De l'expérience aux idées nouvelles : qui est Antoine Sibierski, contacté par Anderlecht ?
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Ancien médian offensif aux 275 matchs de Ligue 1 et 175 matchs de Premier League, Antoine Sibierski fait partie des candidats au poste de directeur sportif d'Anderlecht. Un profil expérimenté aux idées nouvelles, qui pourrait répondre aux besoins des Bruxellois.
Dans l'urgence, Anderlecht fonctionne à l'envers et cherche d'abord un entraîneur avant de recruter un remplaçant à Olivier Renard, viré au début du mois. Alors que le club bruxellois essaye de débloquer le dossier Alfred Schreuder pour succéder à l'intérimaire Jérémy Taravel, Kenneth Bornauw et l'agence de recrutement Odgers ont dressé une liste de quatre prétendants au poste de directeur sportif.
Sur celle-ci, un nom phare : celui de Marc Overmars, actuel directeur sportif de l'Antwerp, qui avait été visé par la justice pour comportements inappropriés lors de son passage à l'Ajax Amsterdam. Aux côtés du Néerlandais, les Belges Pascal De Maesschalck et Nils Köppen, actifs respectivement à Strasbourg et à Copenhague.
Le quatrième nom de cette liste est le moins connu chez nous, puisqu'il n'a jamais travaillé à l'intérieur de nos frontières : Antoine Sibierski, l'actuel directeur sportif de l'ESTAC Troyes. Qui est-il et quel est son passé dans le monde du football ? Petite présentation.
Révélé à Lille, européen à Auxerre, couronné à Nantes puis parti chez l'ennemi lensois
Né à Lille en 1974, le Français a été formé au sein de l'académie du LOSC en tant que milieu offensif, et réalise ses débuts professionnels chez les Dogues en 1992. Peu utilisé à ses débuts, il enchaîne deux saisons pleines entre 1994 et 1996, avec près de 6 000 minutes de jeu cumulées, avant de rejoindre l'AJ Auxerre, qui était alors l'un des plus grands clubs français, disputant la Coupe d'Europe.
Aligné à sept reprises en Ligue des champions, contre l'Ajax, les Glasgow Rangers ou encore Dortmund, il acquiert une expérience européenne et dispute au total 61 matchs avec les Auxerrois, marque dix buts et remporte la Coupe Intertoto. Dans la foulée, il franchit un nouveau cap en rejoignant le FC Nantes, où il remportera deux Coupes de France et une Supercoupe, avant de rejoindre un autre club de Ligue 1 au début des années 2000 : Lens.
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Pas n'importe quel club, donc, puisqu'il s'agissait du rival de son club lillois formateur. Le club Sang & Or est d'ailleurs celui avec lequel il aura joué le plus de matchs professionnels dans sa carrière (108), et celui où il marque la Ligue 1 de son empreinte durant trois nouvelles saisons avant de, cette fois, traverser la Manche pour tenter la grande aventure en Premier League.
Une grande aventure en Premier League, et un véritable drame familial
En 2003, alors qu'il venait de fêter ses 29 ans, Antoine Sibierski signe à Manchester City contre 1,1 million d'euros. Il s'impose chez les Skyblues et dispute 107 matchs officiels, pour 15 buts et 6 passes décisives. En fin de contrat, il quitte la ville de Manchester trois saisons plus tard et signe encore plus au nord, à Newcastle.
Un contrat d'une saison, durant lequel il dispute 26 matchs, mais au terme duquel il ne prolonge pas et décide de rejoindre Wigan, toujours dans l'élite anglaise. Un dernier passage qui lui permet d'atteindre le cap symbolique des 150 matchs de Premier League, après celui des 275 matchs de Ligue 1, avant de prendre sa retraite en 2009, après un dernier passage à Norwich City, en Championship.
Rapidement reconverti en agent de joueurs, Antoine Sibierski vit un véritable drame familial un an plus tard, lorsque sa fille, Sybille, âgée de 18 ans, est retrouvée pendue à son domicile d’Altrincham, dans la banlieue de Manchester, après une altercation avec son petit ami.
Sans nouvelles de sa fille, qui travaillait dans un night-club du centre de Manchester, depuis plusieurs jours, c'est Antoine Sibierski qui avait contacté la police, venue découvrir la terrible nouvelle. Deux ans plus tard, la famille créait un fonds destiné à "aider les autres", comme le faisait leur fille, décrite comme "très attentive au bien-être des gens qui l'entouraient", et organisait une soirée de gala à laquelle étaient présents Patrick Vieira, Yohan Cabaye ou encore Didier Drogba.
Dix années dans l'ombre, puis un retour à la lumière en 2024
Toujours actif en tant qu'agent et conseiller dans le monde du football, il devient directeur du football du RC Lens entre juillet 2012 et juin 2013, puis retourne dans l'ombre jusqu'en février 2024, où il est nommé entraîneur adjoint de La Berrichonne de Châteauroux, en National, puis devient l'entraîneur principal deux mois plus tard après le licenciement du T1, dans le but de sauver le club de la relégation, en vain.
En juillet 2024, alors que le club est donc relégué en National 2, il quitte Châteauroux pour l'ESTAC Troyes, où il occupe depuis lors le poste de directeur sportif du club, actuellement leader de Ligue 2. Encadré par le City Football Group, il fait partie d'un club qui utilise de nombreuses données statistiques et représente pour Anderlecht un directeur sportif d'une certaine expérience, aux idées potentiellement nouvelles.
Un profil intéressant pour le club bruxellois, mais aussi pour l'AS Saint-Étienne, où il était annoncé comme cible prioritaire en mai 2025 pour remplacer Loïc Perrin, finalement resté en poste. Pour Antoine Sibierski, goûter à la Ligue 1 en tant que directeur sportif de Troyes serait un beau défi, mais celui de remettre Anderlecht au sommet du football belge l'est également. Reste à voir jusqu'où iront les contacts entre lui et Kenneth Bornauw.