Interview Dodi Lukebakio est formel : "Non, l'ambiance n'était pas mauvaise à l'Euro 2024"

Florent Malice
Florent Malice depuis Seattle
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Dodi Lukebakio est formel : "Non, l'ambiance n'était pas mauvaise à l'Euro 2024"
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Dodi Lukebakio s'est assis à la table des journalistes ce jeudi pour évoquer cette première Coupe du Monde qu'il s'apprête à disputer. Il est également revenu sur l'Euro 2024, et affirme que l'ambiance n'y était pas mauvaise.

Dodi, comment est l'ambiance à quelques jours du match contre l'Egypte ?

L'ambiance est vraiment bonne. Il faut bien s'occuper, car le match n'est que lundi. Nous allons regarder les matchs ensemble, probablement. Il y a des télévisions partout ici, donc qu'on soit dans nos chambres, dans le vestiaire, aux soins, à la salle, on suivra ça. Tout à l'heure, nous avons regardé le match du Mexique (nda : l'interview se passait peu après le match d'ouverture). On sent déjà un peu plus que l'atmosphère du Mondial se met en place. Au début, c'était un peu plus délicat avec l'adaptation, le jetlag, mais maintenant, les choses se précisent et on a hâte que ça commence.

Peux-tu comparer l'ambiance actuelle avec celle de l'Euro 2024 ? Certains anciens ont pu dire qu'elle était moins bonne qu'aujourd'hui...

Le problème, c'est que quand les résultats ne suivent pas, on va chercher des raisons pour lesquelles ça n'a pas aidé. Si ça ne va pas cette fois aussi, on essaiera de dire des choses après coup... Je trouvais l'ambiance bonne à l'Euro 2024. Mais c'est une Coupe du Monde, c'est différent. Il y a de vrais liens au sein du groupe, mais c'était la même chose en 2024. Le fait est que ce qui compte, ce sont les résultats. Oui, le groupe vit bien, mais ça n'a d'importance que si les résultats suivent.

Comment te sens-tu à l'approche du premier match ? On sait que c'est toujours spécial.

C'est très important, on le sait, car si tu le perds, tu as tout de suite la pression, tu approches le match suivant avec l'esprit plus léger. Alors que si tu gagnes ce match, surtout avec le nouveau format, tu sais que tu es en bonne position pour te qualifier.

Mais se qualifier n'est pas assez : il faut être premier, non ?

Je crois que si tu te qualifies, tu es content, il me semble. Bien sûr, on arrive avec de grosses attentes autour de nous mais il ne faut pas négliger nos adversaires, c'est très important. Tout le monde s'attend à ce qu'on finisse premiers mais il faut qu'on reste bien concentrés car ce ne sera pas un cadeau.

Finir premier évite des déplacements à Dallas, à Atlanta... vous y pensez au sein du groupe ?

Non, pas spécialement, on pense à chaque match séparément. Maintenant, on pense au premier, puis on pensera au deuxième. C'est un groupe sérieux qui travaille bien et qui sait qu'il a la responsabilité d'essayer de gagner chaque match.

Et toi, à titre personnel, ta Coupe du Monde serait réussie quand ?

(rires). Ca, ce sont des questions individuelles, je ne pense pas à ça... Mon focus est vraiment qu'on gagne les matchs. Pour arriver le plus loin possible, tout le monde doit être au service de l'équipe et j'arrive avec cet objectif-là. Puis, naturellement, mes qualités individuelles ressortiront.

Mais si tu marques un but comme celui face aux USA en Coupe du Monde, ça te fera quelque chose, quand même !

(rires) Oui, c'est aussi pour ça que je suis là, pour amener ma touche personnelle et je suis très concentré, je travaille très dur pour ça.

Après ce match contre les USA, tu étais apparu très ému. Peux-tu revenir, à froid, sur ce que tu ressentais ?

Je repensais à ma blessure, ça n'a pas été facile. Je n'ai pas beaucoup joué et pour un footballeur, c'est difficile. Et je tenais à montrer ce dont je suis capable ; vous le savez, mais c'est une chose d'en être capable et de le prouver sur le terrain. Quand j'ai marqué ce but-là, j'étais donc très fier et ça m'a fait penser à tout le travail fourni. J'ai tenu à remercier mon Dieu, ma femme qui est restée là pour moi. C'est ce qui fait que tu ne lâches pas.

C'était la période la plus difficile de ta carrière ?

Oui, une des plus difficiles. Tu ne penses jamais à ce genre de situation, à devoir te faire opérer. Tout s'est passé si vite à l'époque. J'avais espoir que ce ne soit pas si grave, j'avais hâte de voir le scan... et j'ai été choqué d'apprendre que j'avais une fracture. Je n'étais pas prêt à tout ça. Je parle énormément de ma foi, qui m'aide énormément, mais je reste un être humain et c'était difficile à gérer.

Comment as-tu tourné le bouton ?

Ca a été rapide car j'ai une famille autour de moi qui me soutient, j'ai ma foi... Mais il y a tout de même des choses qui te tournent dans la tête, comme la Coupe du Monde en fin de saison et donc le besoin de rejouer et prester pour y être. Ca te met la pression. Mais j'ai travaillé dur et j'ai été très satisfait de mes prestations à mon retour en mars.

Ta famille est très importante pour toi ; est-ce qu'elle te rendra visite lors de la Coupe du Monde ?

Oui, ma femme arrive dès que possible avec mes enfants. Ma mère est en train de faire son visa, ma belle-mère viendra aussi... Ils devraient être là pour tous les matchs.

Est-ce que tes enfants sont déjà conscients de ce qu'est une Coupe du Monde ?

(il sourit) Pas vraiment, mon fils a 4 ans et ma fille 2 ans, donc ils ne comprennent pas encore vraiment. Ils ne reconnaissent même pas encore vraiment le logo de la Belgique (rires). Maintenant, ils connaissent celui de Benfica, mais ils pensent que c'est toujours Benfica ici. Ca n'avait déjà pas été facile de passer de Séville à Benfica vu que les logos se ressemblent un peu (rires). C'est compliqué pour eux.

Mais c'est magnifique que les familles puissent venir. Pouvoir jouer un Mondial devant ta famille, c'est la plus belle chose qui soit. Je suis reconnaissant qu'on y soit autorisés.

La suite de l'entretien avec Dodi Lukebakio sera à retrouver très bientôt sur Walfoot.be !

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