusement, un Belge se signalera : John Langenus, qui dirigera plusieurs rencontres, dont la finale ... 

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