"Ne remets plus les pieds devant la T4" : la relation entre Parfait Guiagon et le Mambourg est-elle cassée ?

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Charleroi a retrouvé le sourire grâce à la victoire contre l'Antwerp. Mais à l'issue de la rencontre, tout le monde n'avait pas le cœur à la fête.

Scène assez inattendue au coup de sifflet final, hier soir : alors que Charleroi venait de remporter sa première victoire en onze matchs et pouvait enfin communier avec ses supporters, Parfait Guiagon est rentré au vestiaire sous les sifflets, avec la tête des mauvais jours.

Premier joueur à quitter le Mambourg, l'Ivoirien a pourtant aidé l'équipe à renouer avec la victoire. Si ses centres n'ont pas toujours été couronnés de réussite, c'est pourtant l'un de ses ballons dans le box, après avoir (une nouvelle fois) déposé Thibo Somers sur place, qui est à l'origine du 2-0.

A peine Guiagon parti, le cœur lourd, le communiqué des Storm Ultras tombait : "Belle victoire gâchée par un joueur dont le seul paramètre régulier est l'égocentrisme et le narcissisme autocentré. Naze réaction de ta part [...] Rendez-vous la semaine prochaine pour voir ce que tu auras comme attitude. En attendant, ne remets plus les pieds devant la T4, même si on est Européens".

Incompréhension mutuelle

Comment expliquer un tel désamour entre le joueur le plus créatif de l'effectif et son propre public ? Concernant l'épisode d'hier, une certaine confusion régnait au Mambourg. Après être enfin sorti de cette mauvaise série, le joueur attendait un peu plus de positivité et de reconnaissance venant des tribunes.

Si son nom a été, comme celui d'autres joueurs, scandé durant la rencontre, les chants carolos pendant le passage des troupes au pied de la tribune ont divisé. De l'aveu de certains supporters croisés après la rencontre, les chants relatifs à Hans Cornelis et anti-Standard entonnés à l'arrivée du groupe ont jeté un froid. Pourquoi les lancer à ce moment-là, alors que les joueurs se préparaient à communier ? C'est une question qui est restée sur plusieurs lèvres.

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Déçu, Parfait Guiagon a fait part de son mécontentement, les sifflets à sa rentrée précoce vers le vestiaire n'ont fait que renforcer la rancœur. Mais le malaise ne remonte pas à hier soir. Au sein des supporters, on n'a pas oublié son mutisme au moment de célébrer son but inscrit au Standard.

Alors dans une mauvaise passe, Guiagon était resté mutin, suscitant l'incompréhension. Rik De Mil s'était entretenu avec lui, expliquant qu'il valait mieux utiliser l'énergie des tribunes que lutter contre elle. Sa prolongation annoncée dans l'euphorie de son doublé contre Bruges pour propulser les Zèbres en demi-finale de la Coupe semblait avoir fait repartir la relation de l'avant.

Une réconciliation est-elle possible ?

Aujourd'hui, les deux camps semblent être appelés à faire des pas l'un vers l'autre, sous peine de se faire la gueule jusqu'au bout. En partageant un peu plus la joie de vivre qu'il manifeste auprès du groupe vers le Mambourg dans le chef de Guiagon. En comprenant qu'un joueur reste un être humain et a ses réactions propres face aux épreuves traversées dans le chef des supporters. Que malgré ses réactions parfois incomprises, Parfait Guiagon a toujours fait de son mieux d'un point de vue sportif malgré l'irrégularité propre à son jeu à risque.

S'il n'était pas une personnalité imprévisible, il le serait sans doute moins sur le terrain. Pour le meilleur et pour le pire. Felice Mazzù n'avait pas son pareil pour cerner ce genre de personnalité, rappelant que ces profils n'étaient pas incompatibles avec le Pays Noir, où le dur labeur et l'amour manifesté au blason sont traditionnellement plus valorisés que les artistes aux états d'âme fluctuants.

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