Un totem d'immunité qui interpelle : Alfred Schreuder osera-t-il écarter un titulaire très critiqué ?
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Les coachs se succèdent et une chose ne change pas à Anderlecht : Lucas Hey est dans le onze de base. Le Danois enchaîne pourtant les prestations moyennes.
Qui est le patron de la défense d'Anderlecht cette saison ? C'était l'une des critiques adressées à Olivier Renard : le fait de ne pas avoir amené de défenseur d'expérience l'été dernier après la retraite de Jan Vertonghen, mais plutôt d'avoir opté pour des prêts, dont l'un est déjà reparti.
Cet hiver, Moussa Diarra est arrivé pour amener ce surplus d'expérience, mais entre temps, un patron improbable s'est dessiné : Marco Kana. Même si en termes de temps de jeu, c'est bien... Lucas Hey qui apparaît comme le véritable incontournable.
À l'exception d'un match contre Zulte Waregem, lors duquel Besnik Hasi lui avait préféré Jan-Carlo Simic (ce sera les dernières minutes du Serbe au Lotto Park), Lucas Hey a tout joué quand il était disponible, ne manquant que le déplacement à la RAAL pour une petite blessure, et celui à Gand pour une suspension.
Même en Coupe et lors des préliminaires européens, Lucas Hey joue tout. Mais ces dernières semaines, il a enfin de la concurrence : non seulement Moussa Diarra mais aussi Mihajlo Ilic, qui commence à montrer qu'il n'est pas la catastrophe qu'on prétendait, pourraient remettre en question son statut une fois Marco Kana de retour.
Lucas Hey manque de la personnalité d'un Zanka ou d'un Simic
Nous n'irons pas aussi loin que Jonathan Legear, qui balançait avec un peu d'excès que Lucas Hey était "le pire défenseur qu'il ait jamais vu" - rien que ces dernières années, on peut penser à Zanka, son compatriote. Mais ce dernier avait, il est vrai, un point qui fait défaut à Hey : de la personnalité.
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Après le match à l'Antwerp, il le reconnaissait à notre micro : le Danois n'est pas un leader. Il avait d'ailleurs à l'époque donné une interview pleine de lucidité et sans langue de bois : on ne pourra jamais lui reprocher de se cacher ou de se croire plus beau qu'il l'est. Le problème, c'est que parfois, les supporters d'Anderlecht aimeraient probablement qu'il en fasse un peu plus et soit un peu plus arrogant.
C'était la force d'un Jan-Carlo Simic : il ratait des gestes simples, mais se rattrapait d'un tacle spectaculaire, haranguait la foule. Après un match moyen lors duquel il avait commis des erreurs, on retenait plus facilement un match du Serbe que quand Lucas Hey fait un match de bon niveau.
Et même quand c'est le cas, les défauts de Hey restent criants : relance toujours aussi approximative, sens du timing parfois aléatoire (pas sur phase arrêtée, où il est très solide, mais bien au duel sur les longs ballons comme face à Pape Fall ce dimanche), manque criant d'impact physique... le natif de Dragør a probablement bénéficié des circonstances pour s'imposer comme un titulaire incontournable, mais au retour de Kana et, surtout, à l'arrivée d'un nouveau coach, il aura peut-être du souci à se faire. Et si c'était ce qu'il lui fallait pour enfin progresser ?