L'Espagne a fait gagner le football : une triste soirée pour clore la Coupe du Monde 2026
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Quelle triste soirée de finale. Du début à la fin, et à l'exception des célébrations espagnoles, tout aura été indigne d'une Coupe du Monde ce dimanche à New York.
La Coupe du Monde 2026 a-t-elle été l'une des "pires" de l'histoire ? C'était ce que beaucoup craignaient à l'approche du tournoi, dénonçant le contexte dans lequel elle se déroulait, l'ingérence potentielle de l'administration Trump, les arrestations de l'ICE (police anti-immigration), mais aussi les tarifs délirants bien loin d'un Mondial "populaire". Nous avions fait le point à l'époque.
Après plus d'un mois de Coupe du Monde (la plus longue de l'histoire), quel est le bilan ? Il est certainement contrasté, et certains estiment probablement que les craintes étaient légitimes. Les tarifs ont effectivement dépassé les limites... mais les stades étaient remplis, et la fête populaire autour des stades et dans les villes bien réelle. L'Iran, mais aussi d'autres nations (surtout africaines) ont été traitées avec peu de respect par les autorités, certaines se retrouvant totalement privées de supporters sur le sol américain.
Donald Trump est resté discret... jusqu'à l'épisode Folarin Balogun, qui a fait de la Belgique le héros inattendu du monde entier. Il l'a moins été durant la finale, nous y reviendrons. Mais le "Trump show" que certains craignaient n'a pas vraiment eu lieu - c'était plutôt l'Infantino show, le président de la FIFA étant omniprésent et hué à chaque apparition. Chaque fois, c'était un plaisir à entendre.
La pire finale de Coupe du Monde de mémoire récente ?
Et sur le plan sportif ? Difficile de prétendre que la Coupe du Monde 2026 était un échec. Des stars au rendez-vous (Mbappé, Kane, Messi, Haaland...), une phase de poules certes interminable mais à rebondissements, des pays-hôtes qui font belle figure, des surprises (le Cap Vert, l'Egypte, la Norvège), des échecs retentissants (l'Allemagne, le Brésil, les Pays-Bas) et de superbes buts. On a vécu un beau tournoi... jusqu'à ce dimanche.
Il est très rare que la finale d'une Coupe du Monde en soit le match le plus mémorable. Mais depuis quelques années, nous étions gâtés, avec 6 buts et un scénario fou en 2022 (3-3) et 6 buts en 2018 (4-2). Espagne-Argentine a renoué avec la quasi-tradition des finales tendues et peu emballantes... jusqu'à la caricature.
Un show raté, de l'avant-match au halftime
Mais parlons d'abord extrasportif. Car il y avait déjà de quoi hausser les sourcils dès l'avant-match dans ce MetLife Stadium faisant probablement partie des stades les plus laids du tournoi, et certainement les moins "footballistiques". Alors que ce tournoi était organisé par trois pays, seuls les États-Unis ont été mis à l'honneur dans cette finale : pourquoi chanter le "Star-Spangled Banner" et pas les hymnes canadien et mexicain ?En réalité, le fait que seuls les USA accueillent des rencontres à partir des quarts de finale annonçait déjà un peu la couleur.
Que penser de ce "halftime show" ? Nous ne faisions pas partie de ceux qui trouvaient l'idée mauvaise car après tout, c'est bien une tradition américaine, et il fallait aussi les respecter. Mais alors que les mi-temps de Super Bowl sont généralement l'occasion de shows grandioses, cohérents et fort réussis, celui mis en place par Chris Martin (Coldplay) était malheureusement raté.
Même les déhanchés de Shakira ne feront pas oublier une Madonna pour laquelle le terme has-been peut cette fois bel et bien être employé encadrée d'un Ronaldinho et d'un Ronaldo complètement paumés, ou la performance mièvre d'un Justin Bieber qui avait au moins le mérite de représenter le Canada. Que fichaient les Muppets et un chef d'orchestre vénézuélien dans ce bazar ? Mystère.
Honte aux Argentins, bravo à l'Espagne
Passons brièvement sur le sportif, car il n'y a rien grand chose à en dire. Quel était le plan de jeu de l'Argentine à part attendre, dès l'entame de match, les prolongations ou un éclair de génie de Lionel Messi ? Peut-être le syndrome du messie est-il un peu monté à la tête de ses coéquipiers, persuadés que quoi qu'il se passe, leur dieu finirait par les sortir de chaque situation difficile, comme face à l'Angleterre. Sauf qu'en face, il y avait une équipe qui, contrairement aux Anglais, n'a jamais arrêté de jouer.
Seize tirs à ... zéro : la statistique qui est apparue à l'écran à l'approche de la fin du match nous a fait éclater de rire. Un tel refus de jouer au football s'est rarement (jamais?) vu en finale de Coupe du Monde. Si les Diables Rouges l'ont fait, on ne nous fera pas croire que l'Albiceleste n'avait pas les armes pour embêter l'Espagne. Elle ne pouvait en tout cas pas faire pire, car son attitude a été aussi exécrable que son jeu. Au moins l'arbitre a-t-il refusé de se faire piéger, même si l'écoeurant Paredes aurait dû être exclu pendant le match et pas après.
C'est finalement le football qui a été récompensé avec le titre de l'Espagne, même si Lionel Messi méritait certainement une autre porte de sortie - il aura été grand pendant tout le tournoi, sauf en finale. Et l'ultime tentative de Donald Trump de se mettre sous le feu des projecteurs aura été poliment mais fermement éconduite par les joueurs espagnols, soulevant le trophée sans lui accorder un regard alors que Gianni Infantino l'écarte. Le résumé de tout un tournoi : le sport est à eux et à nous, public, certainement pas à toute cette clique...