D'adjoint au Standard à une place dans l'histoire, Yaya Touré a fait un bout de chemin
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Ce mercredi soir, le Slovan Bratislava se déplace au PSG, tenant du titre, dans le cadre de la première journée de Ligue des Champions. Sur le banc des Slovaques, on retrouve un certain Yaya Touré, légende du football africain... mais aussi ex-entraîneur adjoint du Standard de Liège. Il a fait un bout de chemin depuis cette drôle de parenthèse.
La photo illustrant cet article pourrait presque, en ces temps où l'intelligence artificielle est partout et de plus en plus difficile à détecter, passer pour "fake" aux yeux de ceux qui ignorent que Yaya Touré est passé à Sclessin. La légende du football ivoirien, quadruple Joueur africain de l'année et considéré comme l'un des meilleurs joueurs de l'histoire de son continent, a en effet entre autres appris les ficelles du job d'entraîneur... en tant qu'adjoint de Carl Hoefkens.
Et alors que ce dernier vient d'être licencié par le NAC Breda en D2 néerlandaise, Yaya Touré, lui, vit un moment historique ce mercredi soir. Devenu coach du Slovan Bratislava en juin dernier, il va devenir le tout premier entraîneur de nationalité africaine à diriger un match de Ligue des Champions.
Un parcours de coach un peu loufoque pour Yaya Touré
Mais avant d'en arriver là, Yaya Touré a donc pris des chemins de traverse. Et ce dès le début de sa carrière d'entraîneur adjoint, quand il décide de rejoindre... l'Ukraine, un pays qu'il avait déjà connu à son départ de Beveren en 2004-2005. Pas question de choc culturel donc, ni de barrière de la langue, puisque Touré avait déjà appris le russe à l'époque, comme il l'expliquait dans une interview accordée à Zack Nani plus tôt cette année.
Après un passage à l'Olimpisk Donetsk, donc, l'Ivoirien opte pour une destination encore plus étonnante : il signe en tant qu'adjoint à l'Akhmat Grozny, bien aidé par le fait que son agent de l'époque, Dmitry Seluk, qui l'accompagne depuis le début de sa carrière, est Russe (et l'un des agents les plus influents de la région). Ce n'est qu'après cette expérience de quelques mois que Yaya Touré débarque au Standard.
Bien sûr, l'ancienne star de Manchester City a un attachement tout particulier à la Belgique, lui qui faisait partie de la fameuse "colonie" ivoirienne de Beveren au début des années 2000. Mais son arrivée à Sclessin n'en a pas moins fait l'effet d'une petite bombe. On ne peut la comparer qu'à l'annonce par Roberto Martinez, quand il est devenu sélectionneur des Diables Rouges, que Thierry Henry ferait partie de son staff. L'approche est comparable : apprendre dans l'ombre. Car comme Henry, Yaya Touré refusera de se mettre en lumière, et ne donnera même aucune interview à la presse belge lors de son passage en bord de Meuse.
Roberto Mancini comme ultime mentor, puis un choix... intelligent ?
Il faudrait demander à Touré lui-même s'il a beaucoup appris de son expérience aux côtés de Carl Hoefkens durant les 13 matchs passés sur le banc du Standard. Mais il paraît clair que l'Ivoirien a fait les derniers ajustements et façonné l'entraîneur qu'il serait à l'avenir aux côtés d'un entraîneur de très haut niveau : Roberto Mancini.
Yaya Touré avait bien sûr connu l'Italien lors de son passage à Manchester City, et l'a rejoint sur le banc de la sélection saoudienne. Un choix lucratif, à n'en pas douter, mais aussi formateur. Et enfin, en début d'année 2026, le précieux sésame : l'ex-adjoint des Rouches décrochait son diplôme UEFA Pro, qui lui permet donc d'entraîner un club professionnel. Personne, toutefois, ne s'attendait à ce que sa première expérience en tant que T1 se fasse... au Slovan Bratislava.
Un choix qui colle toutefois à ce parcours d'adjoint : loin des projecteurs, afin de progresser à son rythme. Jusqu'à récemment, c'était une franche réussite : trois tours qualificatifs européens passés, et un 12/12 en championnat... jusqu'à deux défaites consécutives ces dernières semaines. Comment Yaya Touré va-t-il gérer ces premières turbulences ? Cela reste à voir, mais en attendant, il deviendra ce soir le premier entraîneur africain de l'histoire de la Ligue des Champions.