Jérémy Taravel reste : les cinq clefs d'une nomination improbable

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Jérémy Taravel a donc été confirmé dans ses fonctions de T1 du RSC Anderlecht jusqu'au terme de la saison. Une nomination qui doit beaucoup au Français lui-même, et un peu à des circonstances exceptionnelles. Voici les cinq clefs d'une belle histoire.

1. Le lien entre Jérémy Taravel et ses joueurs 

Le fait que tout le monde ou presque au sein du noyau appelle Jérémy Taravel par son prénom ou son surnom en dit long : le vestiaire adore "Tara". Certains, comme Thorgan Hazard et Colin Coosemans, ne cachent pas avoir encore du mal à l'appeler coach. 

Sur le long terme, cela peut poser problème - David Hubert en avait un peu fait les frais à l'époque, lui qui avait encore joué avec certains Mauves en Futures. Mais à court terme, c'était ce qu'il fallait. Besnik Hasi avait beau être soutenu par son vestiaire, il a une personnalité forte, qui peinait à faire passer son message dans les derniers mois. 

Taravel, lui, a su remobiliser tout le monde, en parlant le langage du vestiaire ; ses vidéos diffusées avant la demi-finale retour de Coupe ont marqué les esprits. La confiance peut faire beaucoup dans le football, du moins à court terme, et l'ex-T3 n'avait que le court terme pour frapper fort. 

2. L'épisode Hubert-Hasi ne pouvait pas être répété 

Garder Jérémy Taravel à la tête de l'équipe quelques matchs, puis s'en séparer juste avant les Playoffs et cette finale de Coupe qu'il a été chercher par miracle ? Après les résultats et l'atmosphère des dernières semaines, c'était impensable. Mais cela ne l'aurait peut-être pas été sans l'épisode de la fin de saison passée.



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David Hubert avait alors reçu sa chance un peu à la surprise générale, dans des circonstances rappelant un peu celles de la nomination de Taravel... mais avait ensuite été licencié juste avant les Playoffs pour aller chercher Besnik Hasi, pourtant en difficulté à Malines. Le public n'avait pas compris. Les résultats ont été catastrophiques. 

Que Michael Verschueren et Kenneth Bornauw se comportent de la même façon aurait été un message particulièrement négatif pour leur début de règne commun. On le sait : le public d'Anderlecht est patient mais aussi agacé par les décisions de sa direction ces dernières années, et le board actuel a pris des notes. 

3. Taravel a aussi fait des choix forts 

Jérémy Taravel n'a pas révolutionné le football à Anderlecht. Mais il a tout de même osé poser des choix forts. Lucas Hey écarté, Thorgan Hazard en "faux 9", les recrues Sikan et Da Costa mises de côté, De Cat un cran plus haut sur le terrain, Degreef quasi-toujours sur le terrain : ce ne sont pas les décisions d'un adjoint sans idées. 

En montrant qu'il est aussi là pour amener sa vision des choses (il a ainsi souligné, par exemple, que mettre Hazard en faux 9 lui trottait dans la tête depuis longtemps), Taravel a prouvé qu'il avait du potentiel en tant qu'entraîneur. Personne ne sait actuellement s'il sera un grand coach, mais s'il n'avait "rien" montré durant ses semaines de dépanneur, il n'aurait probablement pas été confirmé. 

4. Anderlecht a brillé dans les grands matchs : objectif finale 

Un autre point a plaidé en faveur du désormais coach à temps plein du RSCA : si les Mauves ont été à la peine dans des "petits" matchs (à Zulte Waregem par exemple), ils ont aussi répondu présent dans les grands. La demi-finale contre l'Antwerp, bien sûr, mais aussi et surtout le déplacement au Jan Breydel lors duquel le RSCA a fait déjouer Bruges et ramené un point au goût de trop peu.

On peut même le dire : ce match à Bruges était au moins aussi convaincant que la courte victoire de novembre dernier face aux mêmes Blauw & Zwart. L'intensité montrée dimanche dernier, c'est ce que Taravel doit reproduire en finale de la Coupe et en Playoffs. Surtout en finale de la Coupe, le dernier objectif des Mauves cette saison. La décision était peut-être prise avant, mais confirmer "Tara" après un 5-0 cinglant à Bruges n'aurait peut-être pas été aussi simple. 

5. Oui, Taravel a aussi... de la chance 

Enfin, et parce qu'il n'y a rien de honteux à le reconnaître, Jérémy Taravel sait aussi lui-même qu'il est au bon endroit, au bon moment et profite de circonstances exceptionnelles (même si un peu moins exceptionnelles qu'elles "devraient" l'être dans un club comme Anderlecht). Que Biglia puis Still claquent la porte, que le club saoudien d'Alfred Schreuder la ferme de son côté et que les candidats T1 disparaissent les uns après les autres, c'était inattendu.

On n'a cependant que la chance qu'on saisit, et Jérémy Taravel l'a parfaitement saisie. Le RSCA y voit là une porte de sortie toute trouvée pour se donner de l'air et trouver à la fois le coach mais aussi le directeur sportif (on l'oublierait presque) nécessaires. Si Taravel se loupe en cette fin de saison ? Personne ne le blâmera, et peu de gens blâmeront Anderlecht d'avoir fait ce qui était réclamé par tous les analystes et supporters depuis des semaines... Rien à perdre pour aucune des parties ? Il semblerait. 

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