La Coupe du Monde 2026, "pire" Mondial de l'histoire ? Il y a une sacrée concurrence
Guerre entre les USA et l'Iran, prix délirants, public local peu concerné, craintes de débordements sur place, gouvernement très critiqué : les polémiques concernant la Coupe du Monde 2026 sont nombreuses et légitimes. Mais sera-ce pour autant le pire Mondial de l'histoire ?
À l'approche du coup d'envoi de la Coupe du Monde 2026, les articles commencent à fleurir. Entre le prix délirant des billets, du logement et des moyens de transport sur place, l'ingérence de l'administration Trump auprès de la FIFA, le fait que les USA soient en guerre avec l'un des pays participants, ou encore la présence de l'ICE, bras armé de la politique anti-immigration de Donald Trump, qui sera visible dans de nombreuses villes-hôtes, cette Coupe du Monde risque fort d'être un fiasco.
Certains estiment même que si on met bout-à-bout tous ces éléments, auxquels s'ajoutent par exemple le contexte tendu concernant les cartels de drogue au Mexique (le Canada, de son côté, est à peu près exempt de politique si ce n'est le coût exorbitant de l'organisation du tournoi pour le pays), on obtient peut-être le pire Mondial de l'histoire du football. La RTBF y a consacré un long reportage cette semaine.
La pire Coupe du Monde de l'histoire ? Il y a de la marge
Les arguments existent en effet pour que 2026 se place parmi les Coupes du Monde les plus critiquables de l'histoire du prestigieux tournoi. Mais au moment de l'attribution du tournoi, en 2018, nombre des sujets pointés du doigt aujourd'hui étaient difficilement prévisibles. Certes, Donald Trump venait d'être élu président pour la première fois, mais c'était une nomination trop fraîche pour qu'elle ait vraiment pesé dans la balance à l'époque (c'était d'ailleurs le cadet des soucis du président des USA, qui n'a commencé à se soucier du "soccer" que durant son deuxième mandat, et encore).

Le fait que la plupart des stades ne doivent pas sortir de terre, au contraire du Qatar, et qu'aucun scandale de corruption n'ait éclaté entre temps (au contraire : les USA ont joué un vrai rôle dans les enquêtes dénonçant l'attribution de la Coupe du Monde 2022 au Qatar), permet aussi de relativiser. La désignation de la Coupe du Monde 2026, au moins, n'était pas problématique sur papier et l'expérience réussie de 1994 laissait optimiste.
Aucune Coupe du Monde n'est "propre", mais quand on compare les préparatifs du Mondial 2026 à celui de 2022, qui a coûté la vie à plusieurs milliers d'ouvriers sur les chantiers qatariens, les USA peuvent au moins se regarder dans le miroir sur ce plan. Rappelons aussi que des favelas entiers ont été rasés pour les besoins de la Coupe du Monde 2014 - pour ne citer que cet exemple.
1978 et 1934, de sacrés concurrents
Certains regretteront bien sûr que la Coupe du Monde 2026 risque de devenir un événement à la gloire de Donald Trump, qui n'avait jamais montré d'intérêt pour le football auparavant et a déjà entamé son oeuvre de récupération en accueillant Lionel Messi et Cristiano Ronaldo, entre autres, dans le Bureau Ovale. Mais ce n'est pas une première, et si controversé que soit le président des USA, on a déjà vu bien pire.

Ainsi, en 1978, la Coupe du Monde s'est tenue dans une Argentine tout récemment passée sous la férule impitoyable de Jorge Rafael Videla. Un tournoi que l'Albiceleste ira gagner avec l'aide d'un arbitrage très complaisant, battant un Pérou peu concerné 6-0 en demi-finale et profitant notamment de l'absence toujours controversée de Johan Cruyff dans ce tournoi pour venir à bout des Pays-Bas en finale.
Et que dire de cette Coupe du Monde 1934, remportée là aussi par l'Italie, organisatrice et dirigée par le gouvernement fasciste de Benito Mussolini ? Quatre ans après sa création, déjà, le Trophée Jules Rimet se faisait caisse de résonance du pouvoir politique en place, dans des proportions bien plus gênantes encore que ce qui se fera aux USA dans quelques jours.
Enfin, bien sûr, il y a la FIFA, dont les dérives, si elles se voient désormais comme le nez au milieu de la figure, ne datent pas d'hier. Pensez donc : en 1966, aucun pays africain ne participera au tournoi, car aucun d'entre eux n'aura droit à un ticket direct, "pour raisons organisationnelles", prétendait la FIFA ; l'Afrique avait dès lors boycotté la campagne qualificative. Un véritable scandale, un peu oublié aujourd'hui.
Certes, la Coupe du Monde 2026 n'inspire pas l'optimisme : entre stades vides et potentiels débordements autour des terrains, sans même parler de l'épineux cas de la participation de l'Iran, on pourrait assister à l'un des pires tournois de l'histoire. Mais la norme est en réalité à la polémique, plutôt qu'à une compétition sans histoires...
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